LIVRE m, CHAP. 2, DU CORAK
De la trouverez pas davantage dans le code de Soliman, lequel ne permet aucune e'quivoque de date , par une postériorité de près de cinquante ans.
La raison en est assez bonne d'ailleurs ; c*est, comme l'on ^it, que Mahomet II ni aucun sultan, ni personne en particulier dans Tlslam, n'y pouvaient faire une loi. Ce n'est pas à dire que les Turcs se soient exactement gouvernes comme les Arabes. L'influence de TOccident , du siëge de l'empire fixé à Constantiuople, n'est pas contestable en soi. Le temps et la force des choses ont amenëaussi, des changemens plus ou moins considérables. Nous dénions uniquement cette révolution dans la loi par Osman ou Mahomet II 9 qu'annonce M. d'Eichfal.^' Le moment viendra de constater ce qui s'est fait en Orient, ce qui peut s'y faire sans la loi , malgré la loi même. VoxrrY Islam, qui nous doit occuper, il en a été dit assez. Si la réforme n'avait trouvé jusqu'ici, aucun moyen de se faire jour; l'avenir de la Turquie serait trop obscur encore pour y rien voir. La loi proprement dite n*était pas moins ce qu'elle est dans l'Islam, à la venue des Turcs; et elle est restée close depuis. Il ne faut point compter, nous le répétons, que la réforme puisse systématiquement entrer par-là.
352 D£ MAHOMET ET DE SON LiVtlE.
Nous n'ajouterons ici, qu'un mot sur I méprise de M. d'Eichtal, au sujet du titre d'i mam, que les monarques ottomans auraie^, adopté de préférence {}) à celui de kaliphe, et qi aurait changé le caractère de l'autorité religieu créée par Mahomet. Tout au contraire, les monarques ottomans ont pris le titre de kalipk qu*ils n'avaient pas, aussitôt qu'ils l'ont pi prendre (2). Et si un titre devait changer le canetère de l'autorité religieuse crëëe par Mahomei; ce n'était pas celui à' imam, qui est le titre dogmatique, le seul titre précisément que Mahowd ait consacré dans son livre. Toujours est-il que les monarques ottomans sont, à l'heure qui est, kaliphes parla grâce jurisprudentielle. ÇVsi là le titre qu ils ont adopté de préférence à celui d'imam , lequel leui appartenait légitimement après la conquête.
Quant au songe d Osman, légende poétique
(1) \jt% mouarques ottomans avant Selim, étaient bien loin d'avoir à choisir. Mahomet II, négligeant sot titre de kaliphe, est un démenti donné k toute Thistoire de rislam et de Tempire. Mahomet II n*éuit pas même Vimam do dogme et de la loi, Fimam unique àes Musulmans. C'était un bey, un sultan, dans les termes exprès du koutfibé (prône) de Tlslam.
(2) Après la conquête de l'Egypte.