VII. Masse résineuse
Le reste de la résine, entourant les parties décrites ci-haut, est en partie soluble dans l'éther, l'alcool, l’acétone, l’essence de térébenthine pure et technique, le sulfure de carbone, l’éther acétique ; peu soluble dans l’alcool
inéthylique; en partie soluble dans l'essence de cannelle; presque tout a fait soluble dans le benzol, le chloroforme ; à peu près insoluble dans l'éther du pétrole; insoluble dans l’eau.
Lorsque cette résine est dissoute dans l’éther ou l'alcool, il se forme un trouble blanchâtre, trouble disparaissant par le mélange de ces deux solutés.
Pulvérisée, elle donne une poudre grise noirâtre, d'odeur aromatique, qui, chauffée, dégage, après s’être gonflée et liquéfiée, des vapeurs blanches, d’odeur térébenthinée et de styrax, puis des vapeurs jaunâtres d'odeur bitumineuse.
Ces vapeurs se condensent sur les parois du verre de montre superposé au récipient, sous forme de petits cristaux blancs, solubles dans l'eau bouillante, donnant les réactions caractéristiques de l 'acide cinmmique.
Le résidu ainsi chauffé forme outre une masse noirâtre pulvérulente, d’odeur bitumineuse, une masse jaunâtre gluante.
La solution chloroformique de celte résine étendue sur la peau provoque une cuisson désagréable, voire même douloureuse; la peau devient brune, noirâtre, écailleuse, comme momifiée. Cette poudre, aspirée, dessèche les muqueuses nasales, empêchant l’exsudation du liquide, et provoque des dérangements intestinaux (constipation).
La réaction alcaline exclut la présence de phénol, de formol, qui eussent pu provoquer la démangeaison cutanée.
Celte résine chauffée dans l'eau se coagule, donnant un soluté alcalin, contenant des carbonates, des chlorures, des sulfates de sodium, de potassium et de magnésium, provenant du natron, si souvent décrit et utilisé par les Anciens.
Ce soluté examiné au polarimètre et réduisant à chaud une solution de Fehling, contient O.o à OJi de sucre, provenant probablement d'un ri n de palmier mélangé à cette masse résineuse.
Son point de fusion est 121°.
Cette résine se dissout en partie à froid, dans l'acide sulfurique qu'elle colore en rouge; à chaud, elle s’y dissout en grande partie, dégageant des gaz d’acide sulfureux; soluté, prenant une teinte rouge brunâtre; la partie insoluble dans cet acide se coagulant en de petites masses gluantes.
Chauffée dans un mélange d'acide chromique et d’acide sulfurique, cette résine dégage aussi des gaz d’acide sulfureux.
Elle se dissout en partie dans l’ammoniaque et la soude caustique, dégageant une odeur térébenthinée.
Son indice d’acidité est nul ; son indice de saponification est compris entre 39,31 et 44,03.
Ces deux indices ne peuvent être exacts, le natron alcalin liant les acides résineux. En ce qui concerne les caractères spécifiques de cette résine, la réaction est négative quant au réactif de Liebermann. La couche acide.
de jaune orange devient brunâtre par le réactif de Salkowski. et la couche chloroformique passe du jaune brunâtre au rose violacé, au bleu grisâtre, devenant incolore.
La couche chloroformique, évaporée pour elle-même, devient incolore, en passant du jaune brunâtre par le brun violacé, le rose violacé, le bleu grisâtre.
Le résidu rouge brunâtre de la réaction de Macli se colore après lavage en rouge grenat, avec un centre jaune.
Afin de compléter nos recherches chimiques, nous faisons encore les réactions suivantes, caractéristiques aux différentes résines ayant pu entrer dans la composition de cette masse résineuse.
Quelques gouttes d un mélange d’acide nitrique et d’acide sulfurique provoquent dans le baume de Gurjun dissous dans du sulfure de carbone, une coloration violacée, ce qui n’est pas le cas pour notre résine.
Si nous la chauffons dans un verre à réaction, il se produit un dégagement de vapeurs blanches, se déposant après complet refroidissement sur les parois du tube à réactif sous forme d'aiguillettes blanches. Ces cristaux chauffés avec de l’eau contenant du permanganate de potasse et de l’acide sulfurique, dégagent l’odeur d’aldéhyde benzylique, tandis que la solution de permanganate devient rosâtre, puis incolore, réaction correspondant, ainsi que la suivante, à celle que donne le styrax oriental, baume contenant de Yacide cinnamique.
Si l’on épuise un milligramme de cette résine avec de l’éther et que l'on verse prudemment sur ce soluté de l’acide sulfurique, ce dernier se colore en brun rougeâtre, l’éther prenant une teinte verdâtre.
Si l’on chauffe du styrax avec de l’eau, puis avec de l’alcool, son résidu repris par de l’eau bouillante donne à ce dernier sa vanilline, corps se colorant en rouge par l’acide chlorhydrique additionné de phloroglueine, réaction positive au styrax.
Les réactions caractéristiques de l’opoponax, de la myrrhe, du baume de Gurjun, de l’ase fétide, du galbanum, de la gomme ammoniaque, de l’euphorbe, du benjoin, du baume africain, sont toutes négatives.
Celle du sandaraque est dubitative.
Cette résine est formée :
a) De morceaux anguleux, mats extérieurement, luisants intérieurement, pesant 9,2 gr.
b) De morceaux résineux, granuleux, bruns noirâtres, un peu saupoudrés d’une poussière jaune grisâtre, pesant 3,95 gr.
c) De parties poussiéreuses jaunes brunâtres, pesant 6,3 gr. Ces résines possèdent les mômes points de fusion et les mômes degrés de solubilité. (Voir tableau ci-après.)