LIVRE m, CHAP. I*% DE MAHOMET. 2§I
est vrai , ne répondit pas tout-à-fait au commencement. Après la célèbre bataille de JSedr, les combats se succédèrent rapidement; et puis vinrent les grandes expéditions où le prophète allait en personne. Mais la fin de Mahomet, ce fut la conquête après la prophétie, l'œuvre arabe après l'ouvre religieuse. Le prophète se fit roi, pour fonder Tuiiité politique àes tribus arabes; et -avec cette unité , la grandeur de l'Arabie. Si Ton persiste à nommer cela du fanatisme, c'est celui de Cyrus et d'Alexandre , celui de Moïse peut-être; nous n'entendons pas le justifier. Notez seulement qu'il Ae s'agit dans tout cela , ni des juifs ni des chrétiens; il s'agit d'Arabes païens , d'Éthiopiens , de Perses , de populations rouées aux plus monstrueuses pratiques (i). Que si les chrétiens ou les juifs, les
(^i) Le» Perses, quelque temps avant Mahomet, étaient aussi tombés. dans un état de décadence, occasîoné principalement par leurs brouilleries et leurs dissensious intestines, dont la plupart étaient dues aux doctrines détestables de Manès et de Mazdak. L'opi-^ nion du premier est assez connue. Le second vécut sous le règne de Kosrou - Kobad; il prétendit être envoyé de la part de Dieu pour exhorter les hommes à avoir leurs femmes et leurs biens en commun, comme étant tous frères et descendans d'un même père. Il s'i-
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juifs surtout, se trouvent mêles aux luttes de l'Arabie ; c'est qu'ils y prennent parti. Il doit suffire , sans doute , que le prophète n'ait jamais autorise un acte de prosëlytismce sffmë, pour convertir au rdahomëtisme les juifs ou les chrëtiens.
Mahomet a fait plus. Il a dans vingt passages du Conm solennellement réprouvé cette intoleVance religieuse. «Les juifs disent: les chrétiens ne s 'appuient sur rien. Les chrétiens, de leur côté, disent: les juifs ne s 'appuient sur rien. Et cependant les uns et les autres lisent les Ecritares. Les idolâtres qui ne connaissent rien, tiennent un langage pareil. Au jour de la résurrec-' tion. Dieu prononcera entre eux sur l'objet de la dispute (ch. 2, vers. 107). — Combattez dans la voie de DieUj contre ceux qui vous feront la guerre; mais ne commettez point d'injustice, en les attaquant les premiers; car Dieu n'aime point les injustes. — * Tuez4es partout où vous
maginait que cette doctrine mettrait fia à toutes les querelles et à toutes les haines entre les hommes, parce que généralement elles naissent à l'occasion de ces deux choses. Kobad lui - même embrassa les opinions de cet imposteur; et même il lui permit, en conséquence de sa nouvelle doctrine , de coucher avec la princesse sa femme. (G. Sale.)