PLAN
d’une chambre funéraire à 3 angles
sons à épaisse semelle, conservant des traces de décor noir et rouge.
A l’extrémité antérieure du couvercle, un escabeau rectangulaire s'élève de la double pente.
La chambre offrait, à droite, une pièce encore plus belle, .l'avais sous les yeux une prêtresse. je serais presque tenté de dire une déesse.
Gisante sur son tombeau, cette femme est représentée dans un luxe de décor inouï.
La main gauche, qui portait la cassette, manquait seule à cette magnifique sculpture. La main
droite, ornée d'un gros bracelet doré, est abaissée le long «lu corps et tient par les pattes, les ailes et la queue réunies, une colombe.
La figure aux traits d’une finesse particulière, a les yeux peints; la tête coiffée à la façon égyptienne est cependant surmontée «l ‘une Stéphane, en
avant de laquelle émerge une tête d’épervier artistement sculptée, qui était dorée. H
La chevelure, enfermée dans une coiffe, montre l'extrémité de ses boudes en une série de frisures sur le front, au nombre de quatorze, et au bout des deux gaines qui, encadrant le visage, tombent sur les seins (cinq tresses sortent de chaque gaine) (voir Fig. ci-dessous)
Statue funéraire Statue funéraire
d un prêtre carthaginois. d’une prêtresse carthaginoise.
Les oreilles, très petites, sont ornées de longs pendants très détaillés et dorés, en forme de cônes allongés, suspendus à un fleuron.
Sur le cou passe un double filet doré imitant les perles d’un collier. Le vêtement principal se compose d’une large tunique relevée sous les seins par une ceinture dorée, retenant des plis symétriquement disposés à droite et à gauche. La tunique n’apparait en dehors de la poitrine, que sur le haut des bras et sur les pieds, dont les doigts sont finement sculptés. Cette partie du vêtement conserve un ton rosé.
Détail particulier, à partir des reins, le corps est voilé, comme enveloppé par deux grandes ailes peintes et dorées. Leurs petites plumes sont figurées par des imbrications en traits rouges, et les grandes sont indiquées par de larges filets d’or parallèles sur fond bleu foncé.
Les ailes se croisent de telle façon, qu’avec leur extrémité arquée, elles donnent à la momie dans la partie inférieure du corps, presque l’aspect
REUTTBR — 6
d'une queue de poisson, ce qui fait penser, sans cependant application possible, à un vers bien connu de Y Art poétique d Horace :
Desinit in piscem mulier formosa superne.
Les pieds reposent sur un socle formé par un relèvement du marbre, épais de 11 cm., à arêtes parallèles à celles du fronton du couvercle, qui mesure 1 92 m de long 67 cm. de large. La cuve est ornée de moulures peintes qui” paraissent avoir été dorées. Elle a 48 cm. de hauteur. Intérieurement, elle mesure 1,78 m. sur 50 cm. et 41 cm. de profondeur.
M Héron de Villefosse1 insiste sur le style et la beauté du sarcophage, dont il prétend que la tète est grecque, le costume rappelant celui des grandes déesses égyptiennes Isis et Neplitis, et les deux ailes devant qui enveloppent le corps sont le symbole de l’oiseau vénéré des Egyptiens.
Le Père Delattre dit plus loin : Nous avons été surpris de voir sur chaque couvercle à gauche de la tète du personnage sculpté, un trou large comme les deux mains, pratiqué jadis à travers le marbre, où celui-ci offrait b* moins d'épaisseur.
Nous ne décrirons ici que le contenu du sarcophage du prêtre qui contenait la résine dénommée par nous Résine carthaginoise IL Le contenu du sarcophage de la prêtresse nous intéressant moins, sera analysé par la suite.
Le couvercle du sarcophage du prêtre était scellé au 1er et au plomb avec la cuve. A deux des angles, une tige de fer noyée dans le plomb pénétrait à travers le couvercle dans le marbre de la cuve.
Le squelette reposait dans une couche de résine compacte, très dure, qui avait été brisée près de la tète du mort, au-dessous du trou pratiqué par les voleurs. La résine recouvre à peine le squelette.
A gauche du mort, on voit l’empreinte d’une [tige aussi longue que la cuve elle-même; c’est peut-être l’indication d’un insigne. La boîte crânienne mesurée donne l’indice 77.
Le Père Delattre ajoute encore que ces deux sarcophages supportaient en outre deux cercueils en bois superposés.
Le mobilier de cette chambre funéraire était composé d'urnes à queue, de lampes bicornes, de lampes de forme grecque, d unguentar ia et d autres poteries.
Ces divers objets, ainsi que les sarcophages, ont été déposés au Musée Lavigerie par les soins du Rév. Père Delattre.
i Membre de l’Institut de France.