LIVRE II, CHNP. 5, DE l'oBSTACLE
pas un. dogme, d'une loi qui n'est pas une loi; tout fût dit pour Tautoritë du catéchisme d*0iner*Nessefy, pour la lëgalilë du code d'Ibrahim-Haleby» Mais nous n'allons pas jusque-là. Nous n'avons voulu qu'assigner avec exactitude, la puissance et les ressour.ces de la jurispru* dence en Turquie. Sur ce point du reste, Ton ne saurait aller plus Join que le code islamique et son dernier rédacteur. Ibrahim-Halebj place confusément au même niveau, la jurisprudence et la loi, «L'étude du droit, dit-il, la connais- « sancc des lois sacrées, et l'exercice de la juif risprudence mahométane, font la partie la <i plus noble, la plus excellente, la plus auguste « du culte et de tout l'ensemble des pratiques « religieuses. C'est la première de toutes les K sciences, une doctrine sainte et lumineuse, « un lien fort et sacré entre Dieu et l*homme. « C'est enfin le don héréditaire et le patrimoine i< le plus précieux des prophètes et des envoyés « célestes. » Le codeMoulteka même protège de ses extrêmes pénalités, la doctrine jurisprudentielle à l'égal du dogme et de la loi. Blasphémer contre la religion , blasphémer contre la doctrine; c'est un crime identique qui est puni de mort. Aussi la sanction pénale qui seule parait d'abord s'opposer à toute réforme dans
^jS DE LA RELIGION, DOGME ET LOI.
Fislam, acbève-t-^He d'y montrer le rôle assez facile de la jurisprudence contre les lois.
Cest pourquoi noua serions en droit de conclure dès à présent. Car le livre de Mahomet entre pour si peu dans l'islamisme militant d'aujburd'hui, qu'une prescription coeassique, laquelle n'aurait point encore passe dans le code Moulteka, n^aurait guère plus de chances d*y passer demain qu'aucune interprétation moderne du Coran. On a donne pour certain que, dans les écoles ottomanes, renseignement avait lieu sur le texte de la prophétie (i). Rien n'est plus inexact. Dans les écoles comme dans les tribunaux, les oulémas comme les juges ne citent jamais une autre Im que le code d'Ibrahim-. Haleby. Il n'est question du Coran qu'à la mosquée et dans les prières , où l'on en récite des versets et des chapitres. Au lieu d'une pure sco<f lastique qui parte du Coran et retourne au Coran, l'enseignement roule sur de volumineux traités et de gros livres de controverse , sur le catéchisme d*Omer-Nessefy et le recueil d'I-
(i) « Chez les musulmans, le texte règne, le com,meutaire est subalterné. Les écoles qui enseignent Vinterprélation da Iwre (le Coran), se bornent à une sorte de scholastique qui part de lui et retourne à lui. >» (M. Barrault)