‹ De l'Empire ottoman, de ses nations et de sa dynastie, 1841-1845Chapitre 173 sur 213 · LIVRE Illy CHAP. 2, DU CORAV · texte numérisé non relu

LIVRE Illy CHAP. 2, DU CORAV

L'Orient devait être pour un temps entrave, et mutilé sous le niveau d'un panthéisme spiri* tuel. Viennent les Turcs, vienne Osman ^ et la protestation de l'Orient matériel sera enfin comprise! Tous les voiles tomberont; et la religion du prophète trouvera son expression définitive, dans les sérails de Constantinople, à la table du banquet européen.

Qu'est ce à dire ? Il y aurait eu deux islamismes, dans le Coran ? Un islamisme de pur esprit, rigoureux et austère pour les Arabes; un islamisme de la chair, facile et joyeux pour les Turcs ? Quelle est cette religion en deux tableaux, comme un^ mélodrame moderne , avec les tristes plaines de T Arabie et les rivages délicieux du Bosphore, pour décorations de théâtre ? Est-ce une religion vraiment qui a deux significations , et deux significations opposées ; qui promet le ciel à un peuple et donne la terre à un autre ? Et sur quoi fonde-t-on cette poétique religieuse ou irreligieuse de l'islamisme ? 3ur le paradis de Mahomet et ses étemelles houris. C'est là, dit- on, que le prophète s'est montré tout-à-fait oriental.

Le Coran, sur ce point, aurait eu au moins deux interprétations étrangement différentes; djcs houris toutes spirituelle;» pour les uns , fi\.

des houris foutes matérielles pour les autres. Or, si le paradis sensuel et grossier de Constantinople, donne raison à Tislamisme de la chair; le paradis de Médine et de la Mecque donne raison à l'islamisme de Tesprit. Et si les Turcs ont trouvé le sens véritable du Coran, les Arabes ont été dupes et mystifiés. C'est donc vraiment deuxparadis corassiquesau choix, qu'il faudrait découvrir, au lieu d'un. Mais ce paradis de Mahomet, sur quel témoignage le fait-on si sensuel ? Sur ce qu'il est écrit au Coran : « Les élus habiteront le jardin des délices ; se reposant sur des sièges ornés d'or et de pierreries, accoudés à leur aise et se regardant face à face. Ils seront servis par des enfans doués d'une jeunesse éternelle, qui leur présenteront des gobelets, des aiguières et des coupes remplis de vin exquis. Sa vapeur ne leur montera pas à la tête et n'obscurcira pas leur raison. Ils auront à souhait les fruits qu'ils désireront, et la chair des oiseaux les plus rares. Près d'eux seront les houris aux ye^ix noirs, pareilles aux perles dans leur nacre. »

Le Coran a dit aussi :« L'amour des plaisirs, tels que les femmes, les enfans, les trésors entassés d'or et d'argent , les chevaux superbes , les troupeaux , les campagnes , tout cela paraît

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