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en France. : =
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Mouvement de la population en France.
Remettez en honneur le soc de la charrue, Repeuplez la campagne aux dépens de la rue, Grevez d'impôts la ville et dégrevez les champs ; Ayez moins de bourgeois et pius de paysans. () Êize AuGiER.
La Jeunesse (Comédie).
L'émigration des habitants des campagnes
vers les villes, et des villes vers la capitale, est
() Le mot Paysan veut dire villageois, campagnard
assure-t-on, beauconp plus considérable de nes
jours que dans le passé.
Ainsi, d’après M. de Lavergne, l’un des membres les plus distingués de l’Académie des sciences morales et politiques, qui s’est occupé de relever les chiffres du dernier recensement (1856), ce phénomène d’émigration aurait pro-
duit les faits suivants :
Cinquante-quatre départements sur quatre-
vingt-six, ont vu leur population diminuer au
habitant le pays, conne bourgeois et citadin signifient habitant du bourg, de la cité ou de la ville ; paysan veut dire encore travailleur de la campagne. On doit s’honorer de ce titre; les ignorants seuls lui ont donné une signification qu'il n'a jamais eue.
ro
lieu de s’accroître et quatre sont restés à peu près stationnaires. Sur ces cinquante-quatre où la population a baissé, trente ont perdu plus de 5,000 âmes chacun, et sur ces trente, on en
compte seize qui ont perdu plus de 10,000 âmes.
La diminution a été surtout sensible dans un groupe de départements formant l’angle nordest du territoire: Haute-Saône, Meurthe, Bas- Rhin, Meuse, Vosges, Jura, Côte-d'Or, Yonne, Haute-Marne, Doubs, Ardennes et Moselle ; ces douze départements appartenant aux anciennes provinces de Lorraine, Alsace, Champagne et Bourgogne, ont perdu ensemble plus de200,000 habitants.
Dans celui de la Haute-Saône, le plus éprouvé de tous, la perte ressemble à un véritable désastre, la population ayant diminué de 36,000
âmes sur 947,000, c’est-à-dire un dixième.
Un second groupe composé de six départements qui avoisinent Paris, paraît avoir payé un large tribut à l'augmentation de la population parisienne; il comprend : le Calvados, la Manche, l'Orne, l'Eure, l'Oise et la Sarthe. Ces départements ont perdu près de 55,009 ha-
bitants.
A l'extrémité de la Bretagne, le Finistère, les Côtes-du-Nord et le Morbihan, ont diminué
de 26,000 âmes.
Dans le centre, le Puy-de-Dôme, la Creuse le Cantal et la Corrèze, ont également perdu 26,000 âmes.
Au midi, le département de l’Arriège, a subi une réduction énorme : 46,000 âmes sur
267,000. En y joignant les Hautes et Basses-
Pyrénées, le Tarn et l'Aude, on arrive à près
de 50,000 âmes de perte totale pour ce groupe.
Dans les Alpes, l'Isère a diminué de 27,000 âmes ; c’est le département qui a été le plus
éprouvé après la Haute-Saône.
Ceux qui ont perdu moins de 5,600 âmes, sont les suivants: Somme, Aisne, Marne, Seineet-Marne, Aube, Eure-et-Loir, Mayenne et Nievre, au nord de la Loire, et au sud et l’est du même fleuve : Charente, Dordogne, Lot-et-Garonne, Lot, Aveyron, Lozère, Haute-Loire, Ain,
Ardèche, Drôme, Hautes et Basses-Alpes.
Comme on le voit, à l'exception de la Lorraine, de l'Alsace et de la Normandie où agissent des causes particulières, ce sont les parties
les plus pauvres de la France qui ont le plus
A", PAS souffert; sur les cinquante-quatre départements
qu'on vient d'énumérer, trente-six comptaient
déjà parmi les moins peuplés.
Les quatre qui sont restés à peu près stationnaires, sont : l'Indre, la Saône-et-Loire, la
Haute-Vienne et les Pyrénées-Orientales,
Sur les vingt-huit départements restant qui ont échappé à la loi générale du ralentissement, douze ont vu augmenter leur population comme à l'ordinaire ; ce sont : la Seine-Inférieure, Vendée, Haut-Rhin, Vienne, Charente-Inférieure, Vaucluse, Deux-Sèvres, Ille-et-Vilaine,
Loiret, Corse, Indre-et-Loire et Loir-et-Cher.
Enfin seize ont beaucoup gagné.
Au premier rang, vient le département de la
PR CM Seine, le plus peuplé de tous, qui s’est élevé de 1,422,000 âmes à 1,727,000 , ce qui donne
une augmentation de 505,000 habitants.
La comparaison annuelle des naissances avee les décès, prouve que la population nouvelle provient presque toute entière de l’émigration. Cet accroissement inoui est dû, sans doute, aux travaux extraordinaires qui ont été entrepris
dans Paris.
Le second de nos départements, comme population, le Nord, s’est également accru, quoique dans une moindre proportion; de 1,138,285 il s’est élevé à 1,212,553 habitants; différence : 04,068 (').
(°) M. de Lavergne se trompe en classant le Nord parmi
EE N AE Le troisième, le Rhône, a été de 575,000 âmes à 626,000 ; 51,000 en plus.
Viennent ensuite: les Bouches-du-Rhône, qui ont gagné 44,000 âmes ; la Loire, 53,000; la Gironde, 26,000; la Loire-[nférieure, 20,000; le Pas-de-Calais, 20,000 ; l'Allier, 15,000; le Var, 14,000; la Seine-et-Oise, 12,000; le Gard, 11,500; l'Hérault, 11,000 ; Maine-et-Loire, 9,006 ; le Cher, 8,500 et les Landes 8,000. ()
Le progrès de ces derniers départements au-
les départements qui doivent à une cause extraordinaire l'accroissement de la population. Nous nous proposons de démontrer plus loin que cet accroissement est au contraire des plus réguliers.
(”) M. Legoyt, chef de la statistique générale au ministère de l’agriculture et du commerce, constate d’après des relevés officiels, que la seule période décennale de
trefois si pauvres et si abandonnés, est digne
d'être remarqué.
Tels sont les faits que M. de L'avergne a signalés et que le gouvernement attribue, en grande partie, à l’ÉMIGRATION ACTIVE de l'habitant des communes rurales, c’est-à-dire à son départ prémédité, effectué volontairement sans esprit de retour au sein des campagnes où il est né
et où il a longtemps vécu.
Ces faits sont exacts et doivent nous servir plus tard à apprécier comme il convient de le
faire, le mouvement de la population.
1836 à 1846, a enlevé aux campagnes 2,626,300 habitants, c’est-à-dire un douzième de la population totale de la France.