‹ De l'Empire ottoman, de ses nations et de sa dynastie, 1841-1845Chapitre 150 sur 213 · LIVRE ni, CHAP. I'% DE MAHOMET · texte numérisé non relu

LIVRE ni, CHAP. I'% DE MAHOMET

de douze cents ans? Une prëcieuse et sainte re-. liqne tout au plus, sans action ni autoritë sur les croyons. Que peut le nom d'un homme, le grand nom même de Mahomet, pour un liyre divin? Rien ëvidemment, ou trop peu de chose. La foi islamique est donc abandonnée à ses propres forces. Quoi qu'il advienne du Coran, quoi qu'il en doive advenir; il n'y a ici-, bas personne , personne ne viendra d'en-haut pour le défendre.

Si quelque chose a droit d'ëtonner profondément; c'est l'erreur unanime des écrivains et des voyageurs, qui consiste à prendre le ka-l^hat pour une continuation plus ou moins exacte de l'autoritë même de Mahomet. Sans rappeler le dogme exprès et fondamenlal (î), Qii la parole du prophète se trouve dëjà amoindrie de ^& premiers termes i v^Le kaliphat après moi sera de trente années; après ce terme, il n 'y aura que des puissances établies par la forcé, Tu^ surpation, la tyrannie; » jamais Tidëe de continuer Mahomet n'entra , un seul moment , dans l'esprit des premiers kaliphes. Mahomet n'avait cessé de répéter, dans les dernières années de sa vie, qu'il possédait quatre vizirs ou vicaires ::

(a) Voy. Part. 32 du dogme.

a84 DE MAHOMET ET DE SON LIVRE.

deux vicaires spirituels, Fange Gabriel et Tange Issraffil ; deux vicaires tendporels , Ebou-Beker et Oraar. Il avait ajoute plusieurs fois, que si un autre prophète eut dû venir après lui, dans les desseins de Dieu; Omar eut certainement été choisi pour cette mission divine. Le moyen, après cela, pour les premiers kaliphes euxmêmes, de se faire les successeurs et représentans du prophète, comme Ton dit et Ton imprime tous les jours! Tout au contraire, Ëbou- ' Beker charge de la solennité du kouthbé, 1 après la mort de Mahomet, se garde bien de monter dans la chaire, selon la coutume de Xençoyé céleste; il s'arrête à un degrë au -«dessous.. Jamais depuis il ne monta plus haut. Omar, dans la suite , se tint encore un degré plus bas. Osman renchérit sur Omar; et Aly, le dernier des kaliphes parfaits, résolut de s* en tenir là, dans la crainte d'exclure tout à fait ses successeurs de la chaire kaliphale; ce qui n'empêcha rien du reste.

On semble ignorer ce qu'a été tout d'abord le kaliphat institué par Mahomet; une espèce de lieutenance-générale à Médine, pour le besoin des expéditions lointaines du prophète. Ma<homet apparemment ne se faisait pas remplacer, dans ses communications avec Dieu ou avec

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