LIVRE III, CHAP, 2, DU CORAN
quent. Il se renie, il s'abdique ; et la religion en vaut ce qu'elle vaut, dure ce qu'elle peut durer* Mais le protestantisme religieux qui se fait loi, ne trahit pas seulement l'impuissance de son principe. La religion et la loi sont deux formes de la vie humaine, qui se touchen tpartoutsans se péne'trer nulle part. L'homme vit en Dieu , sans doute, et s'achemine vers le ciel ; il vit de sa propre vie aussi et s'agite sur la terre. C'est l'expression fort diffërcnle, sinon opposée bien souvent, du double principe de la souveraineté spirituelle et de la souveraineté temporelle. L'union de ces deux principes est une union contre nature , un accouplement d'où il ne peut sortir que des monsires pour le monde intelligent. Il faut dire toutefois que, séparées par leur nature, les deux souverainetés tendent invinciblement, chacune à s'exercer dans la forme de vie qui lui est propre. L'histoire de l'Europe, depuis le moyen-âge , en est une preuve sans réplique. Partout l'église souveraine et l'état souverain, sont parvenus à se reconnaître et à s'entendre, sur la destination de leurs forces et le but de leur activité. Les luttes de l'église et de l'ëtat ne sont plus qu'un accident, pour les royaumes catholiques ; tandis qu'elles comptent toujours dans la situation régulière et perma-
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ne nie des royaumes qui n'ont point garde l'église, nous entendons l'église souveraine.
L'impuissance du protestantime , en efîet, prolonge loul au moins sa tentative contre naturé. Quand l'église a envahi l'état, par toute l'Europe ; on a vite jugé de cet envahissement par ses fruits; et chacun a pris parti selon ses luroièreSt selon le temps, selon le pays. Au contraire l'envahissement de la pure croyance, avec ses ardeurs idéales , ne devait d'abord effrayer personne. Tant la chose paraissait sans conséquence ! C'est que pour toute autorité, pour toute fécondité, le principe protestant porte la négation éclectique. On ne s'en défie pas ; et chacun laisse faire. Que si l'Eglise avec sa constitution souveraine, est bien autrement envahissante qu'une croyance divine et plus ou moins dogmatique; que si l'Eglise même, en des temps donnés, a pu étreindre et imprégner la souveraineté temporelle, jusqu'à la féconder d'une législation anormale* ce que la Croyance toute seule n'a jamais su faire ! Par là du moins, la souveraineté temporelle s'est exercée à bien ou à mal ; elle ne s'est pas épuisée à une œuvre iroipossible. Quand . elle a eu grandi avec la société qu*elle développait, même irrégulièrement, même contre nature : elle a trouvé la force de résister aux en-