‹ De l'Empire ottoman, de ses nations et de sa dynastie, 1841-1845Chapitre 163 sur 213 · LIVRE m, CHAP. 2, DU CORAN. 3l · texte numérisé non relu

LIVRE m, CHAP. 2, DU CORAN. 3l

il ne dit point du tout où îl en aurait seulement aperçu la trace sacerdotale. Et de plus ; le catéchisme, la loi et le prophète condamnent la découverte» Le principe d'existence fanati-que, selon M. de Lamartine « n'est donc guère plus sérieux que le mahomètisme, esprit de per-^ sécution et de conquête, selon M. de Chateaubriand. INon pas, qu'on Tentendc bien, non pas qu'il n'y ait du fanatisme en Turquie, comme il y en a eu ailleurs. Ce que nous dénions seulement ; c'e*st ce fanatisme principe, irrémédiable dans la nation, lequel serait si intimement uni à la vie politique et religieuse des Otto* man^, que le gouvernement même du pays ne salerait jamais s'en affranchir.

M. de Lamartine, au surplus, n'avait point rapporté cet islamisme-la (i) de son voyage en Orient ni de ses études sur place. C'est à Paris, sans doute, qu'il l'a retrouvé dans les fécondes improvisations du parlement. I^ vraie théorie

(i) Cet islamisme étranger au Coran n'cÂt pas dd, à la rigueur, trouver sa place ici ; et peut-être y avonsnous suffisamment répondu en traitant de la théocratie ottomane. Mais d'une part, il convenait d'accepter l'hypothèse même d'un sacerdoce ottoman ; et d'autre part, nous avions voi:du dégager l'exposition de la loi, culte et moraief de tout débat panicuiier»

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corassique de M. de Lamartine, c'est le théisme pratique et contemplatif ; nous l'avons citëe tout au long. Elle appelle le plus sérieux examen, pour deux raisons ; d'abord parce qu'elle est de M. de Lamartine, et ensuite parce que, bien ou mal comprise, elle a senri de point de dëpart à tous les personnages ottomans qui ont voulu ou veulent encore la réforme. Il n'importe que ce fût ou ne fut pas le but de l'auteur. En ce moment, nous ne cherchons point à savoir si rhomme d'État est resté fidèle aux études du voyageur. S'il faut le dire même; nous aime* rions mieux, pour l'avenir de la réforme, un fanatisme étranger au Ck)ran, que le livre de Mahomet réduit au déisme. Car le déisme exclut toute religion, ou ne sera jamais que la religion de ceux qui n'en ont point. Contre un fanatisme quelconque, il y aurait du moins le Coran pour principe et pour moyen; tandis que nous ne voyons pas ce qui rc^sterait à un peuple sans principe religieux. Toujours est-il que la plupart des hommes politiqut^s en Turquie, voyant le livre du prophète accusé et traqué par toute l'Europe, comme la bête noire de la civilisation, se sont jetés avec ardeur daus la première explication philosophique du Corao qu'on leur a fournie; croyant cela peul-êire

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d'une bonne tactique, contre le plus puissant antagoniste de la re'forrne ottomane. Cette explication philosophique, par bonheur, n'est qu'une dénégation du Coran ; et la cause de la réforme n'y aura perdu, tout au plus, qu'une épigramme contre M. de Lamartine.

Le déisme, en effet, n'est pas plus dans le Coran qu'il n'est dans l'Evangile ; à moins qu'il ne faille entendre par déisme, précisément le dogme de l'unité divine. L'Evangile serait un déisme à ce compte-là, et le Pcntateuque aussi ; ni plus ni moins que toute religion dont le sym-* bole porterait l'unité de Dieu. Ce n'est pas ainsi que l'entend M. de Lamartine, sans doute. Le déisme, il est vrai, confesse l'unité; le mol l'indique assez. Mais il ne confesse que cela, il nie toute autre chose ; et c'est pourquoi on l'appelle exclusivement le déisme. Or le livre de Mahomet, qui incontestablement enseigne le Dieu un, ne s'en tient pas là; à ce que nous croyons.

Le Coran qualifie Dieu et le personnifie ; le Coran a sa Révélation et sa Genèse, son histoire dé la terre et du ciel Le dieu du Coran est un dieu dénommé, qui agit et qui se montre ; ce n'est pas le premier dieu venu de l'idéalité philosophique. Il se proclame expressé-

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menr le dieu d*Âbraliara et de Jacob, le dieu de Moïse et de Je'sus. El que parle- t-on d'inspiration dii^ine manifestée par un homme plus sage et plus fai^orisé de l'émanation céleste, que le reste de ses semblables ; à quoi l'on aurait mêlé plus tard quelques faits miraculeux? Mahomet est un prophète comme tous les prophètes de notre Ancien Testament, plus grand qu'eux tous, parce qu*il les complète et les rësume une der- nière fois. Ce titre divin, il le revendique et s en glorifie à toutes les pages du Coran. Et ce lii^re même ; est-ce donc la manifestation d'un homme? C'est l'ange Gabriel qui Tapporte du ciel , feuillet à feuillet , de la part du dieu de l'Islam, par un miracle incessant. La mission de Mahomet se borne à transmettre et à publier les ordres du souverain maître des cieux et de la terre. Le voyage nocturne de la Mecque à Jérusalem, pour un entretien avec Dieu luimême dans le ciel ; ce voyage, qui a achevé la fortune prophétique de Mahomet , est-il aussi un miracle inventé après coup? Tout cela est si longuement écrit dans le Coran , reproduit sous tant de formes, et d'ailleurs si bien connu aujourd'hui; qu'en vérité, les citations seraient inutiles et fastidieuses (i). Supposons pour un ( t ) Citons seulement les versets qui suivent. « Dis :

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