LIVRE !•', CHAP. 3, DU SULTAN
« atteint Tàge de majorité, être sain d'esprit, de ti condition libre et du sexe masculin. Eu sa « qualité de vicaire du prophète et d*imam- « 6upréme> il est le de'posîtaire du code sacré, « et le conservateur dos lois canoniques Revî^lu <« de la dignité sacerdotale, il doit prr'sidrr a la « prière publique, les vendredis et daus les drux « fêtes de Beyram, Chargé de la tulcle généi'ale, « velayet amué, il règne sur les fidèles avec une « autorité absolue. A lui seul appartient de cons- «c tituer les officiers publics, soît agens du pou» «voir coaclif, zabits, soît agens du pouvoir «judiciaire, hakims; d'administrer les finan- «ces, de commander les armées, de faire la « guerre et la paix, de veiller à la sûreté de TE- « tat et au maintien de Tordre public, en un « mot de gouverner l'empire.
« La personne du souverain doit être sacrée « et inviolable : sa magistrature suprême, sa su- « périorité absolue sur tout le corps social, le <f\metient au-dessus des lois pénales et consé- « quemment à l'abri de toute peine afflictive de « droit divin (i).
(i) Toute loi est de droit divin; c'est donc qa*ao~ cune peine légale ne doit atteindre Tîmam. Si l'imam en effet était condamné criminellement, il n'aurait
« II ne doit cependant pas se permettre la « moindre innovation, dans aucune partie de la <c législation canonique; moins encore si, par « sa nature ou son objet , elle tend a aggraver « le sort des peuples, le sort des serviteurs de « Dieu (ibad-ullàh) confiés à sa garde et à sa « protection. »
Voilà la charte kaliphale ou imaméienne. Y a-t-il en tout cela un pouvoir spirituel? Et d*abord la charte vient de Dieu, sans nul doute. La royauté de droit divin en venait aussi ; et cela n*en faisait ]}as autre chose qu*un pouvoir politique. Car il faut bien s*entendre; il ne s'agit ici, ni d'une influence morale attachée à un gouvernement quelconque, ni même d'une fonction ayant la religion pour objet. Il s'agit du pouvoir spirituel dans la théocratie; lequel n'est pas seulement d'institution divine, mais s'exiTce et procède au nom du Ciel en tout ce qu'il fait. U s'agit de ce pouvoir qu'on appelle encore aujourd'hui l'ombre de Dieu sur la terre, le gardien sacré de la peste et de la tyrannie^ l idole
plus même Fombre de la souveraineté temporelle! Mais le codé moulteka ajoute que l'Imam est au moins )iBticiaLle de la justice ordinaire , pour tout ce qui ootiearnc rhooneur et la fortune des pariîculiers.