LETTRE DE SÉLIM I""' AU SCHAH ISMAÏL
L'Etre-Suprême , qui est l'arbitre souverain de la destinée des hommes, et la source de toute doctrine et de toute science, dit, dans la sainte écriture , que le vrai culte divin est dans la seule religion Musulmane, et que celui qui se soumet à toute autre croyance, loin
un texte qui n*y est pas. La loi parle de tous les Imams, publics oa prives. La fonction imaméienne d'ailleurs n'est-elle pas iden? tique, di^ns U prière publique et d|ins la prière prirëe ?
d*étre exaucé et saav^ «era^ au contraife., diij^»ocidl>re des réfroorés ao grand jour des jogeneiis» Il dk «ttcore, ce Dieu de yérité, que ses conseils et ses décrets sont immuables , ique toutes les aettons àes Jioimnes doîvein se rapporter è lui, et que celm qui se détourne de la Traie roie, sera condanmë au fca de lenfer et oox toumens i^temels. Mettez -nous, Seigneur, an nombre des vrais croyans qui marchent dans hk voie du salut, et qui s'écartent soigneosemetat de cette de Vinfidélîté «t de ia perdition ; que les bénédicuons les |)tes pures et les ^IttS «aimes soiem sur Mohammed-ul-MonAafrfus le prince des deux iMndes, le «orypkée dès prophètes, ainsi que sur toute sa postérité et ^ir ^us sms disciples.
Le monarque des Ottomans^ le mai ire'-des héros et des Tuleureux du siècle, qui égale Férîdoun en forée et en puissance, Alexandre -le -Grand en majesté et en gloire, et Key-Khoussrew en équité et en clémence , l'exterminateur des infidèles et des idolâtres^ le destructeur des ennemis de la foi orthodoxe, la terreur des tyr&nâ et des Phaf%onï> ^ siècle, qtù )i«nnHie les princes injustes et orgueilleux, qui brîse les sceptres et les couronnes des plus grands poteniats de la 4erre ; le glorieux sultan Selim-Khan fils du sultan Bayezid- Khan, fils du sultan Mohammed -Kan, fils du saftan Mourad-Khan « adresse gracieusement la parole à toi, émir Ismaïl (qui es le dominateur de la Perse, le 5/pehsalar ou le commandant en chef des forces de ce royaume, le Dahhak de l'Orient, VEfrasshab du siècle, le Data de nos jours) pour te faire savoir que les ouvrages sortis de la main du Très-Haut ne sont
pas de frôler prQ,4'^ctioiis du caprice ni de la déraison, lo^i^ 9^'ils reuferment une inÇniié 4^ j^y^tère^ iinp^én^trables à IVsprit (^iim^in. I)jeM lui-même le dit .^^^^,p,n Jivr$ s^int, p^r ,ces paroles s.aci:^e3 : iVpi^ j}ÇfiOTf^ pas créé ia terre ,et les qieucç pour en/idire un' jeu* {i')ioipme , qui .ç,sl J|a plu;s ,|iQb|e et la ptu^ ei^oeliente ,4o$ çré^juresy et J'^régé de^ oierveilles de Pieu, est^ P^ conséquent sur la terre, l'image et le représenta^ .^ cet adorable créateur, comme op le voit par ce sacré pa^a^e : Il nous a çoflsti,tués ses Ueutenans sur la terre, ei cela parce que , |oigna0l^^Ç9 facultés de l'âme à la matîè.re du corps, l'hoinihe e^s^t le seul des êtres créés en état de connaître les attribut^ de ia Divinité, et d'e^i ^^Qft^ ries ^romu^ble^ pc^rfqctipps. Cependant J e^ellejQce de cette qualité de l'-liioiiMfDe, et J'fic^uisilion dçs xpnnaΣs^qces sublimes^ ixe se trouvent que 4^09 J^ .doçirii^e musulmane et daps \à ^pjumis^ipn ^ J/i Jpi ,^a^ntp 4|t ptîioce des propbète^ , qqi e^t le vrai jj^HpIïjB, le lieutenant par e^icelleaçe du I)i^ de3 miséricordes. Ce n'e^t 4puc que dans U pureté ,de cette ^aintp religion que l'bomnie pept prospérer dans ce monde et acquérir, dans l'aulre, 1^ glqire éternelle. ItKaisiJ^mj^rlsmjaïlvUne p^eille £^lcité ne sera jamais tpn p^rt^e, parce q^e tu as détourné ta face de 1^ s^iatelé dçs lois divines, p^rce que tu es sorti de l^a voie 4|i.s^pt€(tdç^ saints comi^an^e^peps, parce quetu,^s ^ltjéi:é ,1^ pureffi 4c^ ^o^es ,p(iu$ulfp^i\s , dé^bofipré, ^vilîf.dl^^iimt le T(0i çul^e de Diep, et psurpé les don»;iio<Ç9jde J'.Qçieqt par des voies ipju^te^ ettjrapiiiques ; parce que , sorti de la poussii^e, tu t'^ ^ievé p^r ,4e;s mc^y^Qs odiiEît^.à un siège de grandeur ^t de
magni6ccnce ; parce ^ae tu as ouvert aux miisuhnans les portes de la tyrannie et de l'oppression , parce que tu as joint l'iniquité, l'infidélité, le blasphème à l'exercice d'âne secte impie ; parce que, couvert du manteau de la fausseté et de l'hypocrisie , tu as semé de tous cAtés le trouble et la sédition ; parce que tu as levé l'étendard de l'irréligion et de l'hétérodoxie ; parce qu'en te livrant enfin à tes caprices, à tes passions, à tes infimes dérèglemens, tu as eu Pimpiélé de délier le nœud sacré des lois musulmanes, en permettant le libertinage et la profanatio^rdes vierges, le massacre de nombre de personnages vertueux et respectables, ta destruction des temples et des chaires sacrées, la démolition des sépulcres de tant d'âmes ûd^^s et^saintes, le mépris des Oulémas, des docteurs et des Emics issus du sang du prophète, l'avilissement des livres sacrés du Cour'ann , et les anathèmes prononcés contre les kaliphes légitimes et vénérables (Ebu-Bekir, Orner et Osman). Ainsi , comme il est du devoir, et de tout prince zélé et pieux en particulier, et de tout peuple musulman en général d'observer ces paroles sacrées : 0 cous fidèles! â qous croyansî soyez les exécuteurs des. volontés du Très- Haut! Nos oulémas, nos honorés docteurs ont conséqucmment , tous d'une voix unanime, prononcé sentence de mort contre un impie et un blasphémateur comme toi, en imposant à tout vrai musulman l'obligation de s'armer de zèle et d'ardeur pour la défense de la religion, et pour détruire l'hérésie et l'impiété dans ta personne et danscellede tes fauteurs ^t de tes partisans.
Animés d^l'esprit de ce Fethwa, conforme au livr«
^Af
sacré qui est le code des préceptes divins , et enflammés du saint désir (tel que nous Pinspire notre zèle à remplir avec dignité tous les devoirs du trône) d'affermir, d'un côté, le Musulmanisme, et de l'autre, de délivrer de ton joug les peuples, les nations, les faibles créatures qui gémissent sous le poids de ton impiété et de ton oppression tyrannîque, nous avons résolu de quitter nos ornemens impériaux, pour nous revêtir de la cuirasse et de la cotte de mailles , de déployer nos drapeaux toujours heureux et triomphans, de mettre sur pied nos armées invinë&les, de tirer nos armes glorieuses du fourreau de notre colère et de notre indignation, et de faire marcher nos troupes , dont le sabre ne fait^râce à personne, dont la lance porte des coups mortels, et dont la flèche atteint l'ennemi jusque dans la constellation du Sagittaire. En conséquence de cette résolution noble et ferme , nous sommes entrés en campagne ; nous avons déjà traversé le canal de Constantinople, et marchant sous les ailes de la protection et de l'assistance du Très -Haut, nous espérons aller bientôt t' abattre le bras de méchanceté et de tyrannie, t'ôter de la tête ces fumées de grandeur et* d'héroïsme qui le causent d'affreux étourdissemens, délivrer les faibles et les opprimés du joug cruel de ta domination ; t'élouffer enfin dans ces mêmes tourbillons de flammes et de fumée que vomissent de toutes parts les incendies de tes projets pervers et séditieux, vérifiant par-là sur ta personne le proverbe qui dit : Celui qui sème des épines ne peut moissonner que des afflictions et des amertumes. Cependant, pour nous conformer â( l'esprit de la loi de notre saint prophète, nous
▼oulooti avant que dVn Tenir aax ^rine#, le flriiSWl9F', aa lien do sabre, le sacré Coar'ann,«t Vexfaprt^ ^iml^ à embrasser la foi orthodoxe; c'est ppurqqpi nçsfi l'écrivons la présente Lettre Impériale*
ToQt bomme a un naturel différent, et i'^pàc^ Iminaine est comme les mines d'or et d'argent. U esft^es hommes dont le caractère pervers forme e^ ejQE^iuie seconde nature, et les rend inçorrijgible^. Cç $qi4 4fi^ nègres qu'on s'efforcerait en vain de blanchir. Jl m «^ d'autres ^ui se corrigent , qui revîeQnenjt de Jeprs ^reurs et de leurs é|;aremQ9$ j mais chez eux le m^ J3',^t pas invétéré, parce qu'attentifi^ sur euxHnémes ils mprtifient les sens et répriment les inclinations vicieii^s de la nature. Le moyen pourtant le pluseffic^c.e ile^^ guérir des maux de cette -espèce ^t de faire upjieur^iv retour sur soi, est d'ouvrir les ye«x^nr sqs prppi;<^ iniquités, et d'en demander pairdon .au JDlcMjdj^s mis^ ricordeS;, dans Je^ sentimens profonde d'uo yrai repentir et d'une douleur ^mire. Nous .t'.çxhQJCtojps,j^ conséquence, à rentrer ^nioi-même, à renoncer à t^es erreurs ., et à marcher d'un pas fenae vers la ^ole rdu salut. JNous te mandons., en même temps, 4^ te d«é3i$ùr de la possession des terres qui étaient ci-dev^nt ^pi^ nexées aux domaines.de la mon^rcbie ottomane, de renoncer sur elles à toutes Jes prétentions ii^t^, et de les faire rentrer en notre pouvoir par la àiiaîn d^ nos Ueutenans et de nos ofGciers : Téspl^tioo que JtP d.ois prendre sans délai, pbur concourir to.i-jnj^mi^à .i^ conservation et à ta félicité. iVlais.si,pour.tpp ^jt^llie^^ tu^persis^es dans ton égarement, et qu'enivré de l'idée de la grandeur, de ta puissance, de t^a/oUe^riii^nre,
tu l'obstipes ^aas ta conduite aveugle , inique et per- . verse, tu verras l>ieiMdt ees vastes plaines ^ui^ont dans ta 4iiiaîn de tyrannie et d'usurpation, tontes garnies de «os teoles et de nos brillantes enseignes^ eV toutes couvertes de nos armées victorieuses. Ce sera 1^ que s'exerceront ia valeur et l'intrépidité, «t ^e s'accompliront les décrets arrêtés dans le conseil du Très-Haut, q<iî est le dieu des armées, et le .souverain juge des actions haittaine& Au reste ^ salut à qui suit la voix du salut. ( Ahmet-^fendL )