LIVRE III, CHAP. 2, DU CORAN
« A Dieu appartiennenl le Levant et le Couchant; de quelque côte que vous vous trouviez, vous renconlrez sa face. Dieu est immense et il sait tout. Unique dans les cieux et sur la terre, dès qu'il a résolu quelque chose, il dît : Sois! et elle est. Il est des hommes qui placent à côii de Dieu, des compagnons qu'ils aimentàTegalde Dieu. Mais ceux qui croient , aiment Dieu par- dessus loul. O vous qui avez reçu les Ecritures, ne dépassez pas les limites dans votre religion; ne dites de Dieu que ce qui est vrai. Le Messie, Jësua fils de Marie, est Tapôtre de Dieu et son f^erbe qu'il jeta dans Marie. Il est un esprit vivant de Dieu. Croyez en Dieu et à ses apôtres^ et ne dites point : Il y a Trinité. Cessez de le faire ; ceci vous sera plus avantageux , car Dieu est unique. Loin de sa gloire qu'il ait eu un fils. Le Messie, fils de Marie, n'est qu'un apôlre ; d'autres apôtres l'ont préce'dë. Sa mère était juste, ils e nourrisaient de mets. Vous voyez comme nous leur expliquons l'unité de Dieu ; et vous voyez également comme ils s'en détournent. Us ont associé les génies à Dieu , à Dieu qui les a créés. Dans leur ignorance, ils lui inventent des fils et des filles. Ijoin de sa gloire, ces blasphèmes! Il est trop au-dessus de ce qu'ils lui attribuent. Créateur du ciel et de la terre, commeat
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aurait-il des enfans, lui qui n'a point de compagne, qui a crée toutes choses et qui connaît toutes choses. La vue ne saurait l'atteindre ; lui, il atteint la vue, le subtil, Tinstruit » (i). (G>ran, ch. 2, vers. 109, m, 160; ch. 4» vers. 169; ch. 5, vers» 74; ch. 6, vers. 100, loi, io3).
Cest pourquoi le Coran serait plutôt la protestation inintelligente sans doute^ mais enfin la protestation de Tesprit contre la matière, que celle de la matière contre l'esprit. M. d'Eîchtal se croit d'ailleursobligé de conlesser, que la protestation matërialiste du prophète oriental fut unique dans son genre, tellement enveloppée d'art et de poésie que les Arabes eux-mêmes ne devaient en pénétrer le sens profond, à aucune époque de leur vie religieuse ; ce qui, dans tousies cas, nous servirait d'excuse pour ne l'avoir pas comprise. Et Mahomet, en cela, sut bien ce qu'il faisait , suivant M. d'Eichtal. Aux Arabes, il fallait une religion austère, dépassant même le christianisme par la rigueur de ses observations et l'abnégation de ses préceptes,
(1) L'Instruit est la traduction de M. Kasimirski. Nous croyons que le mot arabe eût été mieux tradaî^ par I'esprit.