‹ De l'Empire ottoman, de ses nations et de sa dynastie, 1841-1845Chapitre 149 sur 213 · LIVRE m, CHAP. V\ DE MAHOMET · texte numérisé non relu

LIVRE m, CHAP. V\ DE MAHOMET

manque d'hommes qui se croient plus forts que ]a religion de leur pays ; seulement il ne yaut guère la peine de les compter dans Tls* lam, vu leur petit nombre et leur peu d'influence. Ijq prophète de Dieu se trouve encore, à l'heure qu'il est , dans la croyance de tout le monde ou bien près, en Turquie. Sa fuite à Medine, Siis dangers à la Mecque , le miracle des deux pigeons et de la toile d'araignëe sont toujours lé pieux entretien de la famille musulmane (i). Ehl que de fois il nous a ëtë donne d'y prendre part, moyennant quelque glorieuse parole à la mëmoire du prophète arabe! Ce n'est pas là qu'on aurait pu découvrir le côté philoso-phique du mahomëtisme; et nous confessons que de long-temps il n'y aura de milieu , pour l'auteur du Coran, entre la gloire céleste de la prophétie et la honte humaine de l'imposture. Mais avec la gloire d'être au plus haut des sept cieux de l'Islam, avec l'avantage infini d'y rester éternellement \ajni de Dieu; tout est dit

(i) De la maison d'Eboa-Beker, Mahomet et lui viorent à la grotte de Thoor, montagne au sud-est de la Mecque. Après que Mahomet et son compagnon y furent entrés, deux pigeons vinrent pondre leurs oenfiB à rentrée, et une araignée en ferma l'ouverture avec sa toile; ce qui empêcha les koreish de regarder dedans.

pour Mahomel. Il ne vit pas dans sa religion ; il n'est dans aucune figure de l*islam ; il s'est suicide en se donnant pour le dernier des prophètes% L'autorité de Moïse a jusqu'à la fin pesë sur les Hëbreux, parce que Moïse s'est continué dans Esaïe, Zacharie et tous les prophètes, jusqu'à saint Jean% La venue successive de ces envoyés célestes, était la vie même du sacerdoce hébraïque. Si Dieu n'eût plus dû parler à personne après Moïse ; que serait devenue la foi des Hébreux , malgré le tonnerre et les éclairs du Sinaï? Otez l'assistance prop^tique, et vous supprimez THisloire sainte. Les mahométans, il est vrai, ne sont pas retournés à leur état idolâtre. C'était impossible après la reli^ gion juive. I^ philosophie non plus ne s'est point départie de ce progrès divin (i). Cela ne fait pas que Mahomet n'ait manqué grandement à sa religion. Toujours est^il que personne n a paru après lui, dans l'Islam. Et qu'est-ce qu'un prophète, à qui Dieu a retiré la parole depuis plus

(i) «Sans Moïse, il est probable que tous les efforts de la philosophie n'auraient abouti qu'à ploager le genre hamaiii, dans le pauibéisme ou l'athéisme voilé, dans lequel sont allées se perdre, de cooceit, la philosophie et la religion des Indiens. » (BenjaiiiiB Constant, de ht Religion ^ t* a^}

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