LIVRE III, CHAP. 2, DU CORAN. 3lî
qu'il est, au fond, cet ancien mahomëlisrae que Ton dirait malheureusement scelle à Topinioa de l'Europe. Car l'islamisme fanatique de M. de Lamartine, ne diffère de l'islamisme persécuteur de M. de Chateaubriand, qu'en un seul point. M. de Lamartine reconnaît que le mal n'est pas venu du Coran. Selon lui, tout le fanatisme islamique serait sorti, à ce qu'il paraît, de la corruption sacerdotale. A la bonne heure ; c'est une hypothèse qu'on peut vëriher, tandis que la tradition du pèlerinage chrétien, accréditée de nos jours par M. de Chateaubriand, échappe à tout examen. Heureusement, pour conjurer l'insaisissable fantôme évoqué de la Palestine ; il suffit de lire le moindre des livres arabes, dans la plus méchante traduction. Mais , en rendant la discussion possible sur ce point, M. de Lamartine l'y a tout-à-fait abandonnée. Or admettons, si Ton veut, que la corruption sacerdotale ait pu donner un nouveau principe d'existence, un nouveau dogme religieux à l'empire ottoman ; ce qui est assez peu probable dans une religion qui n'admettait primitivement ni temple, ni culte, ni prêtre, selon M. de Lamartine lui-même! Encore faudrait-il montrer quelque part, ce principe ou ce dogme nouveau. Où donc se trouve -t-il en
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Tunjuie? Que l'auteur l'ait recueilli ici ou là; c'est bien le moins que M. de Lamartioe nous dise, où il Ta cru voir surgir contre le livre de Mahomet. Nous n'avons garde de prendre a la lettre, les termes d'une polémique oratoire. Toutefois il s'agit de quelque chose de cousidërabie, qui mène la Turquie et précipite son gouvernement, si ce n'est tout à fait le principe d'existence et le dogme religieux de l'empire. Ce quelque chose, contçe quoi rien ne se fait ni ne se peut faire, et qui fait tout, doit avoir une manifestation légale dans le culte ou dans la morale ; s'il n'a point eu d'expression dans le dogme proprement dit. M. de Lamartine n'aurait-il su l'y découvrir?
Si pourtant le dogme ni la loi, pas plus que le Coran, ne témoignent de rien de semblable; que devient l'hypothèse d'une corruption sacerdotale? Que serait un sacerdoce même qui aurait tout contre lui, du code moulteka au livre de Mahomet? M. de Lamartine, nous le disons à regret, aboutit ainsi au mahométisme traditionnel et fantastique du nu>yen*âge. Autre-^ fois, le fanatisme était dit inhérent à la religion du prophète ; on le voyait dans le Coran. L'illustre voyageur en absout le livre de Mahomet, il proclame que le fanatisme n'est pas là; mais