LIVRE ni, CHAP. 2, DU CORAN
organisation, des intëréts qu'elle représente et de mille accidens. En Âmcfrique, il est vrai, le pouvoir temporel e'tait faible ; il était à peine établi sur quelques points rares et isolés , il représentait des individus épars sur un territoire sans limites, une société informe et naissante. Aussi le protestantisme a-t-il eu beau jeu, en commençant. La Bible faisait plus que le juge de paix. JJ Ancien de la comnumauté devenait aisément le régulateur unique de chaque petit éiabiissemeni. Mais les traditions légales de la mère -patrie avaient survécu; la société américaine avait grandi trop vite. Le protestantisme qui trouvait son compte dans Téparpillement, et qui y avait aidé de tous ses moyens, ne s'était pas attendu à une formation si rapide des grands centres de population. Puis des hommes de tout pays et de toute croyance, s'abattaient incessamment sur le troupeau des croyans américains. La société devait s'en trouver bientôt et profondément altérée- Dans les villes, la loi reprenait son empire ; elle excluait laBible comme insuffisante. Le vieux puritanisme était impuissant, à étreindre ces jets vigoureux d'une jeune et ardente civilisation. Sans autorité spirituelle, il était emporté dans le mouvement qu'il avait contribué à imprimer ; et le mouvement s'en aç-
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c^ërail d'autant Avec le proteslantisme puritain, le semblanl même de la religion a disparu. Ce n a plu» été de» lor» qu'un pêle-mêle de »ecles »ans foi connue, »ans nom d'auteur que Ton pui»»e dire. La »ouverainctë temporelle est re»lëe »an» religion, sans croyance quelconque. La sociëtë amëricaîne qui avait commence par une prédication de méthodistes, csl venue aboutir à une spéculation d'aventuriers. N'est-ce point aussi de la barbarie?
Quoi qu'il en soit, le protestantisme avait un autre avenir chei un peuple de pasteurs, dans le» tribus nomades de l'Arabie. Il n'y avait là, comme dans l'Amérique du nord, ni autorité spirituelle qui pût aider le livre de Mahomet, ni pouvoir temporel qui dût tout d'abord y faire grand obstacle. Aucune tradition d'un état social différent, n'était d'ailleurs à craindre. Et par la situation du pays, la société n'y pouvait, de long-temps, développer lés intérêts divers qui font et fortifient la vie légale. C'était la con« trée la plus libre du monde. L'islam protestant put s'y faire loi, sans trop de difficulté. Car il ne faut pas confondre l'action préalable de la prophétie, avec les tendances postérieures de la croyance établie. Tant que Mahomet n'eut pas de croyans, il en chercha à tout prix; c'est la pre-.