‹ De l'Emphysème sous-cutané chez la parturienteChapitre 11 sur 16 · SYMPTOMES · texte numérisé non relu

SYMPTOMES

Est-ce à cause de la rareté de l’emphysème souscutané chez la parturiente ou à cause de sa bénignité malgré sa symptomatologie impressionnante que les traités lui consacrent une place modeste ? C’est probable,

En effet, dans le Manuel de l’Accoucheur de DE- MELIN DEVRAIGNE, nous trouvons la description suivante qui cadre d’ailleurs mal avec notre observation :

« La femme se plaint brusquement, au milieu d’une poussée, d’une douleur vive dans le thorax et le cou, d’une gêne respiratoire qui s’accroît; l’emphysème apparaît aussitôt au cou, à la face, plus ou moins étendue, sonore à la percussion; on ne peut s’y tromper «en le palpant, car on est frappé de la crépitation neigeuse que l’on sent sur toute la zone boursouflée. »

BRINDEAU, dans la Pratique de l'Art des Accouchements écrit : « les signes de l’emphysème se produisent généralement d’une façon brusque. C’est en effet, au moment de la période d’expulsion, à l’occasion d’un effort, que la femme se plaint d’une douleur vive dans le thorax et le cou : cette douleur

s’accompagne de gêne respiratoire. Bientôt apparaît

SEL OS re,

lemphysème sous la forme d’un gonflement qui débute généralement par la base du cou, puis gagne le tissu cellulaire de la face, principalement où ce tissu est plus lâche (joues, paupières).

Dans certains cas, l’emphysème s'étend au thorax et il peut même se généraliser (DELESALLE) ».

Dans le Manuel de SCHOËDER en 1875, traduit par CHARPENTIER, nOus trouvons la courte description suivante : « Lorsque les contractions des muscles abdominaux sont très fortes, il peut se produire une rupture des vésicules pulmonaires et l’on peut voir l’'emphysème se produire sur le cou, la face et le thorax. Cet accident se produit surtout chez les primipares : il est reconnaissable au premier coup d’œil à la tuméfaction et à la crépitation caractéristique et, lorsqu'il ne dépasse pas les limites ordinaires, il disparaît spontanément en 5 à 6 jours sans entraîner d’inconvénients. On prévient son extension trop considérable en empêchant la femme de faire des efforts pour pousser et en terminant le plus rapidement possible l’accouchement ». On ne saurait mieux dire.

Dans le Progrès Médical du 8 août 1896, BOUTEILLER rapportant une statistique d’accouchements à la campagne cite un cas d’emphysème sous-cutané pendant l'accouchement.

La même année MACÉ, alors interne chez PORAK à la Charité, en a observé un cas qu’il publie. Il le rappelle à la Société d’Obstétrique de Paris le 21 juin 1900 à l’occasion d’une communication de BONNAIRE

DEVRAIGNE

LC TRNES

et Maury. « Je me rappelle avoir observé dans le service de M. PORAK, alors que j'étais son interne, un cas d’emphysème sous-cutané généralisé qui se termina aussi par la guérison. Il ne s’agit pas, il est vrai, d’une éclamptique, mais d’une primipare qui, à la suite d'efforts d'expulsion d'intensité moyenne, présente de l’œdème du cou, de la face et de la cage thoracique. Une application de forceps, faite hâtivement, débarrasse la femme de son produit de conception et la malade guérit dans les 15 jours, sans avoir donné de nouvelles alerte. »

Dans la même réunion de la Société d’Obstétrique de Paris, BONNAIRE et MAURY rapportent une observation d’éclamptique « qui a été atteinte d’une complication assez rare, tant au cours de l’accouchement naturel qu’au cours de léclampsie. Il s’agit d’un emphysème sous-cutané du cou, des épaules et de la partie supérieure du thorax ». Il s’agissait d’une primigeste en pleines crises d’éclampsie, quand elle entra à la Maternité de Lariboisière le 23 mai 1900. Elle était enceinte de 8 mois et demi, avec un sommet engagé. L'enfant présentait des signes de souffrance : BONNAIRE pratiqua la dilatation extemporanée du col et termina l’accouchement sans délai avec une application de forceps. L'enfant pesait 1870 grammes.

« Aussitôt après l’accouchement, on fut frappé de la distension de la région cervicale antérieure et la palpation pratiquée à ce niveau, donna tout de suite la sensation de crépitation caractéristique de l’em-

to

physème sous-cutané. Cet emphysème avait envahi les régions sous-tyroïdienne et carotidienne remontant jusqu’à l’angle de la mâchoire. En bas il occupait les régions sus-claviculaires et sterno-costales et pouvait être retrouvé jusqu’à la ligne bimamelonnaire.

La malade s’est rétablie sans encombre et au bout de 17 jours il ne restait plus trace d’emphysème. Le fait seul de l’apparition de cet emphysème souscutané comme complication de l’éclampsie et la lenteur de la résorption de cet emphysème nous ont semblé assez intéressante pour attirer l’attention de la Société sur ce petit point de clinique. »

A cette occasion PORAK évoque le cas observé dans son service de la Charité et donne la parole à MAcé. C’est le cas que nous rappelons plus haut.

Dans la réunion de la Société de Gynécologie et d’Obstétrique de Montpellier du 23 février 1939, BaTTLE et L. Pous communiquent un cas d’emphysème sous-Ccutané.

« Mme D.., primipare de 20 ans, arrive en travail à la Maternité, le 1% novembre 1938. Le terme, d’après les D. R. en date du 21 janvier, est atteint ce jour même. Aucun antécédent pathologique n’est signalé et la parturiente n’a jamais présenté de lésions pulmonaires, ni d'affection pleurale. Pas de stigmates de spécificité héréditaire ou acquise : les séro-réactions sont négatives dans le sang de la femme et du mari.

Les contractions utérines douloureuses, apparues

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