‹ De l'Empire ottoman, de ses nations et de sa dynastie, 1841-1845Chapitre 151 sur 213 · LIVRE III, CHAP. 1", DE MAHOMET · texte numérisé non relu

LIVRE III, CHAP. 1", DE MAHOMET

Tange Gabrle). Eh bien! le kallphat a elë après la mort du prophète , ce qu'il avait été auparavant. En veut-on une preuve de plus? Ebou-Beker, qui avait rempli cette charge à plusieurs reprises pendant la yie de Mahomet, a simplement porté son ancien titre de kaliphe du prophète de Dieu, sans autre explication. Mais le deuxième kaliphe Omar, pour empêcher toute équivoque impie dans l'avenir , changea ce titre en celui plus précis de commandeur des croyons (i) ; c'était séparer clairement l'autorité kaliphale, du principe prophétique et divin. Que les deux titres aient été réunis par la suite, il n'importe; le second n'est pas moins resté comme une explication naturelle et légitime du premier; ce qui exclut tout aussf bien Y inspiration que ]sl prophétie, dans les kaliphes. Car il n'y a pas de différence, entre l'idée banale qui continue Mahomet par le kaliphat, et le système plus ingénieux à l'aide duquel, en ces derniers temps , on a voulu faire de l'autorité kaliphale une autorité toute d'inspiration, pareille à celle qu'avaient anciennement créée les prophètes juifs (2). D'où aurait, en effet, procédé Tins-

(1) M. d'Ohsson.

(2) Mahomet n'a point apporté une religion-nou-

piration kalîptuile? Si elle yenait de Dieu, c élaii la prophétie en dëfinitiTe, plus ou moins directe seulement Si elle u*en venait pas, ce n'ëtait rien ; ce n'ëtait pâ^ surtont Tinspiratioa du sacerdoce hëbraïque, penodiquement arivëe par de nouveaux prophètes. De telle sorte que le kaliphat musulman ne ressemble pas plus à lautorite religieuse de la Judée, qu'il ne représente rautorStë directe du prophète de Dieu.

Velle, créé an pacte nouveau entre 4e ciel et la terre; il n*a pas non plas inlroduît d^instituiîons nouvelles dans l'organisalTon politique d^ peuples quUi a convertis i il a eniprunié aux livres juifs l'idée de son Dieu, sti^ traditions et l'inspiration de ses prières ; il a emprunté à la législation de Moïse la plupart de s^s ré glemens sur le mariage , l'héritage et la condition des esclaves; il a emprunté aux chrétiens son dogme du jugement dernier, de la rémunération suivant les œu-» vres, de la fraternité àt% croyans. Il a laissé aux Ardbes la circoncision, les sacrifices d'animaux, le pèlerinage de la Mecque, leurs formes de gouvernements... Mahomet ne fut donc ni un messie ni un législateur ; il fut ce qu'il se nomma lui-même, un prophète. L'autorite du kaliphat, institué par lui, fut une autorité toute d'inspiration, pareille à celle qu'avaient anciennement créée les prophètes juifs, et qui ne ressemble qu'à ceUe-Ut. {M. d'Eic/iiai.)

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