‹ De l'Embryotomie RachidienneChapitre 12 sur 19 · RER · texte numérisé non relu

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de parler de certains instruments employés à l’étranger, notamment du crochet de Braun. On connaît cet instrument constitué par une tige d'acier arrondie de 15 millimètres d'épaisseur, de 32 centimètres de longueur, qui se recourbe en crochet mousse à sa partie supérieure ; un bouton termine la courbure.

On l’emploie de deux manières :

1° Comme tracteur ou fixateur des parties fœtales sur lesquelles on veut agir ;

2° Comme agent actif de séparation des tissus, en un mot comme un véritable embryotome.

On connait la vogue dont jouit le crochet de Braun en Allemagne et en Autriche. Hätons-nous de dire qu'en France il n’est usité que comme instrument de traction. Si nous admettons à la rigueur son emploi comme tracteur, pour faciliter une embryotomie, il nous est impossible de ne pas rejeter son emploi comme agent de dilacération. Cet emploi paradoxal d'un instrument mousse pour exécuter une embryotomie n’est pas sans nous surprendre.

En se servant de ce crochet comme d'une clef ou d'un tire-bouchon, après l’avoir appliqué sur le cou, l'opérateur lui imprime des mouvements énergiques de rotation dans son axe longitudinal en même temps qu'il tire fortement en bas. Ces deux mouvements combinés ont pour effet de luxer les vertèbres; la main gauche embrassant le cou tâche d'empêcher, autant que possible, l'effet nuisible des tractions sur le segment inférieur ; une fois la luxation de la colonne opérée, on dilacère avec ce mème crochet les parties molles, muscles et peau.

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Il est facile de comprendre combien un pareil procédé est aveugle : la violence des efforts déployés au moment de la rotation ne retentit pas seulement sur l’ovoide fœtal, mais aussi sur les tissus maternels, sur le segment inférieur en particulier, déjà rendu si fragile par la prolongation du travail. Aussi rejetons-nous l'emploi du crochet de Braun pour toute embryotomie, et surtout pour l’embryotomie thoracique. S'il peut rendre des services comme agent de traction, pour amener la partie fœtale à inciser sous la main et les instruments, son rôle doit se borner là, et malgré toutes les observations concluantes de la littérature médicale allemande, nous ne pouvons que proscrire un tel instrument.

Nous ne parlerons que pour mémoire des crochets tranchants de Zweifel, de Lazzati, de Cuzzi-Tibone, qui ne sont que des copies plus ou moins modifiées du crochet de Braun; le couteau falciforme de Schultze ou les ciseaux de Siebold sont également à rejeter; ils sont une menace constante pour les doigts de l’opérateur et surtout pour les tissus maternels.

Bond a imaginé un appareil, bien accueilli en Allemagne, qui ressemble fort à l’'embryotome de Ribemont-Dessaignes, sauf que la ficelle-scie est remplacée par un fil d'acier de Gigli.

Si nous Jetons maintenant un coup d'œil sur les embryotomes utilisés en France, nous sommes étonnés de leur nombre, dont la liste s'allonge chaque jour ; en restant sur un terrain pratique, nous n’en retiendrons que trois, qui seuls méritent une men-

Nous

tion : ce sont les embryotomes de Ribemont-Dessaignes et de Tarnier, et les ciseaux de Dubois.

Nous n'avons pas l'intention de faire ici le procès des appareils de Ribemont et de Tarnier. Nous tenons seulement à montrer leur insuffisance pour l’'embryotomie oblique. Entre des mains expertes et dans des conditions spéciales, comme dans les services obstétricaux, leur maniement devient relativement aisé; mais ils ont l'inconvénient d’être des instruments assez fragiles, fréquemment hors de sérvice, et comme l’embryotomie est une intervention en somme plutôt rare, il est naturel que l’accoucheur puisse compter d'urgence sur un outil solide; outre leur prix onéreux et leur difficulté d’entretien, ils sont d'une application difficile dans la section en écharpe et conviennent plutôt à la décollation.

Embryotome de Ribemont-Dessaignes.— L'embryotome de Ribemont-Dessaignes, heureuse modification des scercisseurs de Pajot et de P. Thomas, exige un ou plusieurs aides; l'application du crochet est très délicate. Bon instrument pour l'embryotomie cervicale, il est difficilement applicable pour l’embryotomie telle que nous la proposons ; car l’écartement n'est pas suffisant pour comprendre toute l'épaisseur de la paroi thoraciqne.

Embryotome-guillotine de Tarnier. — Quoique supérieur, l'embryotome de Tarnier est passible de nombreux reproches, à notre avis. Sa description minutieuse a été faite par Potocki qui en vante les avantages. Il se compose essentiellement, comme

on le sait, d’un crochet analogue à celui de Braun, muni d’une rainure dans laquelle glisse un couteau triangulaire, dont la lame est recouverte d'un protecteur qui la démasque au moment où elle est en contact avec les tissus à sectionner.

Il nous est assez difficile d'apprécier la valeur exacte d’un pareil instrument, dont l'emploi est peu connu de l’école lyonnaise; mais ce que nous pouvons affirmer, c'est que la lecture des observations d'embryotomies thoraciques faites au moyen de cet instrument fait ressortir très nettement les nombreuses difficultés rencontrées au cours de l'intervention. L'opérateur est obligé de s'y reprendre à plusieurs fois pour parfaire la section. Nous n'en voulons pour preuve que l'observation suivante, empruntée à Potocki' qui est intéressante à un double point de vue : {° parce qu'elle montre les difficultés inhérentes à l'application de cet instrument ; 2° parce que l’opérateur qui y eut recours dans son intervention fit, sans s’en douter, une section en écharpe.

OBSERVATION (Potocki).

Lag..., femme Cl... âgée de 30 ans.

À son arrivée, l'état général de cette femme est assez bon. PF: 843: T 381

Les contractions utérines sont fréquentes et très douloureu-

ses. L'utérus est irrégulier, surtout développé vers la droite.

! Polocki. Des méthodes d'embryotomie, Thèse de Paris. 488$. (Obs, X. Page 295).

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Le palper du fœtus est rendu impossible par la dureté de l'organe ; à gauche et en bas la pression de l'organe détermine une vive douleur.

Le membre supérieur gauche est tout entier en dehors des parties génitales ; il est accompagné par une anse de cordon qui ne bat plus ; au toucher, on arrive de suitesurlecreux axillaire qui régarde à gauche ; le gril costal est nettement senti; le moignon de l'épaule est en rapport avec la branche ischiopubienne droite; au-dessus, on explore une portion de la colonne vertébrale qui est appliquée contre la partie supérieure de la symphyse. En arrière, on sent la paroi thoracique, et à la partie postérieure de cette paroi, mais sur une petite étendue seulement, la résistance élastique de l'abdomen.

Le fœtus est très solidement enclavé dans le bassin, de sorte que, pendant ce premier examen fait sans anesthésie, on peut tout juste passer le doigt entre le pubis et le dos du fœtus.

On ne perçoit en avant qu'un petit bourrelet de tissu utérin faisant saillie dans le vagin. L'engagement est trop grand pour quil y ait intérêt réel à savoir si le bassin est rétréci, et d'ailleurs il serait impossible d'arriver sur le promontoire.

L'enfant est mort, l'utérus tétanisé, le fœtus très engagé ; la seule intervention rationnelle est l'embryotomie. M" Henry envoie prévenir M. Bouilly, qui arrive à la Maternité à neuf heures du soir. Auparavant, on avait fait respirer du chloroforme à la malade, parce que, les contractions utérines étant très énergiques et très douloureuses, on était en droit de craindre une rupture utérine, au niveau de son segment inférieur très aminci, d'autant plus que, comme je l'ai indiqué plus haut, il était déjà le siège d'une vive sensibilité à la pression dans sa partie inférieure et gauche.

M. Bouilly procède à l'embryotomie en se servant de l'embryotome de M. Tarnier. Un lacs appliqué sur le bras gauche

est maintenu par un aide.

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