‹ De l'empire allemandChapitre 29 sur 60 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

DE L'ARMEE

Articles û7 à 63 de la Constitution. — Couleurs nationales. — Commandement suprême. — Ministère de la guerre. — Grand état-major. — Organes supérieurs du commandement.

Composition et organisation de l'armée sur le pied de paix. — Corps d'armée Divisions.

Brigades. — Régiments. — Infanterie. — Chasseurs à pied. — Cavalerie. — Artillerie de campagne. — Artillerie à pied. — Génie. — Troupes de chemins de fer. — Train.

Recrutement. — Contingents. — Autorités de recrutement. — Opérations du recrutement. — Engagements volontaires. — Engagements volontaires d'un an. — Rengagements. — Congés du roi. — Réserve et landwehr. — Beurlaubtcnstand. — Landsturm. — Districts de bataillon de landwehr.

Hiérarchie militaire. — Recrutement et avancement. — Soldats. — Sous-officiers. — Officiers.

Établissements d'instruction et d'éducation.

Etat-major. — Adjudantur. — Etat-major des places, commandantures. — Service de l'artillerie. — Service du génie. — Service de la remonte. — Service vétérinaire. — Service de santé. — Société de secours aux blessés. — Aumôuerie.

Intendance militaire. — Service des vivres et des fourrages. — Service de l'habillement. — Service des administrations de garnison. — Service des caisses.

Soldes. — Pensions. — Institutions de prévoyance et de secours. — Décorations.

État civil des militaires en droit allemand.

Auditorat. — Des peines et de la justice. — Tribunaux d'honneur. — Gendarmerie.

Commission de défense de l'Empire. — Forteresses. — Servitudes militaires. — Réquisitions. '

De l'armée sur le pied de guerre.

Fonds des invalides. — Fonds de construction des forteresses. — Trésor de guerre. — Fonds dit d'état-major.

Bien que l'armée allemande ne se présente pas en un seul faisceau, principalement au point de vue administratif, on peut cependant la considérer comme une institution de l'Empire, attendu que le particularisme tend chaque jour à en disparaître.

Arriver à l'unité.

Tel était le but que se proposait la Constitution, c'est à l'atteindre que tendent les travaux de chaque jour, les progrès accomplis en quelques années sont déjà immenses, et on peut proclamer, dés main-

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louant, qu'il y a une armée allemande sous le commandement unique de l'Empereur.

Art. 57 de la Constitution. — Tout Allemand doit le service militaire et ne peut se faire remplacer dans l'accomplissement de cette obligation.

Art. 58. — Les frais et charges de l'organisation militaire de l'Empire sont supportés également par tous les États et tous les membres de la Confédération, de façon à ne laisser place à aucun privilège, à aucune aggravation au profil ou au préjudice d'un État ou d'une classe d'individus. Lu où cette égale répartition des charges ne peut se faire en nature, sans nuire à l'intérêt public, la législation déterminera les compensations à fournir d'après les principes de l'équité

Art. 59. — Tout Allemand propre au service militaire appartient pendant sept ans, en règle générale, depuis sa vingtième année accomplitjusqu'au commencement de sa vingt-huitième année, ù l'armée active. De ces sept années il passe les trois premières sous les drapeaux et les quatre dernières dans la réserve. Il appartient pendant les cinq années suivantes à la landwehr.

Les dispositions relatives à l'émigration, édictées pour les hommes de la landwehr, sont entièrement applicables aux hommes de la réserve.

Art. GO. — L'effectif de l'armée sur le pied de paix est fixé par voie législative fédérale.

Art. 01. — Après la publication de la présente Constitution, l'ensemble de la législation militaire prussienne sera immédiatement étendue à tout l'Empire, aussi bien les lois elles-mêmes que les règlements, instructions et rescrits édictés pour leur exécution, explication ou complément, spécialement le Code pénal militaire du 3 avril 1845, l'ordonnance sur la procédure militaire du 3 avril 1845. l'ordonnance sur les tribunaux d'honneur du 20 juillet 1813, les dispositions sur le recrutement, la subsistance et le logement des troupes, les indemnités pour dégâts, mobilisation, etc., tant sur le pied de paix que sur le pied de guerre, llesle toutefois exceptée de cette règle, l'ordonnance ecclésiastique relative à l'armée.

Après la mise à exécution de l'organisation militaire fédérale le président proposera au Iteichstag et au Bundesrath une loi militaire générale, comme complément de la Constitution.

Art. 02. — Pour défrayer les dépenses de l'ensemble de l'armée allemande et des institutions qui s'y rattachent, il sera mis à la disposition de l'Empereur, jusqu'au 31 décembre 1871, une somme de S43 fr. par tète de soldat calculée sur le pied de paix, d'après l'article 00. Après le 31 décembre 1871. la contribution de chacun des États de la Confédération sera versée à la caisse

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de l'Empire. Elle sera calculée d'après les forces sur le pied de paix provisoirement fixées par l'article GO, jusqu'à ce que ce point ait été modifié par une loi de l'Empire.

L'application de ces sommes à l'ensemble de l'armée de l'Empire et des établissements annexes sera réglée par la loi de finances. La fixation des dépenses militaires aura lieu d'après les bases de l'organisation légale de l'armée de l'Empire, telles qu'elles sont établies par la présente Constitution.

Art. 03. — L'ensemble des forces de terre et de mer de l'Empire constitue une seule armée, placée en temps de guerre et de paix sous les ordres de l'Empereur.

Les régiments, etc., portent une seule série de numéros pour toute l'armée allemande. Les vêtements ont la couleur et la coupe réglementaire de l'armée royale prussienne. 11 reste loisible au souverain de chaque contingent séparé de lixerles autres signes distinctifs (cocardes, etc.).

L'Empereur a le droit et le devoir de veiller à ce que toutes les troupes composant l'armée allemande soient au complet et prêtes à marcher, à ce que l'unité soit établie et maintenue dans l'organisation et la formation, dans l'armement et le commandement, dans l'instruction des hommes et dans les grades hiérarchiques des officiers.

Dans ce but, l'Empereur est autorisé en tout temps à s'assurer par des inspections de l'état des divers contingents et à donner les ordres nécessaires pour parer aux défectuosités que ces inspections pourraient révêler.

L'Empereur appelle les contingents de l'armée de l'Empire sous les drapeaux ', il en règle la répartition et l'incorporation, ainsi que l'organisation de la iandwehr. Il a le droit d'établir des garnisons dans l'intérieur du territoire fédéral et de donner des ordres pour mettre sur le pied de guerre une partie quelconque de l'armée de la Confédération.

Afin d'arriver à l'unité complète dans l'administration, l'entretien, l'armement et l'équipement de toutes les troupes de l'armée fédérale, les règlements relatifs à ces matières, édictés à l'avenir pour l'année prussienne, seront dûment communiqués aux commandants des autres contingents, par les soins de la commission de l'armée et des fortifications établie par l'article 8 de la Constitution.

Art. Ci. — Toutes les troupes de la Confédération sont obligées d'exécuter

1. Les conventions militaires particulières indiquent que ce droit de l'Empereur doit être entendu de la manière la plus large, et l'autorisent spécialement à convoquer, s'il le juge nécessaire, les réserves etles recrues sans attendre le consentement du Conseil fédéral et du Reichstag. Il a seul, à l'exclusion des gouvernants des États particuliers, le droit de mobiliser les contingents.

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de suite el sans restriction les ordres de l'Empereur. Celte obligation est comprise dans le serment au drapeau.

Toul commandant supérieur d'un contingent, ions les officiers appelés à commander les troupes de plus d'un contingent et tous les commandants de forteresse sont nommés par l'Empereur. Les officiers ainsi nommés par lui. lui prêtent le serinent du drapeau. Quant aux nominations des généraux et des officiera qui en remplissent les fonctions dans les contingents fédéraux, elles doivent toutes être laites avec l'assentiment île l'Empereur.

L'Empereur est autorisé en vue du déplacement, avec, ou sans avancement, pour les places qu'il doil l'aire occuper dans le service de la Confédération, soit dans l'armée prussienne, soit dans les autres contingents, à choisir parmi les officiers de tous les contingents de l'Empire.

Art. 66. — Le droit d'établir des places furies sur le territoire fédéral appartient à l'Empereur, qui propose l'allocation des voies et moyens nécessaires quand l'ordinaire n'est pas suffisant.

Art. ci;. — A défaut de conventions spéciales en disposant autrement, les princes ou les sénats des Liais de la Confédération nomment les officiers de leurs contingents, sous les restrictions indiquées ù l'article 6i de la Constitution.

Ils sont les chefs de toutes les troupes de leur territoire et jouissent des honneurs attachés à cette qualité. Us ont notamment le droit de les inspecter en tout temps, et reçoivent, en dehors des rapports et des avis réguliers suites mutations, et à raison de la nécessité de la publication de ces documents par eux, communication immédiate des avancements et nominations qui concernent leurs corps de troupes.

Ils ont aussi le droit, en matière de police, non seulement d'employer leurs propres troupes, mais encore de requérir tous les autres corps de l'armée de l'Empire qui se trouvent détachés sur leur territoire '.

Art. r,~. — Les économies réalisées sur l«s dépenses militaires ne profitent en aucun cas aux Etats particuliers, mais toujours à la caisse de l'Empire.

Art. 68. — L'Empereur peut, si la sûreté publique est menacée dans les limiies du territoire de la Confédération, déclarer une partie de ce territoire en état de siège. Jusqu'à ce qu'une loi d'Empire ait réglé les cas, la forme, la publicité et les effets d'une pareille déclaration, on appliquera les prescriptions de la loi prussienne du 4 juin 185t.

l. Tous les États autres que la Bavière, la Saxe, le Wurtemberg et le Brunswick, ont abandonne à la Prusse, par des conventions spéciales, le droit de nomination des officiera île leur contingent. En outre, la Saxe, lo Wurtemberg et le Brunswick se sont assujettis à suivre, dans l'exercice de leur droit de nomination personnel, les règles adoptées en Prusse.

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Des couleurs nationales.

Les couleurs de l'Empire allemand sont aujourd'hui noir, blanc et rouge : ce sont celles qui sont données à l'Alsace-Lorraine, qui est pays d'Empire. Mais les drapeaux et les cocardes ont les couleurs des pays respectifs :

Prusse : noir et blanc ;

Bavière : bleu clair et blanc;

Wurtemberg : noir et rouge ;

Saxe (royaume et petits duchés) : vert et blanc ;

Saxe (grand-duché) : noir, vert et jaune ;

Bade : rouge et jaune ;

Hesse : rouge et blanc ;

Mecklembourg : rouge, jaune et bleu ,

Oldenbourg : bleu et roug

Brunswick : bleu et jaune ;

Villes hanséaliques : rouge et blanc.

Du commandement suprême de l'armée.

Le roi de Prusse, en tant qu'Empereur d'Allemagne, est le chef suprême de l'année allemande, toutefois ce pouvoir subit en temps de paix certaines restrictions, tandis qu'en temps de guerre le droit de commandement de l'Empereur sur tous les contingents de l'Allemagne est absolu et ne souffre aucune exception.

La loi militaire présente une grande élasticité au point de vue du recrutement, des formations, de l'avancement, en plaçant entre les mains de l'Empereur toute l'autorité nécessaire; on peut dire de lui qu'il est le premier soldat de l'Allemagne, de même que le grand Frédéric a dit qu'il était le premier serviteur de l'État.

En Prusse, plus particulièrement, le roi n'est pas seulement le chef de son armée, il en est aussi le commandant effectif. C'est en lui que l'armée se personnifie.

C'est ainsi que le roi se réserve les questions concernant le personnel, elles sont traitées dans son cabinet militaire, dirigé par un général, qui est en même temps chef de la division du personnel au ministère de la guerre.

Tous les militaires prêtent serment de fidélité à leur souverain les formes du serment varient pour les officiers et pour la troupe; en outre, le serment au drapeau comprend pour tous les contingents l'engagement d'obéir aux ordres de l'Empereur.

Les commandants de corps d'armée sont les délégués et les représentants directs de l'Empereur, tandis que le ministre de la guerre n'exerce sur l'armée aucun droit de commandement proprement dit.

Il n'intervient directement qu'en malière d'organisation et d'administration ; en sa qualité d'autorité administrative supérieure, il prononce sur les appels interjetés contre les décisions des commandants de corps d'armée, qui n'ont en ces matières que les pouvoirs d'une autorité régionale.

Les deux auxiliaires immédiats de l'Empereur, chef de l'armée, sont le ministre de la guerre et le chef de l'état-major de l'armée. Le premier est chargé de l'organisation et de l'administration de l'armée, il est responsable devant le pouvoir législatif; le second étudie, pendant la paix, le mode d'emploi de l'armée et la dirige en temps de guerre, en ce sens qu'il trace les directives ; il n'est responsable que devant l'Empereur.

Du ministère de la guerre.

Il n'existe pas de ministère de la guerre de l'Empire allemand. Dans la pralique, le ministère de la guerre prussien en remplit les fonctions, car il prend l'initiative dans les questions d'organisation et d'administration.

Lorsque l'intervention du pouvoir législatif est nécessaire, les projets de loi sont transmis par le chancelier de l'Empire à la commission militaire du Conseil fédéral. Elle renferme toujours des membres appartenant à ceux des Etats confédérés qui ont conservé un ministère

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de la guerre particulier, c'est-à-dire à la Bavière, à la Saxe et au Wurtemberg.

Cette commission a, entre autres, pour mission celle d'approuver la répartition annuelle, entre les divers contingents particuliers, du nombre total des recrues à fournir pour l'ensemble de l'armée allemande.

Nous ne nous occupons ici que du ministère de la guerre prussien comme le plus important et comme servant de type aux trois autres ministères de la guerre allemands.

Le ministère de la guerre prussien administre les contingents de toutes les puissances allemandes qui n'ont pas de ministère de la guerre propre. Ces puissances ont conclu avec la Prusse des conventions militaires spéciales qui, en général, réservent au souverain particulier quelques droits sur le contingent de ses Htats.

Le ministère de la guerre prussien comprend trois départements, composés chacun de plusieurs divisions, ainsi que quatre divisions isolées dépendant directement du ministre.

Nous en donnons sommairement les attributions.

Division centrale.

l'Iacée directement sous les ordres du ministre, la division centrale distribue les affaires courantes et transmet les déterminations du ministre aux divisions qu'elles concernent; elle comprend le cabinet du ministre, le personnel militaire et civil du ministère, le personnel de l'intendance militaire.

Département général de la guerre.

Ce département est chargé de tout ce qui concerne la formation et l'organisation de l'armée; il comprend cinq divisions, savoir :

1° Division A de l'année.

Organisation, formation, recrutement, mobilisation, service de marche et de transport pour l'armée, instruction militaire des troupes,

émigration, certificats de nationalité, manœuvre?, renseignements sur les militaires en activité de service, feuillets individuels et états de notes des officiers, conventions militaires, affaires concernant à la fois l'armée et la politique.

2° Division li de l'armée.

Etablissements militaires d'éducation et d'instruction, aumônerie, justice militaire, service vétérinaire, train, impôts, emplois civils, musiques militaires, décorations, fondations de bienfaisance, sociétés d'anciens militaires.

3" Division de Vartillerie. — 1° Division technique de l'artillerie. Armes et munitions en général, affaires techniques.

5° Division du génie.

Fortification des places fortes, affaires techniques regardant les pionniers et les équipages de pont.

Division des affaires du personnel.

Recrutement et avancement des officiers de toutes armes, brevets, annuaire, etc. Le chuf de celte division est en même temps chef du cabinet militaire du roi, avec lequel il travaille directement.

Département de l'économie militaire.

Partagé en quatre divisions :

1° Division du budget des caisses; 2° Division des vivres et des fourrages;

3° Division de l'habillement, de la solde, des indemnités de route et des convois;

i° Division du servis.

Casernement, mobilier, chauffage, éclairage, indemnité de logement.

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Département des affaires concernant les invalides.

Ce département s'occupe des pensions et secours.

Division de la remonte. — Division du service de santé. — Spécialités de chacun de ces services.

Un conseil judiciaire et un bureau technique des bâtiments fonctionnent aussi au ministère de la guerre.

Au ministère de la guerre ressortissent également :

La direction du grand orphelinat militaire de Polsdam;

La commission supérieure d'examen chargée de Taire subir les épreuves exigées des membres de l'intendance et des employés civils du ministère.

La caisse générale militaire.

L'inspection du train; l'inspection des fabriques d'armes; l'inspection des écoles d'infanterie; l'institut militaire d'équitation ; l'inspection des établissements pénitentiaires militaires; l'inspection du service vétérinaire; l'institut médico-chirurgical Frédéric-Guillaume; l'Académie militaire de médecine et de chirurgie; les arsenaux d'artillerie; le laboratoire d'artiiices; la fonderie de canons; la fabrique de projectiles; les poudreries.

Le personnel du ministère de la guerre se compose d'officiers, de fonctionnaires de l'intendance, de médecins, de fonctionnaires et employés civils de différentes catégories.

Le ministre de la guerre publie ses instructions par l'organe du journal officiel de l'armée.

Grand état-major.

Parallèlement au ministère de la guerre prussien, fonctionne le grand état-major. Son rôle est purement militaire, créé en vue de la guerre et pour la guerre, il l'étudié et la préparc dans tous ses détails, pour

être à même de la diriger utilement plus tard. Il est en quelque sorte le cerveau militaire de l'Allemagne; à lui la conception parfois et la maturation toujours des plans stratégiques et lactiques, au commandement, à VÂdjudantur et aux troupes leur exécution.

Le grand état-major a à sa tète le chef d'état-major de l'armée; il comprend neuf divisions:

Première division. — Étude militaire, géographique et statistique des théâtres de guerre orientaux ;

Deuxième division. — Des théâtres de guerre centraux;

Troisième division. — Des théâtres de guerre occidentaux;

Division des chemins de fer;

Direction îles transports militaires en temps de paix, préparation des transports pour le cas de guerre ; les commissions de lignes dépendent de cette division ;

Division de l'histoire militaire;

Division de géographie et de statistique;

Bureau des renseignements;

Division trigonométrique ;

Division topographique ;

Division cartographique.

Du chef d'état-major de l'armée dépendent : les troupes de chemin de fer, la direction du chemin de fer militaire; les commissions de ligne. Il existe des le temps de paix 12 commissaires spéciaux résidant an siège même de la commission de ligne dont ils font partie.

L'armée bavaroise seule a son grand étal-major particulier à Munich.

Personnel des ministères de la guerre et des grands états-majors.

Sans enlrer dans le détail numérique de la composition du personnel des ministères de la guerre et des grands états-majors allemands, on peut dire que ces services emploient environ 253 ofliciers, 29 fonctionnaires militaires (intendants, auditeurs, médecins, elc.) et 7 1 5 employés civils.

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Organes supérieurs du commandement.

Comme organes supérieurs du commandement, il convient de ciler les autorités suivantes :

Les inspecteurs généraux d'armée;

L'inspecteur général de l'armée bavaroise;

Le commandant supérieur des marches;

L'inspecteur de la cavalerie;

Les colonels généraux d'infanterie et de cavalerie.

Les inspecteurs généraux d'armée n'exercent pas de commandement effectif en temps de paix, et ils ne procèdent à leurs inspections que sur l'ordre du chef de l'armée.

Tous les corps d'armée de l'Empire ont été répartis en cinq inspections d'armée. Seule la garde est resiée en dehors de cette répartition ; mais en fait, elle possède son inspecteur dans la personne môme de l'Empereur, qui s'acquitte religieusement de cette mission.

La première inspection d'armée comprend les IV e , V e , VI e corps (Saxe prussienne, Posnanie et Silésie).

La deuxième inspection d'armée comprend les 1 er , 11 e et IX e corps (Prusse, Poméranie, Schleswig-FIolstein).

La troisième inspection d'armée comprend les VII e , VIII e , X e et XII e corps (Westphalie, province du Rhin, Hanovre, royaume de Saxe).

La quatrième inspection d'armée comprend les III e , IX e et XIII e corps ; les 1 er et II e corps bavarois (Brandebourg, liesse, Wurtemberg, Bavière).

La cinquième inspection comprend les XIV e et XV e corps (Bade, Alsace-Lorraine).

Latéralement, le roi de Bavière a pour inspecter ses troupes, en dehors de l'inspection du délégué de l'Empereur, un délégué spécial qui porte le titre d'inspecteur général de l'armée bavaroise.

Des officiers de l'état-major et de VAdjudantur sont attachés dès le temps de paix aux inspections d'armée.

Les autres dignitaires énumérés plus haut paraissent n'avoir que des titres purement honorifiques.

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Composition et organisation de l'armée allemande sur le pied de paix.

Du corps d'armée.

Les troupes allemandes sont reparties en 18 corps d'armée, dont un est représenté par la garde prussienne. Il est à remarquer que chacun d'eux n'a pas une composition complètement identique.

Chaque corps d'année comporte un commandement général (Gcncralhommando), des troupes endivisionnées et des troupes non endivisionnées.

Les sièges des commandements des corps d'armée sont : à Berlin pour le corps de la garde, à Kœnigsberg, 1 er corps, Stetlin II e , Berlin HT ', Hagdebourg IV", Posen V e , Breslau VI 6 , Munster Vil", Coblentz VIII", Alloua IX e , Hanovre X e , Cassel XI e , Dresde XII e , Slutlgard, XIII e , Carlsruhe XIV e , Strasbourg XV e , Munich 1 er corps bavarois, Wurtzbourg 11 e corps bavarois.

Le commandant de corps d'armée possède presque toujours le grade de général d'infanterie ou de cavalerie.

L'état-major de chaque corps d'armée comprend 3 officiers d'étatmajor (I général-major, colonel ou lieutenant-colonel chef d'étatmajor 1 major, 1 capitaine), '2 officiers de VAdjudanlur, 1 archiviste (Registrator), 3 à 6 secrétaires.

Les différents services sont représentés au commandement général de chaque corps d'armée par :

L'intendant, chef des services administratifs du corps d'armée, ayant à sa disposition 5 conseillers ou assesseurs d'intendance, 7 à 9 secrétaires, 5 à G secrétaires adjoints, quelques autres employés inférieurs et un conseiller d'intendance et des bâtiments ;

L'auditeur du corps d'armée;

Le médecin général, assisté d'un aide-major;

Le pharmacien-major;

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L'aumônier supérieur;

Le vétérinaire de corps d'armée.

Généralement, le corps d'armée allemand comporte deux divisions mixtes, comprenant chacune deux brigades d'infanterie, une brigade de cavalerie, un bataillon de chasseurs à pied, une brigade d'artillerie de campagne, de l'artillerie à pied, un bataillon de pionniers, un bataillon du train.

Le corps d'armée le plus faible en effectif est le XU1 6 (Wurtemberg) qui ne compte que 18,000 hommes, et le corps d'armée le plus nombreux est celui de la garde qui compte 30,000 ralionnaires. La plupart des autres corps d'armée ont un effectif de 20,000 à 24,000 hommes.

En principe, les troupes de chaque corps d'armée résident sur le territoire de la région qui les recrute, mais cette règle souffre de nombreuses exceptions. Ainsi il est à remarquer que le corps d'armée de la garde prussienne se recrute sur l'ensemble du territoire de la Prusse.

Des divisions.

L'armée allemande compte 40 divisions organisées d'une façon permanente, savoir: 30 divisions mixtes d'infanterie et de cavalerie, G divisions d'infanterie, 3 divisions de cavalerie, 1 division mixte comprenant de l'infanterie, de la cavalerie, de l'artillerie et du train.

Les divisions mixtes comptent uniformément deux brigades d'infanterie, une de cavalerie ; les divisions d'infanterie et celles de cavalerie complent deux brigades de l'arme.

Les divisions sont commandées par un général-lieutenanl ou par un général-major.

Au quartier général d'une division on trouve :

Un officier d'état-major du grade de major ou de capitaine;

Un officier de l'Âdjudanlur ;

Deux sous-officiers secrétaires;

Un conseiller d'intendance;

Deux auditeurs de division;

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Un médecin de division, qui est toujours l'un des médecins-majors des régiments de la division; Deux aumôniers.

Des brigades.

Les brigades sont commandées par un général-major ou un colonel.

Les brigades d'infanterie sont au nombre de 75 ; elles se composent ordinairement de deux régiments.

A L'étal-major de la brigade, on trouve un officier de VÀdjudantur et un auditeur.

Les brigades de cavalerie sont au nombre de 38, parmi lesquelles J3 comptent 3 régiments, 23 n'eu ont que 2, tandis que les deux brigades de la division de cavalerie du XV e corps sont à 4 régiments.

L'état-major d'une brigade de cavalerie a la même composition que celui d'une brigade d'infanterie.

Les 18 brigades d'artillerie de campagne sont uniformément composées de 2 régiments. Leur état-major se compose d'un officier de YAdjudantur, d'un ofiicier artificier, de quelques sous-officiers artificiers et de deux secrétaires.

Les troupes de l'artillerie à pied sont réunies en brigades spéciales.

Des régiments.

Les contingents des divers États, y compris ceux qui se fondent dans l'armée prussienne, portent comme elle, s'ils constituent un corps de troupe, outre le numéro de classement général dans l'armée allemande, une dénomination spéciale à la province à laquelle appartiennent ces troupes.

Infanterie.

L'infanterie allemande comprend 161 régiments, à 3 bataillons et à 12 compagnies, savoir :

9 régiments de la garde royale prussienne ;

DIS L ARMEE

114 régiments prussiens ou administrés par la Prusse (u os 1 à 99, 109 à 118, 128 à 132);

1 1 régiments saxons (u os 100 à 108, 133 et 134);

8 régiments wurlembergeois (n os 1 19 à 12G) ;

19 régiments bavarois (régiment du corps et n os 1 à 18).

De ces régiments, 11 sont à effectifs renforcés; ce sont les 5 vieux régiments de la garde et 6 régiments stationnés en Alsace-Lorraine.

L'effectif de ces régiments varie de 2,176 à 2,121 hommes.

Les autres régiments ont un effectif de 1,758 hommes.

Les bataillons comptent 5G7 hommes.

Les compagnies comptent 136 sous- officiers et soldats, avec 4 officiers.

L'effectif total de l'infanterie allemande comprend 9,532 officiers, 978 médecins, 494 payeurs, 279.317 hommes de troupe.

Voici la décomposition d'un régiment d'infanterie : 5 officiers supérieurs, 13 capitaines, 40 lieutenants et seconds-lieutenants, 172 sousofficiers (y compris les enseignes), 3 aspirants payeurs, 10 musiciens, 51 tambours et clairons, 1,404 appointés (Gcfrcite) et soldats, 12 aides de lazaret, 36 ouvriers, 6 médecins, 3 payeurs, 3 armuriers, 29 chevaux d'officiers.

A chaque régiment d'infanterie correspond un régiment d'infanterie de landvelir à 2 bataillons ; il porte le môme numéro et la même dénomination territoriale que son similaire de l'armée active.

Chasseurs à pied.

L'armée allemande compte 20 bataillons de chasseurs à pied, ayant un effectif total de 424 officiers, 40 médecins, 20 payeurs, 1 1,140 hommes de troupe, savoir :

1 bataillon des Schiltzen de la garde (Prusse) ;

1 bataillon de chasseurs de la garde (Prusse) ; 12 bataillons de chasseurs prussiens ;

2 bataillons de chasseurs saxons ; 4 bataillons de chasseurs bavarois.

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Voici la décomposition d'un bataillon de chasseurs : 1 officier supérieur, 4 capitaines, 17 lieutenants et seconds-lieutenants (4 par compagnie), 57 sous-officiers, 13 clairons, 47? appointes et simples soldats, 4 aides de lazaret, 12 ouvriers, 2 médecins, 1 payeur et I aspirant payeur, 1 armurier, 7 chevaux d'officiers.

Cavalerie.

L'armée allemande compte 93 régiments de cavalerie, dont : 14 de grosse cavalerie, 25 de cavalerie de ligne (uhlans), 28 de dragons, 20 de hussards, 6 de chevau- légers.

Parmi ces régiments, 73 sont prussiens ou administrés parla Prusse, 6 sont saxons, 4 wurlemhergeois, 10 bavarois.

L'effectif total de la cavalerie allemande comprend 2,35S officiers, 202 médecins, 452 vétérinaires, 90 payeurs, 04,885 hommes de troupe, 70,290 chevaux.

Le régiment est formé de 5 escadrons semblables, dont l'un forme dépôt au moment de la mobilisation. Chaque régiment comporte : 2 officiers supérieurs, 5 capitaines, 18 lieutenants et seconds-lieutenants, 77 sous-officiers, 10 trompettes, 573 appointés et simples soldats, 5 aides de lazaret, 20 ouvriers, 2 médecins, 1 payeur et 1 aspirant payeur, 1 armurier, 1 sellier, 5 vétérinaires, 719 chevaux.

Artillerie.

L'artillerie de campagne et l'artillerie à pied sont divisées en deux corps bien distincts ; cette division s'étend même aux officiers.

Artillerie de campagne.

11 existe actuellement, en Allemagne, 37 régiments d'artillerie de campagne, présentant un effectif total de 1,801 officiers, 150 médecins, 89 payeurs, 118 vétérinaires, 34,817 hommes de troupe, 10,591 chevaux.

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Ces régiments sont répartis en 18 brigades et comprennent 340 batteries. Chaque batterie attelle i pièces en temps de paix et 6 pièces en temps de guerre; toutefois, un ordre du ministre de 1884 prescrit que les batteries stationnées le long des frontières orientale et occidentale auront constamment 6 pièces, hommes, chevaux et matériel prêts à marcher au premier signal.

Les batteries sont groupées pour former des AbtheUungen. L'Abtheilung, unité tactique et administrative, placée sous les ordres d'un officier supérieur, comprend généralement 4 batteries montées ou 3 batteries à cheval.

Dans la brigade d'artillerie, un des régiments est régiment divisionnaire, l'autre est régiment de corps, et ce dernier porte le numéro du corps d'armée auquel il appartient.

Les régiments divisionnaires se composent uniformément de deux AbtheUungen, moulées à 4 batteries chacune.

La composition des régiments d'artillerie de corps est variable; généralement elle comporte 3 AbtheUungen, une de 3 batteries à cheval et 2 de 4 batteries montées.

11 existe au total, pour l'armée allemande, 89 AbtheUungen d'artillerie de campagne, donnant 293 batteries montées et 47 batteries à cheval.

Yoiei la composition la plus générale d'un régiment d'artillerie de corps ou d'un régiment divisionnaire : batteries à cheval, 3 ou ; batteries montées, 8 ; officiers supérieurs, 5 ou 4 ; capitaines, Il ou 8 ; lieutenants et seconds-lieutenants, 41 ou 31; sous-officiers, 181 ou 141 ; trompettes, 23 ou 17; appointés et simples soldats, 853 ou 632; aides de lazaret, 11 ou 8, ouvriers, 33 ou 24; médecins, 4 ; payeurs, 3 ou 2 ; aspirants payeurs, 3 ou 2 ; vétérinaires, 5 ou 2 ; chevaux d'officiers, 57 ou 25; chevaux de troupe, G73 ou 401.

Artillerie à pied.

Les 31 bataillons d'artillerie à pied, existant en Allemagne, forment 14 régiments à 2 bataillons et 3 bataillons isolés. Tous les bataillons

ISG

l'empire allemand.

oui 4 compagnies, ce qui représente 124 compagnies et un effectif total de 7?6 officiers, 33 médecins, 32 payeurs, 10,380 hommes de troupe.

La Prusse compte 1 1 régiments et 2 bataillons isolés.

Le Wurtemberg, 1 bataillon.

La Saxe, 1 régiment.

La Bavière, 2 régimenls.

La composition do régiment d'artillerie à pied à 2 bataillons est la suivante : 4 officiers supérieurs, 10 capitaines, 31 lieutenants et seconds-lieutenants, 189 sous-officiers, 29 musiciens et trompettes, 7iG appointés et simples soldats, 8 aides de lazaret, 24 ouvriers, 2 médecins, 2 payeurs, 2 aspirants payeurs, 2 armuriers, 20 chevaux d'officiers, 20 chevaux de troupe.

Génie.

L'Allemagne possède 19 bataillons de pionniers: 15 prussiens, I saxon, I wurtembergeois, 2 bavarois, avec on effectif total de 359 officiers, 9,705 hommes de troupe, 38 médecins, 19 payeurs.

Les bataillons bavarois comptent 5 compagnies, les autres bataillons comptent i compagnies, dont 2 de sapeurs-pontonniers et 1 de mineurs.

C'est le train qui attelle les voitures du génie.

Les troupes du génie fournissent le personnel nécessaire aux services de la télégraphie militaire et des pigeons voyageurs.

Voici la composition d'un bataillon de pionniers : 1 officier supérieur, 4 capitaines, 13 lieutenants et seconds-lieutenants, 6G sousofficiers, 13 clairons, 403 appointés et simples soldats, 4 aides de lazaret, 12 ouvriers, 2 médecins, 1 payeur, 1 aspirant payeur, 1 armurier, 7 chevaux d'officiers.

Troupes de chemins de fer.

En Allemagne, les troupes spécialement affectées à l'exploitation des chemins de fer se composent d'un régiment prussien stationné à Berlin

DE L ARMEE. | §7

et d'une compagnie bavaroise stationnée à Ingolstadt, avec un effectif total de 53 officiers, 4 médecins, 4 payeurs, 1,215 hommes de troupe, 19 chevaux d'officiers.

Ces troupes sont placées sous les ordres directs du chef d'état-mnjor général, pour tout ce qui concerne leur instruction et leur service technique. Elles exploitent une ligne spéciale, dite chemin de fer militaire, et sont employées fréquemment sur les lignes de l'État ou des sociétés privées. La ligne militaire va de Berlin à Zossen et Schiessplaiz.

Train.

Dans l'armée allemande mobilisée, on comprend, sous la dénomination de soldat du train (Trainsoldat), tout homme appartenant, soit au personnel chargé de conduire les voitures nécessaires aux armées en campagne, à la seule exception des voitures des batteries d'artillerie, soit au personnel affecté au service de soldat-ordonnance auprès des officiers.

Le train allemand comprend, en outre, la plus grande partie du personnel des compagnies sanitaires, les boulangers, les bouchers, les ouvriers d'art de l'administration et les hommes employés dans les dépôts de chevaux mobiles.

Les troupes du train sur le pied de guerre comprennent :

A, le bataillon du train ;

B, le personnel du train des administrations dites de campagne.

A. Bataillon du train. Chaque bataillon du train mobilise pour le corps d'armée dont il fait partie :

1° 1 état-major de bataillon ;

2° 5 colonnes d'approvisionnements ;

3° 5 colonnes de convois de 'subsistances ;

4° 3 détachements sanitaires ;

5° 1 dépôt de chevaux ;

G 1 colonne de boulangerie.

B. Personnel du train des administrations dites de campagne. Ce personnel est chargé de la conduite des voilures d'utilité générale ap-

LEMP1RE ALLEMAND.

partenant aux divers états-majors, aux divers services de l'intendance

des vivres, de la boulangerie, du Trésor, des posles, au personnel des lazarets d'étapes, aux dépôts de réserve des lazarets, aux commissions d'évacuation, aux colonnes du train des directions de télégraphes d'étapes.

Sur le pied de paix, chaque corps d'armée allemand possède un bataillon du train. A chaque bataillon est juxtaposé un dépôt, chargé de la gestion du matériel du train et du matériel sanitaire du corps d'armée; 36 officiers du train, placés hors cadre, sont attachés à ces dépôts. Le bataillon administre, en outre, une section de boulangerie, dont les hommes sont répartis dans les manutentions dus corps d'armée.

Le train allemand, en temps de paix, doit être considéré comme un cadre d'instruction et un noyau de formations du pied de guerre.

Les 18 bataillons du train, chacun à 2 compagnies, ont un effectif total de paix de 200 officiera, 20 médecins, 19 payeurs, 20 vétérinaires, 4,905 hommes et 2,457 chevaux.

Du recrutement de l'armée.

Tout Allemand doit le service militaire personnel et peut y satisfaire indifféremment dans tous les États de l'Empire.

Le service obligatoire commence à 17 ans révolus et se termine à 42 ans accomplis.

Pendant cette période, 12 années sont consacrées au service actif dans l'armée et dans la landwehr. le reste du temps est passé dans le landsturm, qui comprend tous les hommes de 17 à 12 ans n'appartenant ni à l'armée active ni à la landwehr.

La durée du service dans l'armée active est de 7 ans, dont 3 années pleines de service actif et i années de réserve ; après ces 7 années, les hommes servent pendant 5 ans dans la landwehr.

Les hommes appelés pour 3 ans servent effectivement 2 ans 10 mois.

Ces règles souffrent les exceptions suivantes :

Les hommes les plus instruits et les plus méritants peuvent recevoir

DE L'ARMÉE

un congé du Roi après 2 ans de service, et sont classés dans le Beurlaubknstand (hommes à la disposition) ;

Les cavaliers, qui font volontairement \ ans de service actif, ne servent que 3 ans dans la landwehr ;

Les soldats du train ne font que 6 mois de service dans l'armée active ;

Les infirmiers ne servent que 1 an et demi ;

Les volontaires d'un an servent exactement pendant une année ;

Les ouvriers militaires ne servent que pendant un an;

Les ouvriers des corps de troupe sont remplacés par tiers chaque année ; ils accomplissent rigoureusement leurs trois années de service du l <r octobre, date de leur incorporation, au 30 septembre delà troisième année;

Les instituteurs et les candidats à l'enseignement primaire passent dans la réserve après six semaines de service dans l'armée active ;

Les élèves militaires ou étudiants instruits dans les écoles militaires de l'État doivent, en outre des années de service imposées par la loi, ûqux années de service dans l'année active, pour chaque année passée dans ces écoles ;

En temps de guerre, la durée du service militaire est illimitée et subordonnée seulement aux circonstances.

Le recrutement est régional : le territoire de l'Empire est divisé en 17 régions de corps d'armée (Armcchorps-Bczirke), destinées à alimenter en hommes les troupes du corps d'armée, en temps de paix comme lors d'une mobilisation; la région est elle-même divisée en i brigades (Brigaden) et en 17 districts de bataillon de landwehr. Les régiments d'infanterie de ligne se recrutent chacun dans deux districts, le 17' servant à compléter les ressources des districts de la région les moins riches en hommes. Les autres armes se recrutent sur l'ensemble de la région.

En outre, il est à remarquer qu'il n'y a pas de région de corps d'armée correspondant au corps d'armée formé par la garde royale prussienne, attendu qu'il se recrute sur l'ensemble du territoire prussien.

Les autorités militaires territoriales sont:

Lus généraux commandant les corps d'année, les généraux commandant les brigades d'infanterie, les commandants de districts de bataillon de landwehr el enfin les sergents-majors (Feldwcbcl) de dislrictsde compagnie de landwehr.

Tous les hommes, assujettis au service militaire, sont soumis au recrutement à partir du 1" janvier de l'année dans laquelle ils doivent accomplir leur vingtième année, mais le service effectif ne commence que du jour de l'arrivée au corps.

Du contingent.

L'effectif de paix de l'armée allemande, pour la troupe, est fixé périodiquement, par voie législative, pour un certain nombre d'années; c'est ainsi qu'il a été fixé pour une période de 7 ans, s'étendant du 1 er avril 1881 au 31 mars 1888, a 427,274 hommes, c'est-à-dire à raison de 1 p. 100 du chiure de la population recensée en 1873. Si on ajoute les officiers, les employés militaires, les volontaires d'un an, une partie des hommes du train, les réservistes du recrutement appelés périodiquement, on arrive à un effectif permanent d'environ 401,000 hommes.

Cet effectif, que nous appellerons budgétaire, ne subit, en ce qui concerne la troupe, aucune diminution sensible par suite de décès, congés, etc.

Du mois de novembre, époque de l'arrivée des recrues, à la fin des manœuvres d'automne, on maintient scrupuleusement sous les drapeaux 4 27,271 hommes au moyen des procédés suivants:

Du mois de novembre au I er février, les vacances qui viennent à se produire sont comblées par les hommes de la dernière levée reconnus bons pour le service, mais que l'élévation de leur numéro de tirage n'a pas appelés à être incorporés immédiatement (Nachersatz). Après le 1 er février, les vacances sont remplies par les hommes en congé à la disposition des corps de troupe (du Beurlaubtenstand), que l'on appelle individuellement selon les besoins.

BH

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DE L AHMÉE.

On peut dire que l'armée allemande en est arrivée à la fixité et à la permanence des effectifs.

Le contingent annuel sert donc à combler la différence qui existe entre l'effectif budgétaire et l'effectif réduit par le renvoi des hommes libérables, de telle sorte que la fixation du chiffre des hommes à appeler n'est pas du ressort des Chambres, mais bien de celui de l'administration militaire.

Au printemps de chaque année, le commandant de chaque corps d'armée reçoit des corps de troupe un état numérique indiquant les manquants au complet de l'effectif de paix qui se produiront, au 1 er octobre, par le renvoi des hommes libérables. La récapitulation de ces étals permet aux ministres de la guerre et de la marine d'établir la répartition du contingent à fournir à chaque corps d'armée.

Les sous-répartitions sont ensuite faites entre les circonscriptions de brigade, les districts de bataillons de lamhvehr et les districts de tirage. Dans les Etals confédérés et dans les circonscriptions de brigade, la répartition esl basée sur la silualion de la population, les étrangers et les militaires non compris; dans les districts de recrutement, au contraire, elle ne porte que sur les hommes déclarés aptes au service; dans les deux cas, on comprend les volontaires appartenant à la circonscription.

C'est dans les districts de tirage que s'effectue l'opération du lirage au sort, qui a pour but de fixer définitivement l'ordre dans lequel les conscrits, reconnus aptes au service, doivent être appelés.

Des autorités de recrutement.

Les autorités chargées de l'expédition des affaires du service du recrutement sont réparties en trois instances :

Au district de bataillon de landwehr, le commandant du district assisté d'un conseiller provincial (Landrath);

Au district de brigade, le commandant de la brigade d'infanterie assisté d'un fonclionnaire supérieur de l'administration civile.

Quand il s'agit de prononcer sur une question touchant aux intérêts

civils, telle que les opérations proprement dites du recrutement, ces autorités de recrutement se forment en commission de recrutement et commission supérieure de recrutement, par l'adjonction de 4 membres civils élus pour 3 ans par les membres de l'assemblée de cercle (Kreistag) ou de l'assemblée provinciale (Provinzial-Landtag).

A la région de corps d'armée, le général commandant le corps d'armée, assisté du président supérieur de la province.

Ces autorités forment trois degrés d'instance, avec droit d'appel à la juridiction immédiatement supérieure.

Enfin, la direction générale du service du recrutement et le prononcé en dernière instance ressortissent au ministre de la guerre, assisté du ministre de l'intérieur en Prusse, et dans les autres États de la Confédération, de la première autorité île l'administration civile.

Au moment des opérations du recrutement, on adjoint a la commission de recrutement un officier d'infanterie, un officier de cavalerie et un médecin, et à la commission supérieure, un major île la garde royale et un médecin; les médecins n'ont pas voix délibérative.

Des opérations du recrutement.

Tout homme, assujetti au service militaire, doit se présenter dans le district de recrutement où il a son domicile personnel.

Tous les ans, les communes dressent des listes de recensement, d'après les registres des naissances et d'après les déclarations, qui doivent être faites sous peine d'amende; ces listes servent de base au travail des commissions de recrutement. On ajoute sur ces listes aux jeunes gens qui accomplissent, à partir du I er janvier, leur vingtième année, les jeunes gens des trois classes précédentes, qui ont été laissés dans leurs foyers et sur le sort desquels il n'a pas encore été prononcé ; ces hommes, dits dans leurs années de concurrence, sont fort nombreux, attendu que, usant de cette faculté d'ajournement, l'autorité n'hésite pas à n'appeler sous les drapeaux que des sujets complètement formés.

C'est ainsi que, dans la pratique, les jeunes gens convoqués pour la

DE L AHMÉE. ino

première fois, autrement dit ceux qui se trouvent dans leur première année de concurrence, leur vingtième, ne fournissent que la moitié environ de la levée annuelle, l'autre moitié se compose d'hommes de 21 à 22 ans, c'est-à-dire d'ajournés qui doivent quand même, il faut bien le remarquer, trois années de service. A la fin de la troisième année de concurrence, les jeunes gens qui n'ont pu, en raison du grand nombre, être incorporés dans l'armée active, sont classés dans la réserve du recrutement (Ersatzrcseroc).

L'opération de recrutement comprend la révision et la levée des hommes.

La révision se passe devant la commission de recrutement qui peut de son propre chef, prononcer des ajournements et trancher les questions qui lui sont soumises.

La levée des hommes est faite par la commission supérieure de recrutement, qui prononce définitivement.

En temps de guerre, la révision et la levée des hommes rassortissent à une seule et môme autorité.

La commission de recrutement se transporte successivement dans les localités où sont réunis les conscrits ; elle les examine sous le rapport de leur aptitude physique, de leur position judiciaire, de leurs titres à la dispense ou à l'ajournement en raison de certaines positions ou fonctions déterminées.

Elle arrive ainsi à classer les conscrits en quatre catégories La première catégorie comprend les jeunes gens qui présentent les aptitudes requises ; ceux-là seuls tirent au sort, et leur numéro de tirage indique le rang dans lequel ils peuvent être appelés sous les drapeaux.

La deuxième catégorie comprend ceux dont l'incapacité est absolue soit pour défaut physique, soit pour indignité (réclusion, perte de^ droits civils).

La troisième catégorie comprend ceux dont l'incapacité n'est que relative ; Us sont classés dans la réserve du recrutement.

La quatrième catégorie comprend ceux dont l'incapacité est jugée temporaire ; Us sont ajournés une ou plusieurs fois et, en casd'incapa-

l'empiue allemand.

Efl

cité persistante, classés, après la troisième année de concurrence, dans la réserve du recrutement (Ersatzvcserve).

Après avoir procédé au tirage au sort, la commission de recrutement désigne les armes dans lesquelles les hommes devront servir.

Comme ses décisions ont besoin d'ôtre sanctionnées par la commission supérieure de recrutement, elle lui adresse les listes nominatives des hommes à incorporer.

La commission supérieure de recrutement revise le travail en se transportant dans les diverses localités et dresse, après nouvel examen, un état définitif des hommes reconnus aptes à être appelés sous les drapeaux.

Dès lors, le commandant du district de bataillon de landwehr envoie aux divers corps de troupe un état des recrues qui leur sont destinées ; ces recrues font partie du Beurlaublenstand (hommes à la disposition) et sont appelées ultérieurement sous les drapeaux de façon à maintenir les effectifs au complet du pied de paix.

Les recrues non incorporées au moment de l'appel de la classe, peuvent, jusqu'au 1 er février de l'année qui suit leur dernière année de concurrence, être appelées dans les rangs de l'armée active ; elles font partie jusqu'à cette date du recrutement complémentaire (Nachersatz).

Il est à remarquer que le service du recrutement établit un livret pour chaque homme dès sa première année de concurrence, c'est-àdire la première fois qu'il se présente devant la commission de recrutement ; ce livret reste entre les mains de l'homme, qui le produit quand il est tenu de justifier de sa situation au point de vue des obligations militaires.

Chaque année un rapport sur les opérations du recrutement est présenté au Conseil fédéral et au Reichstag.

L'armée active se recrute aussi par les engagements volontaires et les rengagements.

Engagements volontaires.

Tout jeune homme ayant 17 ans accomplis peut contracter un engagement de 3 ans et choisir sou arme et son corps de troupe.

de l'ahmék.

Les engagés volontaires dans la cavalerie doivent servir pendant i ans; on leur accorde un supplément de solde pendant la quatrième année de service, une réduction de 2 ans dans le service de la landwehr et la dispense des exercices auxquels sont appelés les réservistes.

fl

Engagements volontaires d'un an.

Les jeunes gens âgés de 17 à 20 ans, qui justifient d'une certaine instruction, peuvent être admis au privilège du volontariat d'un an. Des sursis d'appel peuvent être accordés jusqu'au 1 er octobre de l'année où le jeune homme atteint l'âge de 23 ans, et même, dans certains cas exceptionnels (par exemple, pour les étudiants en médecine), jusqu'au 1 er octobre de l'année où il a 27 ans.

Les volontaires choisissent leur régiment et, par suite, peuvent demandera faire leur année de service dans une ville d'université.

Pendant leur année de service, les volontaires doivent s'entretenir à leurs frais, c'est-à-dire se nourrir, se loger et acheter dans les magasins du régiment les effets de grande et de petite monture. Les armes leur sont livrées gratuitement ; l'État leur donne également un cheval, dans la cavalerie, l'artillerie et le train, moyennant paiement d'une somme de 500 fr. dans la cavalerie et l'artillerie à cheval, de 187 fr. 50 c. dans l'artillerie montée et le train.

Le père du volontaire, ou à défaut le tuteur, doit, outre son consentement, s'engager par écrit à fournir les sommes nécessaires à ces dépenses ; il déclare qu'il est en état et qu'il a l'intention de donnera son fils ou pupille assez d'argent pour mener une existence conforme à sa situation.

Le candidat au volontariat doit produire un certificat de moralité.

L'instruction nécessaire pour être admis au privilège du volontariat est constatée, soit par un certificat scolaire, soit par un examen spécial passé devant une commission. Le certificat scolaire peut être : le certificat de maturité, obtenu aux termes des études dans les gymnases ; le certificat de sortie des progymnases, des réalprogymnases ou des Ober-Hcalschulcn ; le certificat de sortie des Hôhere Bûrgerschvlen

l lmimhl allemand.

ou des Realst hulen ; enfla Le certificat de maturité pour la seconde supérieure, accordé dans les Irois premières catégories d'établissements d'instruction précités.

Le certificat scolaire, quel qu'il soil, suppose au minimum six années de scolarité et, à moins d'une permission spéciale, doit avoir été obtenu avant le 1" février de l'année Ou le jeune homme atteint 1 âge de 20 ans.

Peuvent être dispensés, à titre exceptionnel, de toute, preuve autre de leur instruction, les jeunes gens qui se sont distingués particulièrement dans quelques branches des sciences, des aris, de l'industrie ou du commerce, ainsi que les artistes dramatiques d'nn théâtre de la cour.

Quant à l'examen passé devant la commit -l a la fois un exa-

men de langue et un examen scientifique. I.e candidat doit prouver qu il connaît, outre la langue allemande, deux de- quatre langues latine, grecque, française ou angla m choix, et faire preuvo de connaissances suffisantes en histoire, géographie, littérature allemande. mathématiques, Bciencee naturelles.

L'examen comprend un examen oral et trois épreuves écrites : récit ou dissertation en allemand, exercice de traduction dans les deux langues choisies par le candidat, solution d'un problème.

La commission d'examen se compose du premier membre civil de la commission supérieure de recrutement, comme président, de deux

officiers supérieurs ou capitaines et d'un membre de l'administration civile. Bile peut s'adjoindre de- professeurs d'établissements supérieurs d'instruction, à titre de membres extraordinaire-.

Les examens et l'entrée au régiment ont lieu deux fois par an.

(in peut dire qu'en moyenne la proportion des volontaires munis de certificats d'études, par rapport à ceux qui passent l'examen, est de 94.5 p. 100 contre 5.5 p. 100.

Les étudiants en médecine jouissent du privilège de ne faire que six mois sous les armes et d'aller passer les six autres mois dans un hôpital militaire; ceux qui SB destinent à la pharmacie ou au service vétérinaire peuvent obtenir des avantages analogues.

On compte annuellement G,0Û0 a 7,000 volontaires d'un an.

DE L'ARMÉE

Les volontaires d'un an reçoivent dans l'armée une instruction spéciale, qui les met à môme de devenir officiers ou sous-officiers de réserve. Après six mois de présence au corps, ils peuvent être promus Gefreite.

A la fin de leur année de service, ils passent un examen, au succès duquel sont attachées l'obtention d'un certificat de capacité pour le grade d'officier de réserve et la nomination immédiate au grade de sous-officier.

Pendant l'année qui suit la libération, les volontaires d'un an, ainsi nommés sous-officiers, sont appelés à une période d'exercices de huit semaines, à l'expiration de laquelle ils peuvent être promus vice-sergentmajor (Yice-Feldwebel) ou vice-maréchal des logis chef (Vice-Wachtmeister). Tous les ans, il est fait parmi eux environ 1,000 nominations au grade de second-lieutenant de réserve ; en cas de mobilisation, ils doivent tous se présenter sous les drapeaux, et la plupart sont nommés officiers,

Des rengagements.

Les hommes qui ont terminé leur temps d'activité, peuvent se rengager pour un an, deux ou trois ans, avec l'autorisation du chef de corps.

Sauf dans la cavalerie, où l'on admet des rengagements d'un an sans conditions, il faut, pour être autorisé à se rengager, être à même d'être nommé Ce fixité et plus tard sous- officier.

Des congés du roi.

Le renvoi dans leurs foyers d'un certain nombre d'hommes, à la fin de In deuxième année de service, choisis parmi les plus instruits et les plus méritants, a déjà été signalé ; ces hommes reçoivent ce que l'on appelle un congé du roi, et peuvent être rappelés pendant le cours de leur troisième année de service, année pendaut laquelle ils sont classés

dans le Beurlaubtcnsland (position d'hommes en congé à la disposition de leur corps).

En délivrant ces congés, l'autorité militaire allemande se donne la possibilité d'incorporer et d'instruire un nombre de recrues plus considérable qu'il n'est nécessaire pour maintenir les effectifs de paix votés par le Parlement.

Il ne faut pas voir dans l'application de cette mesure un expédient destiné à procurer des économies, mais bien un fait voulu, calculé et hautement avoué, qui a pour résultat d'obtenir annuellement un plus grand nombre d'hommes instruits.

Ces congés sont très rares dans la cavalerie et dans l'artillerie à cheval.

De la réserve et de la landwehr.

Quand les soldais ont achevé leur temps de service de l'armée active, ils passent dans la réserve pour-i ans et ensuite dans la landwehr pour 5 ans. Les réservistes et les hommes de la landwehr sont des soldats ayant reçu une instruction militaire complète pendant 2 ou 3 ane ; ils servent à renforcer l'armée active.

Les réservistes et les hommes de la landwehr ne sont soumis aux lois militaires qu'en cas d'appel sous les drapeaux ; ils peuvent se marier sans l'autorisation de l'autorité militaire; ils doivent donner avis au sergent-major (Fddivebel) du district de compagnie de leurs changements de domicile et obtenir une autorisation pour voyager à l'étranger ; on ne peut leur refuser le droit d'émigrer.

Tout réserviste, pendant les années qu'il passe dans la réserve, est astreint à deux périodes d'exercices, chacune d'une durée maximum de huit semaines. Les hommes de la landwehr peuvent être convoqués à deux exercices de huit à quatorze jours. Dans l'infanterie, ils sont formés pour ces exercices en bataillons ou compagnies distinctes; dans les autres armes, ils sont versés dans les corps de troupe de l'armée active. Toutefois, les hommes appartenant à la cavalerie de la landwehr ne sont pas convoqués pour des exercices en temps de paix.

DE L'ARMÉE

On peut appeler à des réunions de contrôle, revues d'appel ne nécessitant que des déplacements de 24 heures, les hommes de la landwehr une fois par an et ceux de la réserve et du Beurlaubtenstand deux fois par an. Les hommes sont définitivement libérés du service de la réserve ou de la landwehr à la réunion tenue par l'assemblée de contrôle au printemps ou à l'automne.

Les officiers de la réserve peuvent, pendant les années qu'ils passent dans la réserve, être convoqués trois fois à des exercices de quatre à huit semaines.

Les officiers de la landwehr ne sont convoqués que pour les exercices des troupes de la landwehr.

On comprend, sous la dénomination d'officiers du Beurlaubtenstand, les officiers de la réserve et de la landwehr; ils se recrutent d'hommes qui ont quitté le service actif munis du certificat d'aptitude au grade d'officier de réserve ou qui l'obtiennent plus tard, les volontaires d'un an fournissant l'appoint le plus considérable, d'officiers qui quittent le service actif avant l'expiration du temps de service légal, d'hommes qui se signalent devant l'ennemi.

On trouve encore sur les contrôles des commandants de districts de landwehr la catégorie des officiers dits à la disposition ; elle se compose d'anciens officiers de l'armée, jouissant pour la plupart d'une pension de retraite et ayant obtenu de l'Empereur, par faveur spéciale, d'être mis à sa disposition, au lieu d'être rendus complètement à la vie civile. Ces officiers jouissent de certains privilèges honorifiques, continuent à porter l'uniforme et peuvent être employés en cas de mobilisation.

Du « Beurlaubtenstand ».

Les hommes Au Beurlaubtenstand peuvent être appelés sous les drapeaux à tout moment, pour combler les vides qui se produisent dans les effectifs; font partie de cette catégorie, du mois de novembre au 1 er février, les hommes jugés et classés bons pour le service, les hommes en congé jusqu'au moment de leur passage dans la réserve. En cas d'une augmentation nécessaire des effectifs, les hommes du Beur-

Tin

laubtensland sont appelés sous les drapeaux par ordre de classes d'âge la plus jeune étant appelée la première.

De la réserve de recrutement (Ersatz-Réserve).

La réserve de recrutement comprend les hommes reconnus bons pour le service actif, mais n'ayant pas été incorporés du 1 er novembre au 1 er février, en raison de l'élévation de leur numéro de tirage, les dispensés eu égard à certaines situations de famille et de profession ou à une incapacité provisoire, les jeunes gens dont l'inaptitude physique n'est pas absolue.

Environ 132,000 hommes sont classés chaque année dans la réserve de recrutement.

La réserve de recrutement est divisée en deux classes: la première comprenant les hommes propres au service actif, la seconde compren ant les hommes dont l'inaptitude n'est pas absolue, et permet deles utiliser dans une certaine mesure en temps de guerre.

La première classe est destinée à compléter, au moment de la mobilisation, les formations de dépôt et de garnison (Ersatzlruppen).

Les hommes qui la composent sont astreints à des services annuels," dans l'infanterie et dans l'artillerie à pied seulement, au nombre de quatre, et dune durée maximum de dix semaines pour la première année, de quatre semaines pour la seconde, de deux semaines pour la troisième et la quatrième.

Le chiffre des hommes à appeler pour ces exercices est fixé annuellement par la loi du budget. On a convoqué jusqu'ici environ 40,000 hommes chaque année.

La deuxième classe est affranchie de toute obligation militaire en temps de paix; en cas de guerre, elle peut, s'il se présente des besoins extraordinaires, être appelée, sur l'ordre de l'Empereur, à renforcer l'armée.

Les hommes de la l re classe doivent avertir l'autorité militaire chaque fois qu'ils changent de domicile, et se tenir prêts à toute éventualité de mobilisation.

DE L'ARMÉE

L'obligation au service dans la l re classe dure jusqu'à 31 ans révolus pour les hommes exercés, et pour les hommes non exercés seulement pendant 5 années, après lesquelles ils passent dans la 2 e classe jusqu'à la trente et unième année accomplie.

A l'âge de 31 ans révolus, tous les hommes de la réserve de recrutement passent directement dans le landsturm, sans jamais compter dans la réserve de l'armée active ni dans la landwehr.

Du landsturm.

Wa

Le landsturm se compose de tous les hommes assujettis au service militaire, de l'âge de 17 ans accomplis à celui de 42 ans accomplis, qui n'appartiennent ni à l'armée ni à la marine.

Il n'est réuni que lorsque l'ennemi menace d'envahir ou envahit une des parties du territoire de l'Empire. La levée du landsturm a lieu en vertu d'une ordonnance impériale, qui détermine en même temps l'étendue de la levée. En cas de besoins extraordinaires, les troupes de la landwehr peuvent être complétées à l'aide des hommes compris dans la levée du landsturm.

Tant que la levée du landsturm n'a pas eu lieu, les hommes qui y sont assujettis ne peuvent être soumis à aucune inspection ni à aucun exercice militaire.

Des districts de bataillon de landwehr.

Au commandant de district de bataillon de landwehr incombe un rôle complexe ; il est chargé, au point de vue du recrutement, des opérations de formation, de répartition et de mise en route des recrues ; il est la première autorité de landwehr et exerce un contrôle supérieur sur les réserves ; il est chargé de l'administration et du contrôle des officiers du Deurlaubtenstand ; il sert d'intermédiaire entre les corps de troupe et les hommes du Beurlaublenstand; il est chargé du service des invalides ; il a la surveillance du magasin renfermant le matériel, l'habillement et l'armement du bataillon de landwehr.

202 l'kmpire allemand.

Au moment de la mobilisation, le commandant du district de bataillon de landwehr a pour mission de diriger sur les corps de troupe les hommes nécessaires pour les mettre sur le pied de guerre, et de concourir à l'organisation du bataillon de landwehr.

Le district de bataillon de landwehr est divisé en districts de compagnie, au nombre de quatre généralement; dans chacun d'eux réside un sergent-major (Fetdwebet) de district, qui sert d'intermédiaire entre les commandants de district et de bataillon et les habitants relevant à un litre quelconque de l'autorité militaire.

Le personnel d'un district de bataillon de landwehr comprend : 1 officier supérieur pensionné, 1 lieutenant-adjudant, i à sergents-majors, ? sergents, 2 ou 3 sons-officiers, i Crfrcite, 3 ou •'/ soldats. On emploie dans les commandements de districts de bataillon de landwehr 348 officiers, 2,50.") sons-officiers, 2,258 soldats.

Les commandants de districts de bataillon de landwehr sont placés .-uns la direction et le contrôle des commandants de brigade d'infanterie qui, pour ce service, relèvent directement des commandants de corps d'armée.

L'ensemble du territoire de l'Empire d'Allemagne est partagé en 70 circonscriptions de brigade, 270 districts de bataillon de landwehr, 1,139 districts de compagnie.

De la hiérarchie militaire.

Recrutement et avancement.

Les différents échelons de. la hiérarchie militaire sont classés dans les catégories suivantes: soldats, sous-officiers, officiers subalternes, capitaines, officiers supérieurs, officiers généraux, employés militaires.

Des soldats.

Il y a deux catégories de soldats, mais on peut dire que c'est le soldat de r e classe qui constitue la règle, tandis que celui de 2 e classe

DE L ARMEE

constitue l'exception. Tout soldat (Gemeim) est de 1" classe et le passage à la deuxième est considéré comme une punition très sévère, ayant le caractère d'une dégradation.

Puis vient la position de Gefreite ou appointé, laquelle n'est pas un grade, mais un intermédiaire entre celle du soldat et du sous-officier.

Auxiliaire du sous-officier, le Gefreite en remplit les fonctions par intérim et accomplit ainsi une sorte de stage; s'il est jugé apte, il est admis à se rengager et devient sous-officier, sinon il passe avec sa classe dans la réserve. On peut être nommé Gefreite après 6 mois de service.

Des sous-officiers.

La classe des sous-officiers comprend les grades suivants: sous-oflicm-(U)Ueroffizier), sergent (Sergeant), enseigne porte-épée (Porte-Epee Fàhnrich), vice-sergent-major (Vice-Feldtoebel), et vice-maréchal des logis chef (Vice-Wachtmcister), sergent-major (Feldloebet), maréchal des logis chef (Wachtmeister) .

Le recrutement des sous-ofliciers se fait par les corps de troupe ou par les écoles. Tout appointé ou simple soldat peut, s'il a servi 3 ans et s'il contracte l'obligation de servir en qualité de rengagé (Kapitulant), être nommé sous-officier.

Les écoles de sous-officiers reçoivent gratuitement les jeunes gens ûgés de 17 à 20 ans, qui veulent se consacrer à l'état militaire comme sous- officiers sans prétendre à l'épaulette.

Ces jeunes gens restent 3 ans à l'école. A leur sortie de l'école, ils sont employés dans les corps de troupe, les plus méritants comme sous-officiers, les autres comme appointés ou simples soldats ; cette dernière catégorie passe généralement au grade de sous -officier dans le courant de l'année qui suit l'incorporation dans les corps de troupe.

VU utero fjizier et le sergent remplissent les mêmes fonctions et l'avancement de l'un à l'autre grade a lieu à l'ancienneté.

Les autres sous-officiers portent la dragonne d'officier (porte-épée).

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