‹ De l'embaumement avant et après Jésus-ChristChapitre 94 sur 100 · L’embaumement dans le Nouveau Monde et particulièrement · texte numérisé non relu

L’embaumement dans le Nouveau Monde et particulièrement

chez les Incas.

Les archéologues ont découvert des momies, non seulement dans les pays cités précédemment, mais également en Amérique, die/, les Incas. et dans des contrées, qui furent pendant de nombreux siècles, la propriété exclusive, la terre natale, des tribus indiennes.

Preuve que celles-ci étaient arrivées à un certain degré de civilisation, avant la découverte de ce continent par les Européens.

Cette coutume de conserver les corps n’était toutefois pas générale, certains de leurs rois et de leurs chefs étant seuls embaumés. 1 *

Les tribus indiennes de la Virginie, de la Caroline du Nord, les Congarès de la Caroline du Sud, les Indiensde la Côte Nord-Ouest de l'Amérique méridionale, ceux de la Floride, pratiquaient aussi cette coutume.

En Floride, on desséchait les corps devant un grand feu. [mis on les revêtait de riches étoiles, ils étaient ensuite placés dans des niches spéciales, dans des grottes, où les parents et amis venaient à certains jours converser avec leurs proches.

Selon le IF Reverdy-, l'embaumement, chez les tribus de la Virginie, était pratiqué comme suit : On incisait la peau du défunt de la tête aux pieds, on enlevait ensuite les viscères, les intestins, ainsi que les parties molles Ou corps.

Pour empêcher la peau de se dessécher et de devenir cassante, pendant la dessication à laquelle on soumettait le cadavre ainsi préparé, on l'enduisait d’huile ou d'autres matières graisseuses.

Le corps une fois desséché, rempli de sable très fin. était recousu, enveloppé dans des peaux ou dans des nattes, puis inhumé soit dans des grottes, des cavernes, s -il quelquefois dans des huttes à ossements, telles qu'on les retrouve encore dans le Kentucky.

En Colombie, les habitants du Darien extrayaient les viscères, puis remplissaient les cavités abdominales de résines. On enfumait ensuite les cadavres, que l’on conservait dans les habitations, couchés soit dans des hamacs suspendus, soit dans des cercueils de bois.

Les Muiscas, les Aléoutiens, les habitants du Yucatan, de Chiapa. embaumaient aussi les cadavres de leurs rois, de leurs chefs, de leurs prêtres, par des procédés assez semblables aux précédents, ou modifiés suivant les tribus, mais ayant tous comme base la dessication. 3

1 Voir Dr Bauwens, Inhumation et crémation.

\ oir Dr Parcelly, Etude historique et critique des embaumements, f° 53.

1 Voir Dr Bauwens, Inhumation et crémation, fo 424 426.

Parrni t0lltes ll‘s peuplades du Nouveau Monde, <|ui pratiquèrent l’ernbaumement, les Incas seuls utilisaient ce mode de conservation des

corps, non seulement pour leurs rois, chefs et prêtres, mais d’une manière générale.

Cette nation, une des plus civilisées de l’Amérique du Sud, brillait non seulement par son génie artistique, le développement de son industrie, sa liante cultuie civilisatrice, mais aussi par le pouvoir énorme qu’elle détenait. Sa population de 14,000,000 d’habitants occupait les vastes territoires actuels du Pérou, de la Bolivie, de l'Equateur, outre une partie importante du Chili et de la République Argentine.

Croyant que les âmes des défunts, après un séjour chez les morts, reviendraient habiter les corps qu’elles avaient quittés, les Incas, se fondant sur ce sentiment religieux, pratiquaient l’embaumement. Raison pour laquelle nous retrouvons aujourd'hui, principalement dans le haut Pérou, des momies des Aymaras, des Quechnas et des Changos. tribus habitant précédemment ces régions.

Ces corps momifiés sont ensevelis dans des monuments dénommés Chûllpas

M. Paul de Marcoy, décrivant ses explorations dans son livre : Voyage de l’Océan Atlantique à l'Océan Pacifique, à travers l'Amérique du Sud 1862, nous relate que ces Chullpas. ou monuments, sont construits en briques non cuites dapias). représentant, soit des pyramides tronquées de 20 à 30 pieds de haut, soit de simples mausolées recouverts d’un plafond monolithe. Ils lorment à I intérieur une chambre carrée, communiquant avec le dehors par une porte basse, sise au couchant, et éclairée par une petite fenêtre orientée au levant.

Chacun de ces tombeaux était affecté à une douzaine de personnes, dont le corps était revêtu de ses habits ou affublé d’un sac, lissé avec des fibres provenant des feuilles de tatora,etéchancré à l’endroitdu visage. Les momies étaient placées en cercle, se touchant par les pieds Près de chacune d’elles étaient déposés des épis de maïs, un pot de chicha, une gamelle, une cuillère: puis pour les hommes, des engins de chasse, fronde, massue, des filets; pour les femmes, des corbeilles façonnées avec des tiges de jarava, des pelotons de laine, des navettes, des aiguilles à tricoter formées d’épines noires de cactus quisco.

Le tombeau une fois complet, la porte en était murée; la fenêtre seule restant ouverte, pour que les passants et amis pussent puiser dans la vue de ces hôtes défunts, si tranquilles, si calmes et si sereins, un enseignement précieux, une exhortation ou une consolation.

Les«huacas» du Pérou et de la Bolivie varient, quant à leur forme, suivant les tribus; ainsi ceux des Changos ont huit pieds de long, les morts étant couchés sur le dos; ceux des Aymaras sont circulaires, les individus

<H;iiiI assis en cercle, enveloppés dans des mantes de laine: ceux «les Queclmas sont elliptiques, les cadavres étant accroupis sur les talons, les genoux ramassés au niveau du menton, les coudes posés sur les cuisses et les poings fermés emboîtés dans les orbites des yeux.

Ces momies très bien conservées devaient, selon Paul de .Marco) '. <-tr<* embaumées avec du clienoi>odiumambrasoïdes, originaire des vallées voisines.

M.M. Vidal Senèze et Jean Noctzli rencontrèrent, inèmeà 2000 rn. d'altitude, dans le liant Pérou, sur les pentes de la Pudra Grande, des monuments funèbres ayant la forme d’une calotte, de 1 m. oO de bauteur. Ges monuments construits en terre glaise, sont isolés, à la suite les uns des autres, et communiquent entre eux par de petites ouvertures de 10 à 20 cm. de hauteur. Ils contenaient une ou plusieurs momies de 1.80 m. de long, repliées sur elles-mêmes, les cuisses contre le sternum, les genoux sous le menton.

Fait intéressant et curieux, toutes ces momies portent au front ou à l’occiput, un cercle composé de petits trous pratiqués dans la boite crânienne. trous, ayant été utilisés fort probablement, à l’évacuation de l’encéphale, et à l’introduction des substances antiputrides.

Quant aux substances utilisées pour l'embaumement. M. Gusmann écrit qu’il ne connaît pas leur composition, tandis que le L)r Parcell) présume l’emploi des gousses de taro contenant de tanin.

B. L’embaumement temporaire.

Il existe, dans la vie de tous les peuples, des coutumes, des usages qui. pour avoir été utilisés depuis bien îles siècles, se transmettent de génération à génération, de peuple à peuple, de continent à continent, subsistent, et subsisteront à vues humaines, aussi longtemps que l’homme.

Nous voulons parler de cette vieille tradition, toujours actuelle, qui consiste à exposer pendant quelques jours, à la vue du public, les corps des princes, des grands hommes, que la mort a fauchés, et qui. par leur vie et leurs, actions, ont acquis le droit à la reconnaissance et à la vénération de ceux, parmi lesquels ils ont vécu.

Min que les corps, ainsi exposés à la vue de chacun pendant un temps plus ou moins long, ne soient pas soumis à la putréfaction lente, qui pourrait engendrer bien des maladies infectieuses, on a dû recourir pour les préserver à l'embaumement temporaire.

Se basant sur ces traditions, les Juifs, les Grecs et les Romains pratiquèrent cette méthode de conservation.

1 Vouaqes de l’Océan Atlantique à l'Océan Pacifique à travers V Amérique du Sud IS62.

Page 1