‹ De l'émigration des campagnesChapitre 10 sur 21 · partie, chez les nations étrangères · texte numérisé non relu

partie, chez les nations étrangères

Partout la population se développe en sens inverse du chiffre de l’armée ; si la France occupe un des derniers rangs dans le tableau du développement de la population, elle est au premier rang dans celui de l'effectif des soldats. Enfin ce n’est pas dans les villes, mais au milieu de nos campagnes que l’on trouve ces robustes cultivateurs, auxquels on donne Ja

préférence pour remplacer les congédiés et

maintenir en grande partie l'effectif de l'armée.

La cause est légale, nous le reconnaissons, mais elle n'en est pas moins une de celles qui font le plus grand mal à notre agriculture, parce que son action est incessante et régulière. Qu'on pe répète pas un sophisme souvent avancé, que la présence, sous le drapeau, des hommes appelés à composer l’armée, est une éducation qui développe leur intelligence, les forme à la discipline et les rend à la campagne, après en avoir fait des hommes plus aptes aux

travaux qui leur sont réservés.

La vérité est, qu’au bout du temps de service, un grand nombre de conscrits manquent à l'appel; la mortalité au régiment est bien autre qu'à la ferme. Le goût des grandes cités, l'habitude d’un travail moins pénible ont bientôt fait oublier aux jeunes soldats le village auquel

ils renoncent trop souvent lorsqu'ils l'ont une

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fois quitté. De nos jours, le soldat laboureur

devient une fiction.

Le nouveau système est venu compliquer cette partie de la question. Sous l’ancienne loi l'effectif demandé chaque année se composait

de 80,000 hommes qui étaient divisés en deux catégories : 40,000 hommes étaient aussitôt

mis à la réserve, ils n'étaient réclamés que pour des cas exceptionnels. L'autre moitié, au moment de l'appel sous les drapeaux, se réduisait à 52,000 environ, parce qu'on fixe toujours à un cinquième le nombre des nonvaleurs (soutiens de famille, décédés, condam-

nés ou réformés) au moment du départ.

Chacun des jeunes soldats partait bravement, sachant qu'il ne devait être libéré qu'au bout de sept années ; dès les deux premières, il avait

perdu le souvenir du clocher, il était moins

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habitué aux tendresses, aux soins de la famille, il était aguerri. Le départ de l'effectif ne se caaposant que de 52,000 hommes, la campagne hi en fournir les deux tiers, soit par année

el pour toute la France 21,000 environ (|.

Si la seconde catégorie de 40,000 hommes n’était point demandée pour les nécessités du service militaire, c'étaient autant de jeunes gens qui restaient dans nos villes et dans nos cam-

pagnes.

Si le complément, formant la réserve, était

appelé avant libération définitive de la classe,

() ya 25 millions de campagnards et 11 millions de personnes appartenant à des professions diverses non agricoles.

— = les jeunes gens avaient parfois passé de longues années au milieu de leurs familles, ils avaient débuté dans la vie par être cultivateurs au lieu d’être soldats, ils avaient eu le temps de prendre racine au village et revenaient

toujours au milieu des leurs.

Si enfin, la classe de 80,000 était demandée d'un seul coup, c’étaient (déduction faite du cinquième) 64,000 hommes qui étaient appeles,

dont 42,000 pour les campagnes.

L'économie de ces dispositions a été modifiée, on a sans doute pensé que la plus grande partie des Français devaient servir au moins quelques années pour connaître le maniement des armes. On a augmenté le contingent annuel, en créant en principe, le système des congés renouvelables ; nqns comprenons que

certaines nécessités imposent l'adoption d’une

mesure de ce genre, aussi nous ne ferons Îa critique de ce système que relativement au

contre-coup reçu par l’agriculture.

Ce ne sont plus 40,000 hommes, mais 100,090 qui entendent sonner l'heure du départ; ce ne sont plus 21,000, mais 55,000, toute réduction faite des non-valeurs, qui doivent

quitter nos campagnes.

En supposant même, comme nous l'avons indiqué plus haut, que les deux catégories aient été appelées en une seule fois, elles étaient réduites à 64,000, comme les 100,000 appelés aujourd’hui, sont réduits à 80,000. La différence par année et pour toute la France, est donc entre les deux systèmes de 16,000 hommes, ce qui forme pour la période de sept années de service, une augmentation de

112,000 hommes sur les demandes précédentes,

ET et le déficit qui pour nos campagnes est des

deux tiers, s'élève pour le même laps de temps

Nous avons vu pendant ces dernières années dans notre arrondissement, les cantons les plus riches en hommes, épuisés par le recrutement; une cruelle déception succédait au bonheur qu'avait fait éprouver la sortie d’un bon numéro et l’on trouvait qu'avec un pareil système, le tirage devenait pour ainsi dire inutile. Nous avons vu des cultivateurs réduits à la dure nécessité d'exécuter eux-mêmes des travaux que leur vieillesse ou leurs infirmités avaient mis au-dessus de leurs forces. Beaucoup de ces jeunes soldats, nous le savons, obtiennent des congés renouvelables au bout de deux années de service, mais peu d’entr'eux reviennent à la cam-

pagne.

Deux années ont suffi pour les dégourdir et

er rR les éloigner pour toujours du travail des champs. [ls ont comparé le sombre cabaret de leur village, à l’élégant café des villes ; en foulant le bitume des grandes cités, ils se sont souvenus de leurs chemins défoncés et boueux. Ils ont joui d'une espèce de far-niente et de béatitude qui leur étaient inconnus jusqu'alors: ils se sont aperçus que l’aube se levait moins tôt pour le travail dans les villes que dans les campagnes, que la retraite venait plus tard mettre obstacle à leurs plaisirs, que les salaires étaient plus élevés et la nourriture plus substantielle. Ils ont compris enfin qu'il était plus agréable d’habiter les villes parce que la liberté

y est plus grande.

Is oublient leurs promesses du départ, leurs familles, et par suite d’un égoïsme inhérent à notre espèce, ils ne songent qu'à la réalisation

immédiate d’un bien-être dont ils ne savent

re

encore souder ni les déceptions, ni les dangers ; c'est donc une tige qu'on a enlevée de la plante pour la greffer inutilement ailleurs, et ce serait une grave erreur de penser que le bénéfice du congé renouvelable, les rattache pour toujours au sol qui les a vus naître ; ils deviennent, pour ainsi dire déclassés. Le rappel qui les menace, empêche le cultivateur, qui aime la stabilité, de les reprendre à son service. Ils ne peuvent ni se réimplanter au milieu des leurs, ni se marier, ni s'établir, ni contracter.Frappés enfin d’une sorte de suspicion légitime, ils sollicitent un changement de résidence qui les éloigne pour toujours , et l’administration peut se convaincre de la réalité de cette assertion, si elle veut bien se souvenir du nombre prodigieux de demandes qu’elle reçoit de la part d'anciens militaires qui briguent auprès d'elle des emplois

publics ou privés.

Mais leurs camarades qu’un hazard moins

LR: D heureux n'a pas désignés, et qui sont restés au régiment, pensent que la période de sept années de service, n'est plus exigée; ils ne se rendent pas compte des motifs pour lesquels ils sont retenus sous les drapeaux, lorsque leurs amis du contingent ne sont plus près d’eux ; ils sont mécontents. Incessamment excités par l’appât de ce congé auquel ils aspirent, ils se figurent qu'il est devenu pour eux le droit, ils font d’incroyables efforts, de véritables tours de force, pour arriver à leur but; il semble que le dégoût de l’état militaire, les ait frappés au cœur. Toutes les familles des campagnes se mettent en mouvement et avec elles, toutes les influences dont elles peuvent disposer, tant un appel si considérable a produit de mal et tant le retour est désiré par les familles. Tels sont les effets du système nouveau sur notre agriculture ; beaucoup plus de jeunes gens quittent nos campagnes, et Si au moment

de partir tous désiraient rester attachés aux

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travaux des champs, lorsque le jour de la libération est arrivé, après avoir goûté l'attrait du séjour des villes, c’est à qui ne reviendra plus

au village.

Ils est donc à désirer qu'on puisse, tout en éloignant le moins possible de jeunes conscrits des campagnes, arriver à une diminution du nombre des soldats, en temps de paix. Ce serait un grand apaisement pour les esprits, une grande économie pour le trésor et un immense bienfait pour l’agriculture Que l'on ne croie pas que notre puissance militaire en soit diminuée, la France peut toujours mettre en ligne des millions de baïonnettes sur les champs de bataille, car le Français avec ses instincts de guerre, n’a pas besoin d'apprentissage pour être un soldat, et quand il est fait appel à son patriotüisme, il a prouvé plus d’une fois qu'il sait dé-

fendre le sol national et l'honneur de la patrie.

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Travaux dans les grandes villes.

L'une des principales causes qui viennent encore ajouter à la dépopulation des campagnes, c'est la prédominance qu’en ces derpiers temps, les grandes villes n’ont cessé de prendre. Toutes les statistiques témoignent que

leur accroissement annuel est de plus d'un

= se dixième de leur population. Pour Marseille et Lyon, la progression est encore plus forte.

Le département de la Seine, depuis 1851, s’est accru de 305,000 âmes, c’est-à-dire de plus de la moitié pendant cinq ans, de l'accroissement de la France entière pendant dix ans, et c’est particulièrement la ville de Paris qui a profité de

cette augmentation.

Nous ne parlons pas des villes secondaires (‘) que nous avons vues s’aggrandir spontanément et dépasser en population, d'anciens chefs-lieux de départements. D'où viennent les habitants qui encombrent ces grandes villes ? De la campagne , toujours de la campagne, et comme la

mortalité va vite dans les villes. ce sont les

() Montmartre, en dix-huit ans, a augmenté de 6,000 âmes à 60,000,

AO communes rurales qni remplissent les vides

à mesure qu'ils se font.

Nous reconnaissons que l’affluence dans les grandes cités, est en partie déterminée par le développement de l'industrie, mais il ne faut pas confondre. De même qu'après la guerre, il nous reste les armées permanentes, à côté de l'industrie utile qui enrichit l’agriculture et la nation, il existe une industrie improductive et

de luxe qui la perd.

Nous appelons industrie improductive, celle qui aurait pour résultat de nous faire vivre dans des palais, de nous couvrir d’or et de nous laisser mourir de faim; de faire éclore à chaque pas ces constructions innombrables, ces embellissements merveilleux qu’on élève en peu de mois, quand il fallait autrefois des

siècles pour les achever. C’est, dit-on, la gloire

de notre époque, mais c’est aussi la folie du moment. Non seulement ces gigantesques travaux exigent un plus grand nombre d'ouvriers, ils ajoutent encore à l'attraction qu’exercent les grandes villes sur les habitants des campagnes par le salaire et les dissipations qu'elles leur offrent. Ces travaux absorbent les ressources du présent, grèvent l'avenir, augmentent chaque année le budget de l’État et celui des grandes villes ; ils empêchent qu'on puisse verser dans les communes rurales , en encouragement à l’agriculture, toutes les sages économies qu'il serait possible de réaliser. C’est cette industrie du bâtiment dans la capitale qu'il faut arrêter ou dont il faut du moins répartir les dépenses sur un certain nombre d’années, au lieu d'agir avec la précipitation de ces malades qui n'espèrent pas de lendemain.

Qui veut avoir vite, paie toujours beaucoup plus cher, et c’est une vérité que la truelle

u'enrichit personne.

oh

Il y a dans les grandes dépenses publiques, occasionnées par les travaux d’embellissements ou d'agrandissements des villes, par les fêtes, toutes les fois que les dépenses surpassent la proportion de ce qui est indispensable ou tout au moins nécessaire, « Il y a, disait Frédéric Bastiat, ce qu’on voit et ce

qu'on ne voit pas. »

Ce qu'on voit, ce sont : les achats, les travaux, l'éclat, les lampions, les feux d'artifices, les statues, les cascades , les monuments, les promenades , les jets d’eau; ce qu'on ne voit pas, c’est le déplacement faneste des capitaux, c'est l’appauvrissement d'industries utiles en

faveur d'industries de luxe. (")

() Il est admis par les économistes que toutes dépenses publiques suppriment une quantité équivalente de dépenses privées.

Ce que l’on voit, hélas, c’est toujours ce qui brille. Il en est qui croient que les dépenses publiques, lors même qu’elles seraient improductives, ont cependant leur utilité, qu’elles activent la circulation et la reproduction, qu’elles font aller le commerce » comme on dit vulgai-

rement.

Font-elles aussi fleurir l’agriculture ? Non, car le cultivateur paie sa quote-part qui est

peut-être la plus grosse de toutes ?

Lorsque la partie disponible de cette colcpart est employée en travaux utiles sur tous les points du pays, les capitaux privés suivent l’impulsion donnée aux travaux publics, et si le travail est réparti d’une manière aussi égale que possible, en ne s’exposant pas surtout à at-

tirer sur un seul point des bras en trop grande

je

quantité, il résulte de ces dispositions le maintien d’un équilibre au profit de toutes les in-

dustries nationales.

Nous allons voir qu'il n’en a pas été ainsi, pendant Île cours des années précédentes.

Depuis 1852 jusqu’à 1838, Paris a employé par emprunts, subventions de l'Etat ou excédent de recette, une somme de plus de 400 millions en dépenses extraordinaires, travaux publics et embellissements de la capitale. Nous aurions été dans l'impossibilité de donner une indication précise relativement aux dépenses laissées à l'industrie privée pour la construction des bätiments nouveaux créés dans Paris, et notre travail aurait élé incomplet faute de renseignements exacts , Si par une circonstance heureuse, nous u’avions trouvé dans le Rapport de M. le Préfet de la Seine, adressé au conseil municipal le 19 mars 1838, un rensci-

pl

=: tes snement qui nous servira de base pour indiquer autant que possible la somme que lindustrie privée a été appelée à fournir pour complé-

ter l’ensemble des travaux publics.

Nous voyons en effet, page 5, 1er K de ce Rapport, qu'à la suite de démolitions et appropriations exécutées, de l'impulsion donnée aux travaux dans le département de la Seine et de l'attrait offert aux nombreux travailleurs alléchés par ce capital, de 1852 à 1857, 1768 maisons seulement ont été détruites, par suite d'expropriation, dans le département de la Seine, tandis que 25944 constructions nou-

velles y ont été élevées,

En établissant une moyenne de prix pour chacune de ces constructions, à 40,000 franes, nous trouverons une somme de 957,760,000 f.

et un total de". 2% .. 1,57,760,000f.

Voilà pour le passé.

L'avenir n'est pas plus r'assUrANL pOur nos

campagnes et nos départements, puisque M. Île

Préfet déclare dans son rapport : « Qu'aujour-

d'hui, nos chemins de fer, comme d'immenses fleuves alimentés par des affluents nombreux, versent incessamment à Paris, des flots intarissables d'habitants de nos provinces ou des pays étrangers, qu'attire ce centre de l’activité des affaires, de l'intelligence et

des arts. »

Plus loin, M. le Préfet ajoute : « Que les faits déjà observés chez nous, constatent que ce mouvement d'agglomération n'est pas près de se ralentir, qu'il est impossible d'y opposer, sans nuire à la prospérité générale, un obstacle efficace ; qu’il fallait done agir en

conséquence et tout disposer, pour que linva-

« sion inévitable de nouveaux habitants ne de- « vint pas, pour la population normale, une « cause d’intolérables souffrances et, partant,

« un péril public, »

Monsieur le Préfet de la Seine, à la suite de ces considérations, a obtenu du Gouvernement et de la ville de Paris une nouvelle somme de

170 millions pour continuer son œuvre.

Et, comme le projet constate qu'il faudra construire 25,000 mètres de rues nouvelles pour terminer ce travail, c’est une somme de 940 millions que l'industrie privée devra retirer des provinces et reporter sur Paris, ce qui complète pour la période prochaine une somme de 710 millions, en supposant que ces 170 millions ne se trouvent pas déjà compris dans Îles 400 millions dont nous avons parlé plus haut,

et le rapport de M. le Préfet indique que eette

Care somme ne tardera pas à être absorbée [",. Ni on y ajoute maintenant les 1,530 millions cmployés pour la guerre de Crimée, on arrive à un chiffre de plus de 3 milliards 00 millions (”) qui auront été absorbés en dix ans, d’une manière à peu près improductive, sur deux

petits points du globe.

Nous ne rappelons les dépenses de Crimée ,

que pour répondre à cette partie de la question

(°) D'après les plans établis pour les derniers projets, il existe 25 mille mètres de rues nouvelles ; donnant 50 mille mètres de façade. La profondeur d'une maison est en moyenne de 18 mètres ; 50 mille mètres de façade à 18 m. de profondeur moyenne, font 900,000 mètres superficiels à bâtir à 600 fr. l’un, soit 540,000,000 fr. sans y comprendre les constructions faites dans les anciennes rues.

— V5 — de la lettre préfectoraie qui semble faire supposer que le dépeuplement de nos campagnes et le déplacement des capitaux, sont dûs à nos industries manufacturières. C’est une erreur qu'il importe de ne pas laisser se propager, si nous nous rappelons surtout les graves questions qu'on doit débattre bientôt. Mais nous sommes les preiniers à reconnaître qu’à ce prix de 1500 millions , ce n’est pas trop chèrement payer la revanche que nous avions à prendre el qui nous à valu une si grande gloire. Pour les nations comme pour les individus, l’honneur passe avant tout : il faut vaincre ou

mourir.

Il est constaté, d’un autre côté, que le budget de nos travaux publics pour la France entière, qui était en 1847 de 212 millions, en 1848 de 218, a, depuis cette époque, toujours successi-

ment diminué jusqu'au chiffre de 82 millions,

fo

somme portée aux budgets de 1858 et 4859. ) L'on ne s'étonnera plus de laceroissement prodigieux que prend la population de Paris, de l’état d'abandon qui frappe nos provinces et noscampagnes, puisque le budgetextraordinaire des travaux publics de la capitale s'élève à plus de 50 millions par année et le budget ordinaire et extraordinaire des travaux publics de a France, à 82 millions de francs seulement; que Paris contient {,200,000 individus et le reste de lempire 54 millions d’âmes. Ainsi, en face

de la progression constante et même excessive

(‘) Aujourd’hui la dépense des chemins de fer ne figure plus au budget des travaux publics que pour une somme très-faible relativement à celles des cessions antérieures ; en 1847-48...52,les dépenses des chemins de fer s’élevaient à 80 millions par an par application de la loi de 1842. Ce sont actuellement les compaguies qui supportent ces dépenses.

des travaux d’une seule ville, se place nettement la décroissance constante et rapide des travaux

publics de la France entière,

Si nous ajoutons maintenant les sommes absorbées par les grandes villes, puisque Marseille va exécuter des travaux pour dd millions, Lille 30 millions, Lyon 20 millions, Toulon, par l’administration de la guerre et la marine, la ville elle-même, 28 millions, on reconnaîtra que partout Îles intérêts de l’agriculture sont sacrifiés au profit des grandes cités, et si cela continue :l deviendra nécessaire de prendre un jour des dispositions pour exempter du service militaire tout homme qui voudra rester cultivateur, comme on l’a déjà fait au profit des institu-"

teurs et des séminaristes.

Est-il nécessaire de faire remarquer main-

tenant que lorsque des millions sont dé-

— A0! — peusés pour appeler l'air et la lumière dans les grandes villes, comme on se plait à le répéter, les habitants des villages peuvent à peine malgré leurs démarches, obtenir quelques milliers de francs pour construire ou assainir une fontaine, pour paver leurs chemins de terre, pour rectifier le réseau de leurs routes vicinales, dont les lignes courbes et tortucuses, semblent avoir été tracées par la marche vacillante d’un

homme ivre.

On sait l'influence qu'exercent les moyens de viabilité dans les campagnes. Si l'on empierrait tous les chemins de terre en France, ce qu'on estime à une dépense d’un milliard, on doublerait les revenus de la culture. I est même établi qu'un allongement inutile d’un kilomètre, grève la circulation de 0,20€ par tonne et par kilomètre, que s'il passe 0 mille tonnes

par an, sur une route, (c’est là une faible

— 108, — moyenne pour beaucoup de chemins vicinaux), leur transport coûtera au commerce et à lagriculture 10,000 francs en sus de ce qu'il aurait dû coûter ; c’est la destruction d’un capital de

200 mille fr. dont l’agriculture paie l'intérêt. ()

Cependant nous ne serons pas exclusifs, nous äadmeltons avec le gouvernement la nécessité d'exécuter dans la capitale des travaux vraiment stratégiques qui seraient de nature à maintenir la tranquillité et à donner de la force contre les passions anarchiques. Nous admettons que les arts et les sciences doivent y tenir un rang élevé, mais nous pensons qu'il n’est pas prudent de poursuivre le développement in-

défini de Paris. Nous regarderions comme une

() Guaflier, Ponts et Chaussées ; introduction. p.8

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