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Une pareille révélation devait éveiller la sol-
licitude du pouvoir; aussi, a-t-il adressé la
lettre suivante à toutes les chambres consul-
tatives d'agriculture :
« L’attention du gouvernement est appelée sur la diminution croissante que la population aurait éprouvée dans certaines localités el qui serait attribuée à la tendance fâcheuse qu'auraient les habitants des communes rurales vers les grandes villes et vers les grands centres industriels. Ce déplacement des forces actives n'est pas sans présenter des inconvénients,
et la question mérite d’être étudiée.
« Je vous prie de vouloir bien examiner et me fuire connaître dans quelle mesure cette émigration intérieure s’est exercée dans l’arrondissement de.....Quelles sont les causes
sérieuses qui ont pu la déterminer et quels
Se « pourraient ètre les remèdes efficaces à em- « ployer pour rattacher les populations à
« l'agriculture. »
Voilà donc une enquête commencée; le gouvernement s'inquiète de l’émigration des
campagnes et il nous en demande les causes ?
Quant à nous, habitants du Nord, qui avons bénéficié du mouvement de la population, peutêtre aurions-nous été dans le premier moment tout disposés à nous récuser ; mais en présence de l'opinion indiquée par le gouvernement et qui attribuerait l’émigration « à la tendance facheuse de nos paysans vers les grands centres industriels, » nous manquerions à notre devoir si nous ne disions à l'administration toute
notre pensée sur une question aussi importante.
. Ce que M. de Lavergne a fait pour la France,
MR nous allons essayer de le faire pour notre dé-
partement.
En examinant avec soin l’ensemble et les détails des dénombrements de 1851 et de 1856, ainsi que les faits qui s’y rattachent, peut-être nous sera-t-il possible de reconnaître comment et pourquoi nos campagnes se peuplent ou se dépeuplent; comment et pourquoi l’équilibre, qui doit exister entre les populations rurales et les populations urbaines, s’altère ou se main-
tient ?
Au début de ce travail, nous croyons devoir expliquer que les chiffres qu'on y trouve, ont été relevés exclusivement, soit dans les tableaux officiels du Bulletin des Lois, soit dans les statistiques ministérielles. — De cette manière, nos appréciations seront moins contes-
tables puisqu'elles s’appuieront sur des don-
RSS (Cu nées que l'administration, elle-même, reconnait les plus exactes, et s’il y a des erreurs, on ne pourra nous les imputer ni prétendre que nous nous en sommes servis pour arriver plus aisément à trouver nos preuves et à déduire
nos conclusions.
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