LIVRE III, CHAP. 2, DU CORAN
composer une certaine force religieuse. Mais cela ne pouvait lui suffire. Car il n'y a que la souveraineté qui fasse vivre une religion, de son propre dograe. Le protestantisme anglican, avec ce qu'il avait pris d'autorité spirituelle, n'était pas réduit du moins à vivre exclusivement comme loi. Plus il avait de force spirituelle, moins il avait besoin de pouvoir tempo» rel.Iladonc pu se conienlpr d'une certaine portion de la vie légale. Quelques hautes prérogalives l'ont rassuré, et suffisamment fortifié pour son avenir.
Qui ne sait que la foi anglicane est entrée dans la constitution de l'empire, et y garde toujours d'inexpugnables positions, d'oii elle opprime rirlande depuis des siècles? Qui ne sait que l'Eglise protestante d'Angleterre s'impose à tous les partis, et que le gouvernement des trois royaumes doit compter avec le Banc des évéques.^ N'est-ce point à cette église, que tient l'immobilité des lois civiles et criminelles.^ N'est - ce point à cette église encore , que se rattachent les privilèges et les abus d'un autre âge ? Et pourtant, à supposer que le protestantisme anglican n'eût pas réussi à entamer la souveraineté temporelle ; voyez ce qui serait arrivé. Un protestantisme qui cessait de pro-
tester, n'était plus le protestantisme. L'incxui- (ëquence de soo autorité spirituelle, frappait tous les yeux. Il dépendait du premier veou, de continuer à Tencoutre de la nouvelle et débile autorité, ce qui avait réussi contre l'autorité ancienne et tout-puissante. Dans un temps fort court, le protestantisme se trouvait ainsi logiquement poussé à ses dernières conséquences. L'Angleterre alors, avec son Eglise souveraine, perdait sa religion tout entière. La . société anglaise ne se constituait pas moitié Eglise, moitié Etat; sous une loi quasi -religieuse, et une religion quasi-légale. Et cette constitution n'élevait pas l'Angleterre, à la prodigieuse hauteur où elle est aujourd'hui. De telle sorte que le protestantisme anglican se trouve de moitié, dans la civilisation de la Grande-Bretagne et dans l'empire du monde.
Au contraire, s'il n'y a pas ou s'il n'y a plus trace d'autorité spirituelle dans un pays; le protestantisme a' y saurait vivre un seul jour, comme religion. Il doit y vivre conmie loi, ou y mourir. Et quand la religion n'est rien, la loi est tout. Le protestantisme doit alors être tout pu rien. Or, ne se fait pas loi qui veut ; à moins que la Souveraineté temporelle ne s'y prête de fout point. Cela dépend de son énergie, de son