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fermait l'épiderme de la plante «Ins pieds, comme il le reconnut à l'examen
microscopique. . , , , • ,
Il remarqua ensuite, en examinant les deux pieds de la momie, que lem
plante était privée de son épiderme,
i )n trouve en outre dans les sarcophages de nombreuses amulettes sculptées dans «lu bois de sycomore, qui sont parfois disposées sous les bandelettes de la momie, et représentent des scarabées, b* dieu Iditab. le «lieu Dudu : amulettes dorées, comme le prescrivait le livre des morts. ! 185, et qui devaient ouvrir au Bi les portes de l’éternité.
Les Egyptiens1 r
, Jr, , déposaient en outre dans les sarcophages ou dans les caveaux funéraires divers objets que le mort avait utilises de sou \i\.mt. des instruments à disséquer pour le chirurgien: des livres religieux poui b' prêtre; des sacs à semences pour l’agriculteur; des miroirs et des peignes pour la femme; des balles et «les jeux divers pour les enfants: puis «les figurines représentant des dieux capables d aider a comluire ! ain«* mi Bi dans la vie de l’au-delà, d’intercéder pour elle et de lui faire obtenir les faveurs des «lieux, capables aussi de la faire recevoir dans le lieu très saint; puis encore des viandes, des légumes, des fruits, que le Bi consommerai', pour se réconforter.
Bien des années avant que nos savants modernes ne s adonnassent a Létude si intéressante des momies, le I)1 Verneuil écrivait « en l.Sit» à M. Passa lacqua 2 une lettre, oit il relate ses observations personnelles.
Il dit avoir distingué «leux sortes de momies parmi celles qu il avait étudiées physiologiquement et anatomiquement. Les unes étaient lourdes, dures, difficiles à rompre, remplies intérieurement et imprégnées extérieurement de baume de Judée, mélangé parfois à des corps résineux: «1 antres étaient desséchées, alcalines, comme si elles avaient été trempee> dau> un» dissolution de mitron.
Le Dr Verneuil ajoute qu'il n'est pas «I accord avec la méthode, tede qu « « < est décrite par Hérodote, concernant l’extraction «les viscères et des intestins au moyen d’incisions. Les momies examinées ne présentant jamais «le cicatrices caractéristiques sur le côté, mais bien a l anus, preuve é' Mente, que cette élimination des parties molles du ventre avait «lu etie |n.(ti<in< « à l’aide de dissolvants liquides, comme c’était d'ailleurs le cas pour la masse encéphalique.
Le l)1' Delattre-, par contre, fait savoir a .M. Passalacqua. qu il cm paiveuu par l’examen des momies, à déterminer trois modes d embaumement, >e rapportant à ce que l’ historien grec Hérodote écrivait a ce sujet.
I Am Xil, N» 3084. Bibliothèque universelle, réclame f"(>9 et suiv. (Livre allemand. « - Catalogue raisonné et historique des antiquités découvertes en Egypte, l’aria, «1 826, par M. Passalacqua.
Le L)r bouquet 1 donne la trad fiction d' mi texte qu i nous laisse entrevoir une partie de la vérité, texte provenant du papyrus Ithind:
«Tu sors en joie de ce lieu, on t'a fait liuil incisions pendant trente-six jours. Knlin lu sors au dehors. Je fais pour toi ce qui est prescrit dans le grand lac de Liions, pour le ramener à la salle de Txesant-â. ton lieu. Là, on t a lait encore neuf ouvertures, pour compléter les dix-sept ouvertures jusqu'au soixante-dixième jour, à cause des dix-sept at (membres) de ce dieu : a savoir : sept portes a la tète, quatre à la poitrine, deux aux jambes, deux aux bras, une au ventre, une au dos. en somme dix-sept en soixante-dix jours. »
Il ajoute que les momies de 1 )ei r-el- Liai lar i se rapprochent beaucoup de ce qui est dit dans ce texte, et l'examen nous fera connaître en outre à quoi servaient ces ouvertures.
Lue momie bien conservée des prêtres d'Amom, quand on l'a privée de toutes ses bandelettes et des deux couches de bitume, qui l'enfermaient, laisse voir les jambes étendues parallèlement, les bras ramenés le long du corps ou légèrement croisés au-dessus du pubis.
La peau est partout lisse et propre, absolument rasée, seuls la barbe, les cheveux. les sourcils et les cils existent et sont en place. La bouche, les narines, les yeux et les oreilles sont recouverts d’une couche de cire vierge hermétiquement close, saupoudrée de résine de cèdre. Sous la cire, la bouche close cache les dents : les lèvres sont teintes en rouge, devenu foncé par le temps.
Sous les paupières mi-closes et bombées, comme si l’œil existait encore avec sa forme naturelle, se trouve une houlette de chiffons sur laquelle le dessin de l'iris est grossièrement représenté.
Les narines débouchées laissent voir le chemin par lequel un crochet. traversant I’ethmoide, a permis d'extraire la matière cérébrale suivant l’usage.
La plaie classique du flanc gauche, souvent recouverte par un oudja en cire, laisse entrevoir en dessous une poudre grise, parfois mélangée à des tissus de linge et à des poudres aromatiques.
La cavité abdominale des momies d'un âge plus récent contient en outre, au milieu de la poudre grise, les viscères enroulés, préalablement traités dans un bain alcalin, remplaçant par ce procédé nouveau les canopes ou vases funéraires des époques antérieures.
Le cou, la poitrine, les bras et les jambes sont bourrés de la même composition que le ventre, mais ne renferment jamais de débris végétaux.
La peau avec une faible partie du tissu cellulaire, ne contient plus, à
1 Bulletin de l’Institut éyyptien. lit 9 mars 1896, et Tarycheutes et Coachytes, p. 13, de M. F. Revillont.
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parl (g s{|iu'lctte, que les tendons auxquels adhèrent à peine quelques laisceaux musculaires. Tout le reste est arraché, lacéré, détruit, remplacé par du limon desséché dont la peau est remplie, de racon à rappeler la forme du corps dans son état primitif.
La peau a généralement été tranchée en biseau par le larycheute. qui permettait de fermer hermétiquement les lèvres des plaies etdelesdissi muler dans les plis.
Il s en trouve une à chaque bras et a chaque avant-bras, une a ch; que cuisse et à chaque jambe, une de chaque côté de la bouche, une au nez pour la perforation de l’ethmoïde, une à chaque mil, une sous le liane gauche; la dix-septième, qui se trouve au dos, est longitudinale et placée à la partie inférieure du sacrum.
Le D1 Fouquet dit ne pas avoir trouvé les deux ouvertures de la poitrine décrites dans le papyrus Rhind.
Le I)1 Rouelle1 ne connaît par contre que deux manières d'embaumer les momies :
a) Celle se pratiquant sans incision;
b) celle se pratiquant à l’aide d’incisions.
Il dit que dans le premier cas, l’extraction des viscères dut s'opérer par le fondement, alors que dans le deuxième les viscères furent enlevés a l’aide d’incisions. Tandis que les unes étaient remplies de corps résineux aromatiques, les autres étaient bourrées d'asphalte. Toutes celles décrites par lui possédaient encore leurs dents, leurscheveux et leurs sourcils, parfois la barbe; les traits du visage étant reconnaissables.
Chaque partie du corps d’une momie était, suivant sa description, enveloppée séparément de bandelettes imprégnées de corps résineux.
L'attitude de la tète, du corps et des jambes formait une ligne droite, a l’exception des bras et des mains.
Ils sont, pour les hommes et les nouveau- nés, généralement étendus le long du corps: pour les femmes d’un certain âge croisés sur la poitrine, alors que ceux des jeunes filles sont étendus le long du corps, 1 avant-bias replié avec les deux mains jointes sur le ventre, symbole de la chasteté.
S’agissait-il d’obéir à une coutume religieuse qui commandait de disposer ainsi les membres (c’est l’avis du l)r Rouelle) ou simplement dune habitude pouvant varier suivant les provinces '? Ainsi que nous pouvons le remarquer actuellement, certaines personnes exigent lors de l'inhumation d’un de leurs proches, que le défunt soit revêtu d un drap, <1 une chemise, alors que d’autres veulent que celui-ci soit enseveli, revêtu de ses habits de gala; il est donc probable que les anciens Égyptiens n aient pas suivi un
1 Etude historique et Critique des embaumements. l)r Parcellv, L\on 1*01.
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mode de faire unique, mais qu’ils se soient conformés aux us et coutumes de leurs provinces. On peut d’ailleurs s’en convaincre, en comparant les diverses momies représentées dans le Guid<j des chambres égyptiennes fin British Muséum à Londres.
Le Bulletin de l'Institut égyptien de 1890, fol. 95, signale la découverte d'une momie provenant des catacombes royales de Deir el Bahari dont le corps, entouré de bandelettes, ne portait aucune trace d'incision. On émet, quant à sa mort, l'opinion suivante dans les milieux scientifiques. Cet individu devait avoir été atteint d’une maladie contagieuse, et c’est pour cette raison qu'on n’avait pas procédé à l'embaumement régulier.
La disposition des corps momifiés dans une attitude correcte et parfaite de repos, n avait donc pas été toujours respectée. Ainsi la momie de Miritamon a la tète penchée sur 1 épaule droite de façon convulsive, sa bouche béante est tirée vers la droite, contractée douloureusement; sa poitrine soulevée violemment; ses bras se jettent en avant d’un geste raide, ses mains se tordent, la jambe droite s’enlace autour de la gauche, les pieds crispés; le corps est comme agité par les dernières convulsions de l’agonie.1
Un fait plus remarquable encore fut signalé en 1897, page 81 du même Bulletin, concernant la découverte d une autre momie enfermée dans une caisse blanche sans inscription, qui ne permit pas de constater son identité, fait qui n'était pas conforme aux lois et règlements d’alors.
Voici en résumé les faits :
On remarqua, le sarcophage une lois ouvert, qu’une peau de mouton enveloppait la momie, et on découvrit après l'enlèvement des bandelettes, une couche de natron de couleur blanchâtre, chargée de graisse humaine onctueuse au toucher, fétide et légèrement caustique. l'n second maillot se trouvait au-dessous de celle-ci. puis une autre couche de natron et enfin le cadavre. Celui-ci n’avait pas été ouvert, et les viscères que l'on enlevait généralement, étaient à leur place habituelle, preuve qu’aucun liquide préservatif n avait été injecté par I anus. On s’était contenté de répandre avec une grande habileté autour du corps, les substances propres à la conservation du cadavre, voulant ainsi, par ce moyen, écourter les soixante dix-jours prévus pour l’embaumement réel.
Le l)r William Cross constata en outre, que l’individu avait dù être empoisonné. La contraction du ventre, de l’estomac, des traits du visage, le mouvement desespéré par lequel la tête se rejette en arrière, l’expression de douleur atroce répandue sur le visage, sont autant d’indices certains, que le malheureux avait du succomber, soit à l’asphyxie, soif à des accidents tétaniques dus à l'absorption d'un toxique végétal.
Voir Bulletin de l’Institut égyptien 1886, fo 27.
Les bras tordus par la soulTnince étaient, ainsi que les jambes, retenus
en place par de fortes ligatures, et l’on dut s'en remettre aux bons office» des embaumeurs pour faire disparaître toutes traces du crime.
Cet homme pouvait avoir de 22 à 2d ans.
K tait- ce un compétiteur au trône, ou un amoureux qu'il s'agissait de faire disparaître? Les égyptologues mêmes ne peuvent résoudre ce dilemme.
Ainsi, non satisfaits de mettre à mort la victime en question, les personnes, qui désiraient sa mort, maudissaient encore son âmedans I antre monde, en enveloppant son corps dans une peau de mouton, et la rendaient uii afrite, en le déposant dans un sarcophage sans nom, donc sans double.
Les docteurs Cannai ', SucquelI 2 3 * * *, Wilkinson ;!, de Monlel ‘. Pierret . Martin de Bauvvéns 7 * * *, Hahn- et Thomas \ Parcelly Laskowsti Bomlianl 11 * * étudièrent tous successivement la conformation des momies et publièrent pour la plupart des travaux intéressants, ainsi que les médecinanglais P. -.1. Peltigrew le professeur Dr Elliot Smith ’ l. qui écrivit une
,| nanti té de documents inédits fort instructifs, et le L)r John Wood. pour ne citer que les plus célèbres.
Nous lisons en outre dans la Revue des Deux Mondes PH I qu une curieuse expérience fut entreprise par le I)' Prof. Richet, qui dit .
« On a pris les chairs d'une vieille momie humaine datant de trois ..u quatre mille ans, dont on a fait l’extrait musculaire. L’injection de ce liquide à des cobayes les a rendus sensibles au sérum musculaire humain, et uniquement au sérum humain. Ce qui prouverait, s’il était nécessaire de 1 établir, (pie la constitution chimique du corps humain n'a pas notablement varié depuis quatre mille ans. »
Nous ne pouvons dans cette introduction étudier plus à fond cette question si intéressante de l'aspect externe et interne des momies.
Le célèbre égyptologue Mariette14 nous apprend que la longueur des ban-
I Histoire de V embaumement.
s De V embaumement chez les anciens et les modernes.
3 i Dictionnaire des sciences médicales .
;i Thèse de Lyon, 1881.
II Les cimetières et la crémation.
ï Inhumation et crémation. Bruxelles 1890.
s Dictionnaire des sciences médicales. Lettre E.
» Étude critique et historique des embaumements.
i" Les méthodes d'embaumement chez les anciens et les modernes et conservation
des pièces anatomiques. Genève 1890.
11 Cours de médecine légale. Toulon 1888.
i-' History of Egyptian Mumies. London, 18.14.
la Report, on the Unwrapping of the Mumtny of Menephtat.
il Bulletin de V Institut Égyptien , 1885.
delettes utilisées pour envelopper une momie atteint souvent de \ à 5000 mètres. Gannal 1 décrit cet emmaillottement comme suit :
l)e nombreuses bandes de toile sont appliquées les unes sur les autres au nombre de 15 à 2(> centimètres d’épaisseur, serrées et entrelacées avec adresse. Elles sont presque toujours imprégnées de corps résineux et de bitume de Judée.
Le corps embaumé est en outre recouvert d’une étroite chemise lacée dans le dos. et serrée sous la gorge, chemise que l’on remplaçait parfois par une large bande entourant le cadavre.
B. Analyses chimiques entreprises jusqu'en 1911 par divers savants, concernant les résines utilisées par les anciens.
Vous étudierons encore rapidement les résultats analytiques obtenus par des études chimiques, sur les corps résineux employés par les anciens pour l’embaumement.
Quant aux données des Anciens, nous citerons celles île Discoride. Livre L Cliap. 105, qui présume que la masse utilisée pour l'embaumement était préalablement chauffée puis enduite sur le cadavre, tandis qu’IJérodote et Diodore de Sicile prétendent que cette masse était formée devin de palmier. de casse, de myrrhe et de diverses épices, à l’exception de l’encens.
En 10!)!). Dénicher-, ancien garde des marchands apothicaires de Paris, présumait que la composition des corps utilisés pour conserver les cadavres, devait être de l'asphalte et du bois de cèdre.
Nous lisons dans le Joui nul de chimie médicale (1828) que la masse utilisée par les Anciens pour la conservation des momies devait se composer de myrrhe, de beurre de muscade? de storax et de copeaux ligneux de cèdre.
En 1826, le I)1 de Yerneuil3 décrit comme suit, ses analyses et la composition delà masse provenant du crâne de la momie 151)0 : Elle est formée de beaucoup de sable, de quelques fragments argileux, mélangés avec de l'asphalte non additionné d'une substance alcaline, alors que celle recueillie dans les canopes contenant les entrailles incinérées, formait une masse brune noirâtre et poussiéreuse, mélangée à des copeaux de bois de cèdre et à du nation. Il trouva même dans le vase cinéraire 771 des linges imprégnés de sang. La cavité abdominale de la momie 1 554 était par contre remplie de substances résineuses mélangées à des débris de bois de cèdre, de bois de santal et à du mitron, qui est facilement décelé.
1 Histoire de l’embaumement.
- Embaumement selon les anciens et les modernes.
:l Catalogue raisonné et historique des antiquités découvertes en Egypte. Paris I82f>, par Passalacqua.
Ouunt aux substances provenant de sarcophages d animaux saci<‘$, b* Dr Verneuil s’exprime comme suit: « C'est do baumede La Mecque, fort reconnaissable à son odeur, à sa couleur jaune età sa transparence. » D ne nul en outre déterminer le contenu des vases ayant été utilisés en pliarmaeie, quoique dans un de ceux-ci il crut distinguer de la myrrhe, et dans d'autres des matières balsamiques.
M. Julien de Fontenelle, professeur de chimie médicale à Paris, écrivait à la même époque à M. Passa lacqua une lettre dans laquelle il lui communiquait le résultat de ses analyses. Le baume contenu dans le très beau vase 708 est. dit-il, d'une consistance molle, d'odeur et de saveur acres. Il est à demi transparent, mais recouvert d'une poudre brunâtre, qui I altère un peu. Les essais d’analyses, quoique incomplets, nous paraissent suffisants pour nous permettre d'avancer que la substance n'est point un baume, .attendu que l’on ne trouve aucune trace d’acide benzoïque, et que ses caractères la rapprochent plutôt de 1 asphalte ou haume de Judée.
M j p Perroti 2 prétend par contre que les Anciens utilisaient poui •embaumer leurs cadavres, du baume à «momies*, résine découlant de l’arbre, qui porte son nom et, qui fut probablement donné et attribué aux
momies elles- mêmes.
Rouelle3 dit n'avoir jamais pu déceler la myrrhe dans le cours de ses analyses, ni déterminer aucun autre corps résineux.
Le professeur Gauthier donne, dans le Bulletin de l’Institut égyptien L les résultats de deux analyses de corps extraits de momies des prêtres
d’Amon, XXIe dynastie, et qu'il décrit comme suit :
1. Poudre minérale servant à bourrer les momies de la XXL' dynastie. Cette poudre, de couleur grisâtre, est en minime partie soluble dans Peau. Cette solution contient des sulfates, des chlorures de soude, de chaux et de traces de 1er. La partie insoluble est formée de silicates, d'acide phos-
phorique, d’acide carbonique, d'aluminium et de chaux.
±. Etude d'une pâte recouvrant une momie d'enfant.
Cette pâte est presque totalement insoluble dans l’eau, et lond sur une lame de platine en charbonnant légèrement. L alcool bouillant enlève ni produit un corps blanc organique.
i Catalogue raisonné et historique des antiquités découvertes en Egypte. I aris. 1826. par M. Passalacqua.
ï Essai sur les momies. Nîmes, '1846. par J. -h. A. Perrol. ^
3 Etude historique et critique des embaumements . Lyon, 4891, par le Dr I art e l\ . i Bulletin de l’Institut égyptien. 1896, f° 95.
La solution aqueuse de ce corps est précipitée par l’ azotate d’argent, etc. dette pâte est tonnée d’eau, de sel de potassium, de chlorure de sodium, de sulfate de sodium, de carbonate de potassium, de carbonate de calcium et de matières ligneuses.
MM. Lortet et Gaillard '. analysant diverses compositions provenant de sarcophages égyptiens, décelèrent qu'elles étaient formées de masses résineuses non déterminables, entourant de petits copeaux ligneux. Ces derniers examinés microscopiquement par M. le professeur Beau visage proviennent du Cyperus rolundus. Soumettant les corps résineux à la distillation sèche, ils obtinrent comme M. Rouelle un distillai rappelant celui obtenu pour i'am bre.
LeDr Pettigrew1 2 préconise que la masse résineuse utilisée pour l’embaumement est formée d'asphalte, de résines et de baumes non déterminables. entourant des copeaux ligneux de cèdre et de santal.
Sous le litre : « Notes sur les résines égyptiennes utilisées pour l’embaumement par les anciens Égy tiens ;i ». M. Holmes rend compte des résultats de ses analyses que nous résumons comme suit : Revenant d’une exploration en Egypte, M. Flinders, lui remit une petite jarre en parfait état de conservation, qui contenait de la résine. Cette jarre fut exhumée d'un tas de décombres provenant des ruines de Naucratis, ville grecque, fondée au XXe siècle avant notre ère, qui entretenait des relations commerciales suivies, avec la mère-patrie.
La résine contenue dans cette jarre pesait S onces ; elle était opaque, de couleur brunâtre extérieurement et jaunâtre intérieurement. Chauffée ou mâchée dans la bouche, elle se ramollissait en dégageant l’arome caractéristique de la térébenthine de Cliios. mélangé à celui du fenouil.
Analysée par M.E.-J. Faste, chimiste au laboratoire de la Société, cette résine se dissout facilement dans les divers véhicules, tels l’éther, l’alcool, le chloroforme, etc., donnant des solutés fluorescents et déposant parfois de petits précipités. Sa réaction est acide.
Examinée en solution d’acétone au polarimètre, il ne fut pas possible de préciser son pouvoir rotatoire, tandis qu’au microscope on apercevait de petits cristaux identiques à ceux que donne la térébenthine de Cliios.
Se basant sur ces résultats, M. Holmes conclut à la présence de celte résine, fait très intéressant, dit-il, au point de vue pharmaco-historique, quoique feu M. Fluckiger, le célèbre pharmacognosie, l’eût déjà prévenu,
1 Faune momifiée de V Ancienne Égypte. Lyon, 1905.
- History of Egyptian Mumies. London, 1834.
:i The Pharmaceutical Journal and Transactions. 17 nov. 1888. Livre XIX, f° 317.
les anciens Égyptiens devaient connaître cette oléorésiiie, i>uis*|iie Discoriilo, vivant en \si<‘ Mineure dans les années 77 et 78 apres Christ, la mentionnait déjà, ajoutant que l'arbre, qui la fournissait, était originaire de la Judée, de la Syrie et de la Libye.
dette résine exportée, en outre, par les ports de I Arabie Petree. était déjà connue de Théophraste, (vivant dans les années 070 à iK‘i avant Christ dans l'ile de Leshos,) «pii la mentionne dans ses études pharmacognos-
tiijues.
yi. Holmes entreprit, en outre, l'analyse d’une autre masse resmeuse, qui lui lut remise par M. Perry.
Cette résine provenait d’un sarcophage ayant été. selon toutes les appa-
rences, la demeure funéraire d’un grand personnage, puisque sa momie avait été inhumée dans le cimetière d llawara. province de l avuin. en
liasse Égypte. .
Celte résine, chauffée à la flamme, dégageait des vapeurs d acide Immizoique: son odeur vanillée rappelait le benjoin ; sa couleur était brun-rougeàtre. Le peu de substance obtenue ne permit pas à ce chimiste d’entreprendre d’autres expériences : mais, se basant toutefois sui le dégagement des vapeurs d'acide benzoïque, et sur l'odeur vanillée de ce corps, il conclut à la présence du benjoin de Siain. Tous les pharmacognostes déclarent cependant, dit-il, que le benjoin était inconnu des Anciens, qui utilisaient probablement le styrax. Il cite comme preuve de ce qu'il avance. Discoride. Pi lue, qui décrivaient le benjoin ou styrax comme une résine solide, formée de larmes onctueuses, dégageant une odeur balsamique, très appréciée des Anciens. Il dit, en outre, que dans l'Ecclésiaste, chap. \XI\ . v. lu. le styrax, utilisé en Palestine, est comparé, pour sou odeur, au gaibanum. à l’onyx et au benjoin.
M. Holmes ajoute, qu’il lui paraît invraisemblable, que les hgypUens n’aient pas connu le benjoin, alors qu'en Judée, on utilisa pour la construction du Temple de Salomon du bois d'aloès, qui fut. selon les textes, mentionné fréquemment avec celui du benjoin, dénommé onyx ou myrrhe, et comparé, pour I opacité de ses larmes, aux ongles des hommes.
M. le professeur Tsclnreh cite dans son magnilique travail ' les analyses chimiques suivantes :
a) celle de Blumenbach (1870), qui crut déceler de la myrrhe:’ de la colophane? du laudanum ? et parfois de la résine de cèdre:
b) celle de John qui préconisa la présence de la résine du Pimu halejiensis, de l’asphalte, do la poix de cèdre, ainsi que du tamarin, et .les copeaux ligneux de cèdre.
1 Handbuch der Pharmacognosie. 1910, f° 473.
.M. von Lusclian ayant envoyé à M. le professeur Tschircli une résine «l'un vase funéraire de Faneienne Egypte, celui-ci la remit en -1909 pour I analyser à M. Bécheraz. Les résultats obtenus sont les suivants :
Les réactions qualitatives firent découvrir des traces de fer et du charbon. Celte résine se dissolvait dans les divers solutés, en donnant des solutions fluorescentes en vert, tandis que dans le chloroforme elles étaient fluores-
centes en bleu rougeâtre. Sa solution éthérée agitée avec des solutions aqueuses de carbonate d’ammonimn, de carbonate de sodium et de potasse caustique ne lui donna aucun résultat positif. Cela ne correspond pas avec les résultats, que nous avons obtenus, en analysant ceLte même résine1.
M. Bécheraz avait ensuite soumis a la distillation sèche dans le vacuum
le résidu amorphe, dur et rouge, que l’éther évaporé et privé de ses acides avait abandonné. Il obtint ainsi :
1° Quelques gouttes oléagineuses, d’odeur désagréable, rappelant celle de la créosote : puis un corps se solidifiant même dans le tuyau de l'appareil a distillation. Il obtint de 300 à 360° des corps distillés bruns et noirs, se solidifiant au froid, dont l’odeur rappelait celle des huiles lourdes du goudron.
Les produits obtenus étant trop minimes, il ne put continuer ses recherches chimiques.
Ayant analysé en 1904 le mastic et le Caricari elemi -, M. le professeur rsehirch remit ensuite à M. Beutter une résine provenant d'un sarcophage carthaginois, avec mission d'en entreprendre l'étude chimique, quant à la présence du mastic.
En voici les résultats :
Les indices d'acidité sont compris entre 30,90 et 31,24 ; les indices de saponification entre 72,<S et 73.0. La réaction de ces résines est acide dans les divers solutés.
Les solutions éthérées, agitées successivement avec des solutions aqueuses de carbonate d'ammonium, de carbonate de sodium, donnent à ces dernières des acides correspondant à ceux décelés dans le mastic, tant au point de vue des indices d'acidité qu’à celui des points de fusion.
Four les résènes, les résultats des combustions correspondent à ceux que donne la maslico-réuène.
lre analyse :
Pour 0,1112 gr. de substance 0,3213 gr. C<)2 et 0,10020 gr. ll20.
1 \ oir deuxième partie, chapitre III, page 61 de notre travail.
1 Leber Mastix Caricari Elemi , und verschiedene Grdberharze aus Karthago, L. Beutter, pharmacien, 1904. Berne.
K KI.TTEK
2'- analyse :
l*our 0,04821 gr. substance 0,1087 gr. CO» et 0, 0400 gr. 11*0. Correspondant,:
Trouvé I
Trouvé 1 !
En moyenne
Il — 10,07
Formule
qui, calculée en %, donne
C36 1 Lie. 0.j
Formule identique à la masticorésène.
Il obtint en outre, par la distillation aux vapeurs d'eau, une huile essentielle dont Codeur rappelle le mélange du thymol, du menthol et du camphre. Les réactions caractéristiques au thymol sont positives.
Afin de compléter ces études d'analyses chimiques sur les résines ayant été utilisées pour l’embaumement, nous résumerons le travail de M. A. Lucas1 F L C publié au Caire en 1911, ainsi que ceux d'autre savants.
M. Lucas dans son ouvrage, fait précéder ses recherches scientifiques d’une petite introduction. Il déclare ne pouvoir préciser l'époque à laquelle, on utilisa pour la première fois l'art de l'embaumement pour la conservation des corps, art qui dut être déjà connu 2700 ans avant Christ, ainsi que le prouve la momie conservée au Collège Royal de médecine à Londres, qui remonte à la Ve dynastie de l'ancien empire Nous lisons en outre Genèse, L, 2 à 20, que les corps de Jacob et de Joseph furent embaumés.
Bien des cadavres datant d’environ 3300 ans avant notre ère. se conservèrent pourtant intacts, sans avoir été préalablement soumis à la momification artificielle. Ils furent conservés par la dessication dans des tombeaux creusés dans le sable, sous un climat sec et chaud.
La Bible, Hérodote et Diodore de Sicile, nous parlent seuls de cette coutume. le premier de ces deux écrivains ayant parcouru les principales villes de l’Égypte et les contrées avoisinantes 430 ans avant notre ère, et le second 44 ans avant Christ. Tous deux s'adonnèrent à l'étude des coutumes et mœurs du pays et de ses habitants.
Nous avons déjà rappelé leurs conclusions concernant la manière de pratiquer l’embaumement.
M. Lucas, dans son ouvrage (fos S et suiv.), nous donne premièrement les résultats de ses analyses concernant le mitron, si souvent décrit et uti-
1 Preservative materials used by the Ancicnt Eayptiaiis in Embahning. Cairo 1911.
lise p;ii les Anciens pour la momiliration. Nous les résumons comme suit : (-0 sel est formé «I un composé de carbonate de sodium, de bicarbonate de sodium, de chlorure de sodium, de sulfate de sodium, d’eau et de corps insolubles dans I eau, variant. <|uant a leurs proportions, selon les momies examinées. Les opinions varient quant à l'utilité et au mode d’emploi du nation, comme nous pouvons nous en rendre compte en comparant les comptes rendus de MM. Lorlet et Gaillard 1 * et du professeur Elliotli Smith -.
MM. Loi tel et Gaillard préconisent 1 immersion des corps, des linges, des vêtements entourant les corps, dans des bains de natron résineux, liquide conservateur et antiseptique; par contre, d’autres savants admettent l'immersion entière des corps dans une solution de natron, comme MM. Loi (et et Gaillard, mais n admettent pas que l’on ait aussi imprégné les bandelettes et les vêtements de cette solution; ils invoquent pour appuyer leur manière de voir :
1. La bonne conservation des tissus fibreux des linges, qui n'eussent pu supporter l'alcalinité du natron.
-• L acidité des tissus, qui eussent alors donné des réactions alcalines. 3 Nous ne pouvons nous étendre plus longuement sur la manière d'utiliser le nation. Bornons-nous dans cette introduction, à étudier les diverses analyses concernant les résines qui nous intéressent plus particulièrement.
M. Lucas, dans ses nombreux travaux, de même que les chimistes qui analysèrent jusqu’ici ces résines, ne suivirent pas malheureusement, dans leurs recherches, les méthodes scientifiques modernes, qui consistent à décomposer ces corps en acides résineux et en résènes. Ils se contentèrent d’en prendre l'indice d'acidité, de saponification, de jode, d’éther, et le point de fusion. Or. ces résultats ne pouvaient leur fournir des données positives, quant a la présence de telle ou telle matière résineuse.
Ces indices donnent, lorsque les corps résineux ne sont pas mélangés à d autres résines, des résultats approximatifs mais non déterminants, indices variant lorcément, suivant le mélange préparé. (Voir Dietrich4.)
Oeri dit, nous comprenons que les résultats énoncés par M. Lucas soient négatifs ou dubitatifs, comme ce chimiste nous l’avoue d’ailleurs en indiquant pour les résines ou corps résineux, qu’ils sont indéterminables, ou probablement formés de telle ou telle substance.
Dans le cours de ses analyses, M. Lucas examina, au point de vue chimique les masses résineuses provenant des cavités abdominales et cérébrales ;
1 Faune momifiée de l'ancienne Egypte Lyon, 1909.