‹ De l'Empire ottoman, de ses nations et de sa dynastie, 1841-1845Chapitre 22 sur 213 · LIVRE !•% CHAP. 3, DU SULTAH. SS · texte numérisé non relu

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dit ailleurs comment le Visir représente Tlmam sur toas les points de son Imameth ; el comment la représentation nominale du Scheik-ulislam, comprend tout au plus la judicalure et l'enseignement. Il faut ajouter que la souveraineté dogmatique des lois, place vraiment Tlmameth au-dessous du pouvoir executif dans les republiques ; bien loin du pouvoir absolu de toutes les idées reçues. Et nous ne déclinons pas les termes de la loi un peu différente déjà de la formule dogmatique, termes si visiblement dénaturés par la traduction. Le dogme explique* rait la loi au besoin. Puis M. d*Ohsson a beau appeler Y imam. Souverain, et son autorité abso^ lue; on voit à quoi tout cela se réduit. L'imam, il est vrai, fait seul ce qu'il est chargé de faire; il ne subit Tinlervention d'aucun autre pouvoir dans l'empire. C'est là le côté absolu ou plutôt exclusif de son autorité. Par- là en effet, il peut éluder la loi dans les détails de l'administration, et la violer dans la jugerie individuelle. Les agens, Zabitson Hakims, peuvent l'éluder ou la ▼ioler pour lui , à peu près impunément. Mais vienne une occasion importante, où l'intén^» pu* blic voiel'Imam face à face avec la loi! L'Imam alors est l'esclave du code Moulteka^ comme le Tchawousch-Bachi est l'esclave du Sultan.

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Il y a un document célèbre dans la diplomalie de LA Porte , et que Ton ne manque ' jamais de citer en preuve de l'intensité du pou^ Toir spirituel de Tlmam. Nous voulons parler du traité d'AïNALY-CAWAK, après la paix de Ctiifuirdje en 1779 (>)• A notre avis, rhisloîre diplomati(]ue des divers traités qui ont abouti au démembrement russe de la Crimée» n'accuse que Timpuissance temporelle de Tlmameth. En efîet, supposez le pouvoir spirituel <lans Tlmam; et le prince Guiraïh sera délié, s'il le faut, de Tobi*issance et de la suzeraineté politiques de la Porte. La Russie d'ailleurs ne s'opposera point à rexercice d'un pouvoir spirituel; elle n'a pas la prétention de faire abjurer la peliie Tarlarie, et les négociateurs s'en expliquent incessamment. Mais sous le nom de pouvoir spirituel, l'Imam veut retenir la judicalure du pays et quelque autre partie de sa prérogative. Ija dif-

(i) «Ofsice poinlde doctrine, plus encore que des considérations politiques, qui, dans la dernière guerre enire la Porte cl la Russie, a fait waîire les plus vives cl les plus forles oppositions au dérnembrcmenl delà Crimée^ el à Tindépendance de son chef. La maison oUoinane, obligée de plier sous la loi impérieuse deia nécessité, ne se préia enfin à reconnaître le prince Schahhin'GmnHh pour souverain de la Pettte-Tariarie^

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ficaltë alors deyient inextricable. C'est que la prérogative de l'Imam est dogmatique; s'il y renonce y il apostasie; et en apostasiant, il signe sa déchéance. C'est que sa prérogative ne lui appartient pas, et qu'il ne saurait la faire moindre que ne Font faite le dogme et la loi. C'est que s'il reconnaît n'avoir plus le droit de jyger en-

et à le dégager de la reconnaissance des droits de suzeraineté temporelle des sulians ottomans, que sous la condition expresse que ce kJian rendrait toujours, lui el ses successeurs, hommage à leur suprématie spirituelle. La cour de Constantlnople se réserva même la liberté de nommer, comme auparavant, à toutes les charges de judicature de la Crimée, parce que les magistrats mahométans, mollas et cadis, ne sont pas seulement les mi* nistres de la justice et de la loi, mais encore les chefs de la religion et du culte public, sous l'autorité du sultan. Tous ces points si importans aux yeux de Tislamisme, et auxquels on doit principalement attribuer les nouveaux démêlés qui s'élevèrent aprèi^ la paix de Càînardjé, et qui ne forent définitivement réglés que dans la conven> tîon à^Ainaly-Gaway^ signée à Constantinople le ai mars i779> eussent pu entraîner une nouvelle rupture entre les deux Etats; sans la médiation de S. M. T. G et l'habileté de son ambassadeur, dont la sagesse sut concilier, dans une négociation aussi épineuse, les intérêts de la religion d'une part , et de la politique de l'autre, entre les deux puissances contractantes.

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tre deux musulmans sur la terre , il n'est |du$ rimam dogmatique et légal des autres. Les plénipotentiaires turcs avaient la meilleure volonté, et force leur était bien d'en finir. Mais ils ne comprenaient pas comment la loi faisant partie de la croyance , et la loi exigeant une judicature à la nomination de l'Imam ; ils ne comprenaient pas que les Tartares pussent rester croyans, sans juges nommés à Constantinople. Ils voyaient, malgré tout, l'abjuration de la Tartarie et l'apostasie du Sultan, dans la renonciation qui leur était imposée. Et les Turcs se montraient là de bons théologiens de l'Islam! Il ne fallut pas moins que la théologie chrétienne de notre ambassadeur M. de Saint-Priest, pour tirer la Turquie de cet impasSe politique. Le sultan n'y pouvait rien; la loi était plus forte que lui, comme il le faisait répéter piteusement dans toutes les Conférences. M, de Saint-Priest vint à bout de tout, par une application ingénieuse du dogme chrétien sur le pouvoir spirituel ; à quoi les plénipotentiaires turcs n'avaient rien compris au commencement, et peutêtre ne comprirent pas grand'chose à la fin. C'est ainsi probablement Tambassadeur du roi très-chrétien , qui aura été le véritable inventeur du pouvoir spirituel dans l'empire ottoman. En

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