‹ De l'Empire ottoman, de ses nations et de sa dynastie, 1841-1845Chapitre 213 sur 213 · EXTRAIT · texte numérisé non relu

EXTRAIT

^ la première section de PhUitoire chromologi^ des dy^ nmfUes de FMtr-^ddm-Razi, dans laquelle il iraite du gaupernement et de l'administration des ^tmpires, «I» qualités qui doioent distinguer les rois et ies ^ts^er audessus du commun des hommes^ des çertus dont ils ^âoh- •cent 4tre €frftésy et des mces dont ils ^i^ati être eatempts; aussi' que des droits respectifs des sommrains sur leurs su- ■^tSy ^ des Jsi^ets isur les souverains.

Les rois ont des droits k exercer sur leucs sujets, et les sujets pareillement ont certains droits à exercer sur ceux qui les^uvernent. Entre les devoins que les souverains,peu vent exiger de leurs sujets, on doit compter l'obébsance. C'est même là l'obligation fondamentale, de laquelle dépend le bonbeur d^ la société, et qui seule met le souverain en état de rendre Justice au

faible contre les entreprises du puissant^ et d'exercer nne exacte justice dislribative. On connaît ce verset célèbre de YAlcoran où ce devoir est recommandé d'une manière si formelle : « O vous qui avez cru, obéissez « à Dieu, à son apôtre, et à ceux d'entre vous qui sont M revêtus de ^autorité. » Les Arabes disent en pro verbe : il n'y a point d'autorité , quand il n^y a point d*obéissancc (i). Que Ton consulte les historiens, que Ton parcoure Thistoire de toutes les dynasties, on n'en trouvera aucune à qui Dieu ait accordé l'avantage d'être obéie de ses suj^S::^t de sts troupes, aussi parfaitement que la dynastie actuelle des Mogols. Sous ce point de vue, il n'est aucune autre dynastie qui puisse entrer en comparaison avec celle-ci. C'içst ce que l'on peut faire voir, en entrant dans quelques détails.

La mabon^desCosroës, malgré l'étendue et la grandeur de sa puissance, n'a jamais joui de cette soumission sans borne. Noman, fils de Mondar, roideHira, était, comme l'on sait^ lieutenant de Cosroës, cf gouvernait les Arabes sous l'autorité de ce prince- Entre Hira et Madaïn, capitale de l'empire des Cosroës, il n'y avait qu'une distance de quelques parasauges, et cependant Noman était sans cesse dans une rébellion ouverte contre Cosroës. Quand il paraissait à sa cour, il s'y conduisait avec une familiarité excessive, et loi répondait souvent sur un ton impertinent Voulait-il se soustraire à l'obéissance, il s'enfonçait dans le désert, et était à l'abri de la vengeance de son souverain.

(i) L*aiitoritc, en elle-même, n*ëtait donc rien pour les Arabes. L*^atorité était un fait qui dépendait de Tobëissance.

Les dynastie de l'empire musulman ne sauraient non plus entrer en comparaison, avec celle qui gouverne aujourd'hui. Si l'on considère d'abord ce qu'était le gouvernement sous les quatre premiers l^^hes Âbou-Ben-Siddik, Omar-Ben- Kuttab, Osman -Ben- AfTan, et Ali-Ben-Abi-Taleb, on verra que leur autorité était, à tous égards, plutôt spirituelle que temporelle. L'un d'eux ne portait que des habits d'une toile de coton blanche et ^ossière ; ses souliers et son baudrier étaient d'écorce de palmier ; il marchait à pied dans les rues, comme les ^gsus' du peuple. S^il parlait au dernier de ses sujets, il en recevait une réponse grossière et dans des termes moins mesurés que ceux dont il s'était ^rvi. Ces princes regardaient même cette conduite comme un des devoirs que leur imposait la religion du prophète.

On raconte d'Omar qu'ayant reçu des toiles rayées du Yemen, il les distribua entre les musulmans; chacun en eut pour sa part une pièce, et Omar fut partagé comme les autres. Il s'en fit faire un habit, et, revêtu de cet habit, il monta en chaire et harangua les musalmiins, pour les exhorter à faire la guerre aux infidèles^ Un homme de l'assemblée se levant, l'interrompît et lui dît : — Nous ne t'obéirons point. — Pourquoi cela? lui demanda Omar. — Parce que, répondit cet homme, tu t'es distingué des autres musulmans par une préférence particulière. Et en quoi donc? lui demanda Omar. Cet homme lui répondit : — Lorsque tu as partagé entre les musulmans ces toiles du Yemen, chacun en a eu une pièce, et tu en as eu de même pour ta part une seule pièce. Cela ne peut suffire pour te faire un

4;8 AFFEIflMCE.

kakif , et ccpcmijmt noos Toyons qœ m as Mffoord'lÉaî mu habit complet. Ta es d'une grande taille, et si ta n'araîs pas prb poor toi one part plos cimsidërable qoe ettUe qoe ta nous a donnée, ta n'aurais pas pa en aToir one robe. Omar se retooma Ters son fiis Abd- Allah et loi dit : — Abd-Allah, réponds à cel booime. Abd-Allah se levant, dit alors : — Lorsque le prince des crojans, Omar, a Toala se (aire ûire on habit de sa pièce de toile, elle s^est troa«ie insoffisante. En conséquence, je lai ai donné one partie de la mienne

poor compléter son hatô. A la bonne heore, dit

alors cet homme; à présent noos t'obéirons. Dne pareille manière d'agir n'est pas assurément dans la ca* t^orie de Taatorité royale; c'est plutôt une vola religieuse et une conduite digne des prophètes.

(ÇhrestomatU arabe de M. Sihest^ de Sacy.^

Des ùpbdims et de la croyanu primithe des Ju(fs, et de quelle manière il est suroenu partni eux des chan^mens* Par Taky-Eddin-Makrizé.

Lorsone Dieu donna le Pentaleuque à Moîbe, son prophète , If y renferma toutes les lois qui composent la religion Mosaïque, et commanda dans ce même livre que l'on écrirait, pour chjMmn de cetiz qui seraient chargés du gouvernement àes enfants d'Israël, un livre où seraient comprises tontes les ordonnances de \k

loi, ^n (fà'lï s'appliquât à rëladler, et quM y conforitiit sâ conduite. Ce livre se nommait en hébreu Mhéhna, ce qui signifié ordonnances extraites du texte dipin. Moïse ëcriviC de sa main une Mischna : tétait cuiùnié uuéf explication des paroles divines contenues dans la loi. Moïse étant moft^ cl ayant eu pour succéMeur ittimédiùt Jôsué, fils de Noun, et après lui tous Cttxi qui furent revêtus de l'autorité jusqu'au temps de J6à<;faim, rôi de Jérusalem { Nabuchodonosor vint, pour la première fois, porter la guerre dans le pays des Juifs. Jusque-là ils traUs^^v^ient, pour chacun de . kùrs rois, une Miscbnâ copiée sur l'exemplaire écrit par Moïse lui-même; et ils mettaient cette copie sous le nom du roi pour lequel elle était faite. Quand donc I^abuchodonosor emmena en captivité leroi Joachim, et avet lui les principaux des Israélites, et ceux qui tenaient le premier rang à Jérusalem, au nombre de plus de dix mille ; ils emportèrent avec eux dans les régions de l'Orient tous les exemplaires de la Mischna qui avaient été écrits pour leurs rois. Nabuchodonosor étant ensuite sorti une seconde fois de Uabylone pour marcher contre Jérusalem, ayant détruit cette ville et en ayant transporté à Babylone tous les habitans, ainsi que tous les Israélites des douze tribus ; les Juifs s'établirent à Babylone, et Jérusalem demeura ruinée et sans habitans, l'espace de soixante-dix ans. C^ temps etpiré, lès Juifs retournèrent de Babylone à Jérusalem ; ils rebâtirent là ville et relevèrent le temple. Ils avaient alors avec eux tous les exemplaires de la Mhchtia qu'ils avaient emportés lors de leur première ëttiîgration. Environ trois cents ans ou, un peu plus

48o APPEtfDICÊ.

après le rétablissement du temfte oa le retour de la capllvitë, il survint une grande division entre les enfans d'Israël, par rapport k leur religion. Cela fut cause qu'un parti qui était de la maison de David, sortit de Jérusalem : ils se retirèrent dans les régions de TOrient, comme i:^ient fait leurs pères la première fois, et emportèrent les exemplaires de la Mischna qm avaient été transcrits pour Tnsage des rois sur rexeméplaire écrit de la main même de Moïse. Etablis dans les contrées de l'Orient,* ils se conformèrent exactement à ce que contenaient ces livres, depuis Tépoque (le leur émigration de Jérusalem jusqu'au temps où Dieu ayant donné aux bommes la religion islamique, Anan, cbef de la captivité, vint des contrées orientales dans VIraki ce qui arriva sous le kaliphat du prince des fidèles Aboudjafar-JVIansour, en l'année 3o6 de l'hégire. Quant à ceux qui étaient demeurés à Jérusalem après l'émigration des personnes de la famille de David dont on vient de parler, ils ne' cessèrent d'être divisés relativement à la religion, et partagés en plusieurs sectes, jusqu'au temps ou Titus marcba contre eux, détruisit Jérusalem pour la jeconde foîs^ après que Jean, fils de Zacharie eut été tué, et que Jésus, fils de Marie, eut été enlevé, et emmena prisonniers tous les babitans de Jérusalem et de tout le pays des enfans d'Israël. Alors disparurent tous les exemplaires » ;Ék /, de la Mkchna que ceux-ci possédaient, et il ne se con-

serva plus parmi eux d'autres livres de la loi que le Pcntateuque et les livres des prophètes. Après la ruine de Jérusalem par Titus, les Juifs se dispersèrent par toute la terre, et devinrent sujets des autres peuples,

comme ils le sont encore aujourd'hui. Deux hommes, cependant, du nombre de ceux qui étaient restés à Jérusalem presque jusqu'à la destruction de cette ville par Titus, et qui se nommaient Schummdi et Hiilel, vinrent à Tlbénade^ et composèrent un livre qu'ils appelèrent Mlsch(Hi, du nom de la Misehna de Moïise. Us insérèrent dans ce livre les ordonnances de la loi, et furent suivis en cela par un grand nombre de Juifs. Schandmaï et Hiliel étaient contemporains et vivaient sur la fin de la durée du second temple. HîUel avait quatre-vingts disciples » parmi lesquels le plus petit était Jocanany fils de Jocdi; et ce Jocanan vit la ruine du second temple par Titus. Les paroles de Schammdi et à!H{liel sont rapportées dans la Mifchna. Cet ouvrage qui est divisé en six livres, comprend tout le droit religieux et civil du Pentaieuque; il a été mis en ordre par Armasi, de la race de Daçîd, cent cinquante ans après la destruction de Jérusalem par Titus. Schammdi et Hiliel étaient morts sans avoir complété la Miselina ; mais elle fat achevée par un Juif nonmié Juda^ de la famille de Hillely et il engagea les Juifs à se coifformer à la doctrine contenue dans cette Misehna. Dans le vrai, cette Misehna contient beaucoup de choses qui se trouvaient dans la Mîscima de Moïse ; mais il y en a aussi beaucoup qui ne sont que des opinions de leurs docteurs.

Environ cinquante ans après la rédaction de cette Misehna, il s'éleva une ^certaine classe d'hommes d'entre les Juifs qui fut nommée le SanJiedrin, ce qui signifie les principaux : ceux-ci s'occupèrent à composer «ne interprétation de la Misehna, conformément à leurs I. 3i

483 APPKHDiCE.

o^uuoBs pMtHJwèrcs, et Ils fin'flKrent hv c€ sv|ct ib livre qae Toa aoiMie le Talmmd. Duis ce tivre, ils rejetèrcat bciacoap 4e ckoses qoe coateBM la Misrima et tb a)0«lèrem de le«r cheCjâe noorelles Depms la compositifm 4^ ce Taènmd qa*ib araicm écrit de leurs propres aiaiiis, et dans le- ^■el ils araiett renfeniie leurs pfOpies opinionSf us se permetta^fcM d'attribuer à Dieu la^mc les décîsoiis èm Tmimmd. CTest ce ipn a donné Hen k ce reprocbe qne Diea lenr fait dans YAlcoram : * Malbear à cens

• ipn après aroir écrit le lirre de leurs propres mains « £sent ensofle, ceci rient de Dieu, et qui, agissent m ainsi dans la Tne d'nn modique profit! Malhenr k m enx y à canse des cboses qoe leors mains ont écrites!

• Malliear à enx, à canse dn gain qo'ih font ! » U y a dent exemplaires de ce Tûininây ^Oi diffèrent dans les ordonnances qi^ib contiennent. La secte àt^ Aabbanites se conforme encore anjonrd'hin aitt décisions du Tahnuâ, en tfÊXÀ efle difrère de cellte des Earaâes, qqi ne se croient point oMigés li suivre la doctmei èe ce lirre.

Lonqiiie Anan; chef dé liai taptiritétrint dans YïJnk^ il troéra teànrais qoe lè^ Jnifii ^$gtù\ fe Tabmâiipstkt règle de leur conduite; il sômint q<ie les livrés qui étaient éntire tés maîns côàtetiaîent la vérité, pairce qu'ils avalant été copiés sur les exemplaires qui euimêinten avai^t ététiraniscrits sur la Màchrta àmograpbe de Moïse. ^

Les Rabbanités et ceux qui suitieiift leOK^ bpîiàions, n*6iit d'égard i^é qui est ééHt dans lé PMaUùtjÉHt ipà est enti^ leurs mains^ quWânt qtté |:éh se tHsiitt tQt^v

APPENBICE. 483

signé dans loTaimud : pour tout ce qui ne se trouve pas dans ce livre, ils n'y ont aucun égard et ne s'en mettent point en peine. Cela est conforme k ces paroles que Dieu, jims VAlcoran, leur met dans la bouche : M Nous avoq^ trouvé nos pères dans Fusage de suivre « une certaine règle, et nous marchons sur leurs tra- « ces. 9 Quiconque prendra la peine de comparer les livres qu'ils ont entre les mains avec les ordonnances contenues dans le Pentateuque, demeurera convaincu qu'ik ne suivent point une autorité divine , mais seulement leurs propres opinions et leurs caprices. C'e^ pour cela que quand Moïse, fils de Ma'ùnoun, de Cot" doue, parut parmi eux, ils s'attachèrent à ses opinions, et prirent pour règle de leur conduite son livre intitulé U Guide f et ses autres ouvrages* Ils suivent encore aujourd'hui sa doctrine et ses opinions.

[Chrestomafie arab^ de M. Silvestrç de Ss^cy.)

Bigitizéd-by VjOOQ le

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