C. — Les troupes du landsturm (Landsturm-Truppen
A l'une et à l'autre armée appartiennent des formations pour le service des étapes et des chemins de fer, des commandements avec leurs états-majors et des administrations ou services.
Après que l'armée a été mobilisée, sa formation est déterminée par l'ordre de bataille de l'armée de campagne et par un état d'emplacement de l'armée de garnison, arrêtés par l'Empereur.
Un plan de mobilisation prévoit toutes les mesures à prendre dès le temps de paix, aussi bien qu'après la réception de l'ordre de mobilisation, pour assurer le passage de l'armée du pied de paix au pied de guerre.
Pour les troupes de campagne, le corps d'armée est composé de deux divisions. La division compte : deux brigades, chacune à 2 régiments à 3 bataillons ; un régiment de cavalerie, à 4 escadrons ; un groupe (Ablhcilung) de i batteries montées ; une ou deux compagnies de pionniers ; un équipage de pont.
L'une des deux divisions a, en outre, un bataillon de chasseurs.
Le corps d'armée est complété par une artillerie de corps, des colonnes de munitions et du train.
l'empire allemand.
En dehors de la cavalerie des corps d'armée, il existe des divisions de cavalerie indépendantes, comprenant 3 brigades à 2 régiments, avec une AbtheUung de 3 batteries à cheval.
Sur le pied de guerre, un régiment d'infanterie comporte : 5 officiers supérieurs, 64 officiers subalternes, 3,096 hommes, 134 chevaux, 28 voitures.
Toute l'infanterie allemande est armée du fusil Mauser, modèle 1871, avec une hausse graduée jusqu'à 1,600 mètres, et porte 80 cartouches par homme; les hommes non armés d'un fusil (sergents-majors, conducteurs, tambours, etc.) ont un revolver.
Dans chaque régiment, on trouve : portés par les hommes, 1,200 petites pelles, 120 pics, 60 haches; sur des voitures, 162 grandes pelles, 54 pioches, 36 cognées, 82 haches.
La charge du soldat d'infanterie est évaluée à 3 1 ou 32 kilogr.
Le régiment de cavalerie, à 4 escadrons, comporte : 2 officiers supérieurs, 21 officiers subalternes, 018 hommes, 711 chevaux, 8 voitures.
Les batteries ont : 6 pièces, 8 caissons, 3 chariots de batterie, 1 forge, avec attelages à 6 chevaux.
Les pionniers allemands sont constitués en 19 bataillons à 4 compagnies, et disposent de 3 équipages de pont. Chaque bataillon du train mobilise :
Un état-major, 5 colonnes d'approvisionnement portant 4 jours de vivres {Proviant-Kolonnen), 5 colonnes des convois de subsistances (Fuhrpark-Kolonnen), I colonne de boulangerie, 3 détachements sanitaires, 1 dépôt de chevaux; enfin, une deuxième colonne des convois des subsistances est mobilisée pour le service des étapes.
Les 5 colonnes d'approvisionnement transportent habituellement 4 jours de vivres de réserve.
Les 5 colonnes des convois de subsistances d'un corps d'armée sont des magasins mobiles destinés, soit à ravitailler les colonnes d'approvisionnement, soit à remplir le môme rôle que ces dernières.
Elles sont mobilisées avec des soldais du train et des voitures de réquisilion. La colonne de boulangerie de campagne comprend deux
DE L ARMEE
seclions : la première fabrique le pain ou le biscuil; la seconde conduit les troupeaux sur pied, abat les bêles et les débite.
Les 3 détachements sanitaires, 1 par division d'infanterie, 1 à la disposition du commandant en chef et affecté à l'artillerie de corps, sont chargés de ramasser les blessés sur le champ de bataille et d'assurer leur transport aux lazarets de campagne.
Comme, sous le nom d'Eiserne Portion (portion de fer), on confie à chaque homme 3 jours de vivres de réserve, le corps d'armée allemand dispose des approvisionnemenls suivants :
A. — Vivres de réserve (Eiserne Portion), 3 jours de vivres et 1 à 3 jours d'avoine.
B. — Sur les équipages irréguliers des corps, 1 jour de vivres.
C. — Sur les 5 colonnes d'approvisionnement, 4 jours de vivres.
D. — Sur les 5 colonnes des convois de subsistances, 9 jours de vivres et 7 jours d'avoine.
Soit un total de 17 jours de vivres, avec 1 à 3 jours d'avoine; ou 8 jours de vivres avec 8 à 10 jours d'avoine.
A chaque corps d'armée on affecte des administrations :
Des intendances, comprenant une intendance de corps d'armée et 3 intendances divisionnaires ;
Une caisse de guerre, chargée de procéder, au nom d'une caisse centrale, placée à Berlin sous la dépendance du ministre de la guerre, à toutes les recettes et dépenses ;
Un service des subsistances comprenant : un service principal des subsistances, Irois services divisionnaires, un service de boulangerie de campagne ;
Un service médical comprenant : la direction du service et 12 lazarets de campagne ;
Un service de la poste de campagne composé d'une agence de poste de campagne et de 3 bureaux expéditionnaires ;
Un service de l'auditorat (justice militaire) ;
Un service de l'aumônerie.
Il est constitué dans un corps d'armée mobile : 1 commandement de corps d'armée, 2 commandements de division d'infanterie, 1 comman-
l'empirb ALLEMAND.
deraenl de brigade d'artillerie, -i commandements de brigade d'infanterie; et dans cbaque division de cavalerie indépendante, 1 commandement de division et ? ou 3 commandements de brigade.
Au chef d'état-major du corps d'armée sont subordonnés directement • les officiers de l'état-mnjor, ceux de VAdjudantur, les commandants de la garde d'état-major et de la gendarmerie de campagne, le maître des postes de campagne.
Les troupes de réserve de campagne sont formées :
1° D'éléments appartenant à l'armée permanente et à la réserve ;
2° D'éléments constitués avec les hommes des plus jeunes class'es de la landwebr.
Les Allemands constituent ainsi des divisions de réserve mobiles, ayant une composition analogue à celle des divisions de première ligne.
Les ressources du recrutement permettent de constituer 18 divisions et demie de réserve, et laissent encore disponibles 83 bataillons.
Dans les armes spéciales, comme l'artillerie, les pionniers, les chasseurs, où la réserve et la landwehr marchent sans distinction, la landwehr est incorporée dans les corps ; tandis que, dans l'infanterie et la cavalerie, elle forme des unités distinctes.
Les formations spéciales de campagne comprennent : l°Le parc de munitions de campagne et les dépôts principaux de munitions, mobilisés par les régiments d'artillerie de campagne ;
2" Les équipages de siège d'artillerie, organisés par les depuis d'artillerie et les troupes de l'artillerie à pied ;
3° Les sections télégraphiques, mobilisées par le corps des ingénieurs et les bataillons de pionniers ;
i" Les équipages de siège du génie, mobilisés par le corps des ingénieurs et les bataillons de pionniers.
Pour relier l'armée d'opérations à la mère patrie, on a organisé le service de l'inspection générale des étapes et des chemins de fer.
On place a sa tète un inspecteur général, du grade dégénérai-lieutenant, qui marche avec le grand quartier général et qui a la direction d'ensemble des services suivants : service des étapes, service des chemins
DE L'ARMÉE
de fer, administration militaire, service sanitaire de campagne, télégraphie d'étapes, service des postes de campagne.
L'inspecteur général des étapes et des chemins de fer, centralisant la direction des services de l'arrière, en se conformant aux instructions générales qu'il reçoit du chef d'ét.at-major général de l'armée, exerce cette direction par l'intermédiaire d'organes directeurs spéciaux, savoir:
1° Pour diriger le service des étapes :
A. — Un état-major particulier;
B. — Une inspection d'étapes par armée composée de plusieurs corps d'armée, ou par corps d'armée opérant isolément.
Des gouvernements généraux peuvent être établis sur les portions de territoire conquis.
2° Pour la direction du service des chemins de fer sur le théâtre des opérations , et pour la direction des transports militaires sur les lignes ferrées de l'intérieur :
Le chef du service des chemins de fer.
3° Pour la direction de l'ensemble des services administratifs sur le théâtre de la guerre :
L'intendant général de l'armée.
4° Pour la direction de l'ensemble du service de santé sur le théâtre de la guerre :
Le chef du service médical de campagne.
5° Pour la direction de la télégraphie d'étapes :
Le chef de la télégraphie militaire.
6° Pour l'installation et l'entretien des communications postales entre l'armée et la sphère d'action des administrations postales de l'intérieur, et pour la surveillance du service des postes du campagne :
Le maître général des postes de campagne.
À la tète du service des étapes d'une armée composée de plusieurs corps d'armée, ou d'un corps d'armée opérant isolément, est placé un officier général avec le titre d'inspecteur des étapes.
11 relève d'une part de l'inspecteur général des étapes et des chemins de fer, d'autre part de son général en chef.
l'empire ALLEMAND.
Les organes d'exécution pour une inspection d'étapes d'armée sont les suivants :
Un état-major de l'inspecteur, un commandement de gendarmerie, une intendance d'étapes, une direction du service médical, une direction de la justice militaire, un payeur, une direction du service vétérinaire, une direction des télégraphes d'étapes, une direction des postes, un personnel d'administration civile, e! un certain nombre de commandantures.
A la tétc de la direction du service des chemins de fer se trouve un Officier général ou supérieur, avec le titre de chef du service des chemins de fer de campagne ; placé sous la direction de l'inspecteur général des étapes et des chemins de fer, il dispose :
D'un état-major; des directions militaires de chemins de fer, auxquelles sont adjointes des intendances; de la section des chemins de Ter du grand état-major général restant sur le territoire ;
Des commandantures de lignes;
Des commandantures de gares de chemins de fer.
A la tête de chacune des armées est placé un quartier général composé des éléments suivants :
Le commandant en chef, avec un étal-major comprenant un chef d'élat-major, assisté d'un quartier-maître supérieur pour les questions de détails et de matériel, un certain nombre d'officiers d'état-major et d'Xdjudantur,-
Un général commandant l'artillerie;
Un général commandant le génie;
Un intendant d'armée;
Un médecin général;
Un auditeur d'armée;
Un commandant de quartier général, avec garde d'état-major et détachement de gendarmerie;
Un bureau d'expédition des postes;
Un détachement de chasseurs à cheval de campagne.
Le grand quartier général de l'Empereur généralissime est constitué avec les éléments suivants :
DE L'ahMÉE.
L'Empereur et sa suite, son cabinet militaire, son Adjudantur, l'étatmajor général, le ministre de la guerre, l'inspecteur général de l'artillerie, l'inspecteur général du génie, l'inspecteur général des étapes et des chemins de fer, le chef du service des chemins de fer, l'intendant général, le chef du service médical, le chef de la télégraphie militaire, le maître général des postes.
Le chef d'élat-major général a, comme premier adjoint et remplaçant éventuel, le quartier-maitre général, chargé des détails et du matériel.
En campagne, l'Empereur a auprès de lui une garde formée d'un homme de chaque bataillon et de chaque escadron de l'armée.
Sauf pour les régiments de cavalerie, qui ont un 5 e escadron, il n'existe pas de dépôt en temps de paix, les dépôts sont formés au moment de la mobilisation, par les hommes du Beurlaubtenstand, de la réserve, et de la réserve du recrutement.
Le landsturm comprend les hommes de 17 à 52 ans qui n'appartiennent ni à l'armée ni à la marine ; il peut élre appelé sur l'ordre de l'Empereur ; il est destiné à compléter les formations de la landwehr, à la remplacer pour la défense du territoire.
Les autorités militaires, qui pour la plupart marchent avec l'armée de campagne, sont remplacées sur le territoire par des militaires en retraite, et ces commandements ou autorités administratives sont dénommés intérimaires (commandement intérimaire de corps d'armée, intendance intérimaire de corps, etc.).
Fonds des invalides.
Fondé par la loi du 23 mai 1873, le fonds des invalides, prélevé sur l'indemnité de guerre française, est destiné à assurer le service des pensions et secours accordés aux victimes de la guerre 1870-1871. Cette caisse a une administration spéciale, indépendante de l'office des finances de l'Empire; placée sous la direction du chancelier et sous le contrôle de la commission des dettes de l'Empire, elle se compose de trois membres ordinaires nommés pour trois ans par le Conseil fédéral et d'un président nommé à vie par l'Empereur.
Doté primitivement d'une somme de 700 millions, ce fonds est converti en valeurs mobilières, fonds d'État, obligations de chemin de fer garanties par l'État, valeurs étrangères. A mesure de l'extinction des pensions, des lois spéciales doivent indiquer l'emploi des excédents.
Les victimes de la dernière guerre reçoivent annuellement environ 28 millions, celles des guerres antérieures i millions, et on accorde aussi des subventions aux décorés de la Croix de fer.
Fonds de construction des forteresses.
A l'administration du fonds des invalides on a rattaché l'administration d'un fonds spécial, destiné à faire face aux frais de construction des forteresses de l'Empire, fonds sur lequel les lois annuelles de finance prescrivent les prélèvements nécessaires pour faire face aux besoins de complément et d'amélioration dans le système de défense du territoire allemand.
Trésor de guerre.
Le trésor de guerre, déposé dans la citadelle de Spandau, s'élève à la somme de 150 millions en monnaie d'or allemande ; ce fonds, constitué par la loi d'Empire du 11 novembre 1871, toujours disponible et ne produisant pas d'intérêts, est destiné à parer aux éventualités d'une entrée en campagne.
L'administration du trésor de guerre de l'Empire est conliée au chancelier sous le contrôle de la commission des dettes de l'Empire; elle comporte comme employés spéciaux un curateur, directeur de la section des finances à l'office de la chancellerie, un gérant ou caissier (Rendant) et un contrôleur.
Les seules dépenses auxquelles ce fonds spécial peut être affecté, sont celles ordonnées par l'Empereur et les deux Chambres de l'Empire, à la condition qu'elles aient pour but la mobilisation de l'armée.
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DE L'ARMÉE
Fonds dit d'état-major.
Une loi de l'Empire a mis en 1877 à la disposition de l'Empereur une somme de 375,000 fr. prélevée sur les bénéfices nets de l'ouvrage du grand état-major, la Guerre franco-allemande de 1870-187 1, à l'effet de constituer une fondation, dont les intérêts seraient employés à développer les connaissances scientifiques militaires et à accorder certains secours aux officiers del'état-major.
La fondation prit le nom de fondation d'état-major; elle s'applique aux armées prussienne, bavaroise, saxonne et wurtenibergeoise ; un tiers des revenus est employé à soutenir dans leur vocation les officiers et les employés de l'état-major de ces armées, qui sont sans fortune; à fournir des secours à ces officiers ou à leurs survivants, en cas de perte de fortune, de maladie ou de mort; les deux autres tiers sont consacrés aux dépenses qu'entraînent les travaux militaires scientifiques et historiques du grand état-major.
L'administration de la fondation appartient au chef d'état-major de l'armée prussienne, secondé par une commission dont il nomme les membres.
Les titres et les valeurs constituant le capital sont déposés dans la caisse militaire générale à Berlin.
Le chef d'état-major statue, la commission entendue, sur l'emploi des revenus, en reportant sur l'année suivante ceux qui ne sont pas employés dans le courant d'une année. Les comptes sont soumis à la révision de la Cour des comptes de l'Empire.
En 1884, une nouvelle loi disposa que tous les bénéfices nets réalisés, ou qui pourraient être réalisés à l'avenir sur la vente de l'ouvrage, seraient attribués à la fondation d'état-major, laquelle dispose actuellement d'un revenu annuel de 35,000 fr. environ, avec un capital de 800,000 fr.