‹ De l'embaumement avant et après Jésus-ChristChapitre 3 sur 100 · C. Des demeures éternelles · texte numérisé non relu

C. Des demeures éternelles

A tin de conserver au Bi son enveloppe mortelle, eide placer près d'elle son double, les Égyptiens durent nécessairement construire à cet effet des demeures où elle pût éternellement reposer en paix et en sécurité.

Aussi bâti rent-il s des pyramides, des mastabas, des hypogées plus ou moins riches, selon Infortune des trépassés ou de leurs proches, (les tombeaux contenaient toujours une chambre funéraire, communiquant avec des caveaux creusés profondément dans le roc ou la terre, et dans lesquels ils déposaient les dépouilles terrestres et périssables de ceux qu ils avaient aimés et honorés.

(,e sont ces raisons qui nous aident à comprendre pourquoi le touriste, le savant, peuvent retrouver tant de vestiges d’un passé si glorieux, tant de pièces archéologiques intéressantes, quoique plusieurs aient déjà été détruites par le temps, par la main des hommes ou par les éléments naturels.

Parmi ces cimetières égyptiens, qui furent tous ordonnés avec soin, pour que les survivants pussent tacitement retrouver les tombeaux de leurs parents, nous citerons Giseli, Dahshour, Saqqarah, qui fournirent au Musée du Caire une quantité de richesses, puis Memphis, Thèbes, où les rois et Pharaons du Nouvel Empire et de I ancienne Egypte dorment de leur dernier sommeil : puis encore Tell-el-Amarna, Siout, Danagla, Abydos, Coptos, etc., etc., pour ne mentionner que les principaux.

Ces cimetières, bien ordonnés quant à l’arrangement des tombes et leur propreté, n'étaient pas pour les Egyptiens l'endroit où le mort est couché pour toujours, afin d'v dormir son dernier sommeil. C’était le lieu où l'on se tient, le lieu du bonheur, la maison de l'existence. Ce sommeil ne devait pas être interrompu, comme le croient les chrétiens, par la trompette de I Archange, qui doit réveiller, pour le jugement dernier, les générations passées.

Essayons de donner un aperçu de la disposition des caveaux où étaient inhumés les corps, des chambres funéraires où se tenaient les cultes, où l'on déposait les offrandes. Ces caveaux et ces chambres étaient renfermés soit dans les mastabas, les hypogées ou les pyramides et qui, construites selon des données spéciales, pouvaient varier suivant les époques.

Chacun connaît les formes majestueuses des pyramides, sépultures des rois de l'Ancien et du Moyen Empire. Toutefois, la disposition de leurs chambres offre un certain inconnu, et les peintures de leurs corridors des traits caractéristiques à la religion, aux us et coutumes et à l’histoire de l’Égypte.

l/ouverlure conduisant à r intérieur est pratiquée au milieu de la foçade. sous la première assise de maçonnerie. Presque carrée, fermée par une pierre énorme, elle donne sur un couloir incliné qui conduit à la chambre. Ce couloir se trouvait rempli de blocs de calcaire de grandes dimensions, ou de lourdes herses de pierre qu'on laissait retomber après I ensevelissement, pour empêcher les voleurs de s'introduire par celle ouverture et de violer ces lieux de repos, contenant parfois de véritables trésors.

Les chambres funéraires, au bout du couloir, contenaient le sarcophage, monolithe de grandes dimensions, des monceaux d offrandes et tout un mobilier funéraire.

Sous la Ve et la VIe dynastie, les parois intérieures de ces chambres se couvrent de textes religieux dont le but est d’assurer au mort la vie éternelle, en l’assimilant aux dieux. Au dehors, devant la face Est de la pyramide, une chapelle funéraire avec ses dépendances atteignant les dimensions d’un temple, était l'endroit où se faisaient les cérémonies du culte funéraire adressé à l'âme du roi déluut. De nombreux bas-reliefs, représentant des Scènes de la vie usuelle et des scènes d’offrandes, couvraient les murailles.

Les simples particuliers, les hauts fonctionnaires se construisaient, dans le voisinage immédiat de la tombe royale, des tombeaux d’un type un peu différent, les mastabas, sorte d’énormes blocs de maçonnerie dans lequel se trouvent un certain nombre de chambres décorées de scènes analogues à celles des chapelles funéraires royales et servant également au culte mortuaire. Au-dessous, à une assez grande profondeur, le caveau funéraire a voile sarcophage auquel donne accès un puits vertical, soigneusement comblé ■après l'ensevelissement.

Dans la Hautejlgypte, ou creusait les tombeaux dans le liane de la montagne. et c'est ce type de sépulture qui finit par prévaloir à partir du Nouvel Empire thébain (vers 1500 avant J.-C.). Les rois, abandonnant le sv >tème d» > pyramides, firent creuser dans des vallées perdues et dans la montagne, ces immenses syringes, aux parois couvertes de textes cl de ieproscntations relatifs à la vie de l'âme dans I autre monde, tandis que la chapelle funéraire, vrai temple monumental, se trouve loin de la. dans un quartier de la capitale. Les particuliers creusent leur tombe dans le rocher: clic se compose de chambres accessibles aux vivants, réservées au culte Itinéraire et décorées de peintures, qui retracent la vie de tous les jours, image de la \ i< que doit mener le double dans son tombeau : et d un caveau soigneusement muré, inaccessible au fond de son pu its. Le principal élément «le décoration d'une tombe est la stèle qui a, en même temps, une valeur magique, puisque ■certaines des inscriptions, qui la couvrent, a côté de celles contenant b s noms, titres et qualités du défunt, renferment «les formules ayant la propriété, soit d'accréditer le défunt auprès des dieux, soit de transformel en

mets réels pouvant servir à sa nourriture, les offrandes déposées dans la tombe. Ainsi le texte suivant, traduit d’Amelineau 1 : «Royale offrande à Anton, maître des terres de la double terre, à Osiris, présidant à l'Amenti. être bon. juste de voix, au dieu Grand, maître du diadème Atef. Au prince maître de la crainte, grand de la terreur, à Anubis, moinificateur sur sa montagne, maître de la terre sainte, atin qu'ils donnent tout ce qui apparaît sur leur table chaque jour, au vicaire en cher des magasins Entef, juste de voix, il dit : O vous qui vivez sur la terre, hommes, prêtres, scribes. maîtres des cérémonies: vous qui entrerez dans cette demeure funèbre, vous qui aimez la vie et repoussez la mort, qui louez les dieux de vos pays, et n’avez pas goûté les mets de l'autre monde, quand vous reposerez dans vos tombeaux, puissiez-vous transmettre vos dignités à vos enfants ! Soit que vous récitiez les paroles gravées sur cette stèle, comme il convient à un scribe, soit que vous les écoutiez réciter, dites ainsi : « Royale offrande a Anton, maître des trônes de la double terre (Egypte) afin qu'il donne des milliers de pains, des milliers de liquides, des milliers de mets, de chair de volailles, des milliers de bottes de lin, des milliers de toile, au double de grand chef héréditaire, qui marche en avant, décoré du collier de vie, le compagnon unique qui remplit le cœur du roi, comme commandant de ses archers, qui protège les protecteurs de ses archers, qui compte ses amis, qui conduit l’élite, qui amène les souverains dans leur place, le commandant des commandants, etc.. etc. Il donnait la direction aux hommes, il a chassé les rebelles, et donné le repos à l'homme tranquille... il a repoussé le bras du malfaiteur... il a abaissé l’épaule de l'orgueilleux... il a soumis les séditieux... il a détruit les rebelles... »

« Ce fut un sage, muni des connaissances, jugeant exactement de ce qui était vrai, il discernait l'ignorant de l'homme instruit et distingué, l’officier habile de l'homme sans mérite, etc. »

Comme le tombeau, le sarcophage varie de forme suivant les époques : d’abord simple caisse rectangulaire en bois, il devient peu à peu anthropoïde, c'est-à-dire qu'il reproduit en une certaine mesure la forme générale de la momie et est décoré d'une face humaine. Ces sarcophages sont ornementés différemment. suivant les époques ; ils portent soit des représentations relatives à la vie dans l'autre monde, soit des figurations d'objets, remplaçant ainsi le mobilier funéraire, soit surtout des textes, ayant pour but d’assurer à I aine la vie future et d’empêcher sa destruction Lotale. Ces textes, très développés, sont souvent aussi écrits sur des rouleaux de papyrus. déposés sur la momie elle-même.

1 Annales du Musés Ouimet. XXIX, fn 438.

D. De l’embaumement.

Les pratiques <l<‘ momification ne datent pas des premiers temps de l histoire de l’Égypte: les hommes de l’époque prédynastique se contentaient d'ensevelir leurs morts, couchés sur le côté dans une fosse peu profonde; le climat, le sol très sec du pays se chargeant à eux seuls de les cona ver> peu à peu, on en vint à chercher des procédés assurant une conservation plus parfaite, de sorte qu'on les enveloppa dans «les sacs en toile ou eu cuir, déposant près d’eux, des urnes contenant les alimentsel les boissons nécessaires à leur subsistance, diverses armes «le chasse et de guerre.deengins «le pèche, ce qui se pratiquait d’ailleurs chez tous le- peuples primitifs.

Petit à petit, les idées religieuses s'étant transformées, les prêtres «•heichèrent au moyen «le résines à conserver au lîi sa dépouille moi tell» et a lui assurer ainsi la tranquillité dans la vie de l'au-ilelâ. Ainsi fut in>titue l’embaumement, au sujet duquel les écrivains et les scribes d alors, a 1 exception d’Hérodote, restent muets.

Les embaumements 1 égyptiens étaient accompagnés de cérémonies religieuses et de transactions commerciales. La maison «le 1 embaumeur «dait i Fa fois un caravansérail et une enceinte réservée aux pompes funèbres.

Le directeur ou Choachyte, connaissait seul les secrets de la conservation des corps, et seul il avait le droit «le les appliquer. S'il vendait son habile^ à un prix élevé aux riches, il était tenu de faire gratuitement l'embaumement «les pauvres, de fournir les bandelettes avec lesquelles il entourait

la momie.

Ce fonctionnaire avait «le nombreux auxiliaires : les prêtres, les tarycbeutes, ou porteurs «le cadavres, les parachislcs. qui faisaient les incisions réglementaires, enfin des artisans, «les manœuvres, «les menuisieiou fabricants de bières, des tisserands, qui préparaient les bandelettes de lin que l’on faisait venir de Sais, «les hommes de peine portant les outres ou les amphores remplies «le I eau sacrée «lu Aillolis ees subordonnés ne jouissaient pas de la même considération, quoique plusieurs appartinssent au clergé non officiant, et possédassent leur

dignité par droits héréditaires. Ces droits se transmettaient «le père en tils

dans certaines familles, qui avaient reçu celle grâce «lu Pharaon.

On s'éloignait instinctivement du taryelicute. mais le véritable bouc émissaire de la maison de l'embaumeur, était le parachiste : son contact souillait le cadavre : à peine avait-il pratiqué les incisions avec son couteau

1 Dictionnaire des Sciences médicales. Voir art. Embaumement pai MM. Halin ot Thomas.

en pierre d'Éthiopie, qu'il se sauvait à toutes jamhes : sans relie précaution, les assistants n'eussent pas manqué de h' récompenser avec force bourrades et coups, pour l’assommer ensuite, croyant faire un acte méritoire en le punissant, ou pour marquer plutôt un semblant de condamnation pour le profanateur du cadavre.

On trouvait chez les embaumeurs des rouleaux de cordes, des bandelettes, des amulettes de toutes formes, des triangles, des colon nettes, des couteaux. des scarabées, des statuettes funéraires, des cercueils de différents prix, depuis la boîte à peine équarrie aux bières sculptées et ornementées. revêtues de laque et de métaux précieux.

D'autres prêtres présidaient aux cérémonies funèbres : ils portaient le masque d’Anubis à la tète de chacal, ou bien ils dirigeaient les chœurs des enfants cachés sous le masque d'Horus.

A la tête de chaque momie se tenait une pleureuse costumée en Isis, et aux pieds, une autre en Aephthys.

Des mélodies étranges sortaient, la nuit comme le jour, de la maison d'embaumement, psalmodies lentes ou cris aigus, qui contribuaient à augmenter la vénération craintive qu'on portait à ce lieu.

La maison des embaumeurs était divisée en trois parties, la première accessible au public, la seconde ou celui-ci n'entrait jamais, et qui servait de salle d'anatomie : la troisième servait de dépôt où les parents et amis pouvaient pénétrer pendant quelques instants, alin de prendre les cadavres embaumés de leurs défunts.

Dans la première salle, les parents choisissaient la classe dans laquelle ils désiraient voir inhumer leurs morts : ils désignaient le cercueil de bois peint, dont trois modèles leur étaient présentés, les prix d'achat étant indiqués sur les couvercles. La première qualité revenait à un talent d'argent équivalant à ioüO fr. de notre monnaie courante; la seconde valait 20 mines ou l.'iOO francs, la troisième était d'un prix modique, comme le rapporte Diodore de Sicile, soit fr. !K3 — .

Les prêtres égyptiens représentaient la première inscription sous la forme d'une divinité, dont Hérodote ne mentionne même pas le nom, et que nous supposons être Isis, inscription ordonnant de procéder à l'embaumement parfait, c'est-à-dire à l’éviscération.

Lorsqu'un décès survenait dans une famille, les femmes se couvraient le visage d'un voile et parcouraient la ville les cheveux en désordre, poussant des cris désespérés et pleurant.

Après ces manifestations de douleur, les hommes apportaient au laboratoire de l'embaumeur le cadavre, choisissant sans prononcer une parole l'un des trois modèles qu’on leur présentait, abandonnant ensuite le local et laissant le corps entre les mains de ceux qui devaient le préparer pour l'éternité.

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Voici ce qu’Hérodote* nous rapporte sur la manière de pratiquer !*«*

baumement 430 ans avant Jésus-Christ.

Les embaumeurs, dit-il, travaillent chez eux et procèdent à 1 embaumement suivant trois modes de faire, dont voici le premier:

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