‹ De l'Empire ottoman, de ses nations et de sa dynastie, 1841-1845Chapitre 26 sur 213 · LIVRE n · texte numérisé non relu

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pendant, et n'eussions - nous lait que pre'ciser davantage les termes du problème ottoman « nous croyons qn îl y avait cela à faire d'abord. Mais après l'avantage d'une question bien posée, iLn'est pas indifférent d'avoir à s'en prendre à un gouvernement ou à une loi. Ckinlre la loi; le gouvernement doit offrir un point d'appui et des ressources, que Ton ne trouverait nulle part à Tencontre du gouvernement luimême. La différence est peut-ébre d'une révolution, comme l'oh sait faire les révolutions en Orient. Par-là, bon nombre d'esprits tout-afait décidés contre les chances d'une réforme en Turquie, h cause de la théocratie ottomane, pourrayentse trouver moins résolus à l'endroit du dogme et de la loi de l'empire. Puis enfin s'il s'agit d'un dogme et d'une loi ; quel est ce dogme, et quelle est cette loi? Car il y a telle loi dogmatique qui n'empiêçhe pas le progrès, ou ne Tempéche que dans une certaine mesive. L'on ne saurait nier, par exemple , que Tancienne Europe n*aît été plus ou moins longtemps, pour sa politique, dans les liens d'une croyance religieuse. Or l'Europe nous en pa* raît, aujourd'hui, asse* bien dégagée. On a dit qu'un triumvirat fameux avait fait prévaloir k la Convention nationale de France, un certaîiit

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dogme (i) pour principe unique du gouvernement et des lois. Croît-on, à supposer le triomphe de la république ëvangëlique, et nous ne justifions pas Thypoibèse ; croit-on qu'il serait à jamais impossible de réaliser aucun progrès, sous celte forme politico-religieuse? Serait-il même si difficile, au besoin, de faire fléchir l'évangile républicain?' Croit-on que la France n'aurait pas eu raison de la déçotion des triumvirs mise h Tordre du jour, comme elle a eu raison de \eur probité P II n'y a point de comparaison de FEvangile au Coran, sans nul doute. Nous ajoutons qu'après une théocratie, ce qu'il y a de pire au monde ; c'est une législation dogmatique, quel que soit le dogme. Toujours est-il qu'il y a dogme et dogme, qu'il y a loi et loi.

(i) L'Histoire parlementaire ( M. Bûchez ) enseigne même que si Robespierre et ses amîs eussent professé le théisme évangélique, au lieu de iai probité et âa déisme pur ; la république n'aurait trouvé ni un neui thermidor ni un i8 brumaire. Or, V école de M. Bûchez est une école progressive s'il en fut Et la probité avec le déisme pur, n'est-ce pas là un dogme aussi ? Cependant Robespierre, Couthon et Saint- Just étalent au moins des hommes de progrès; et l'on ne contestera pas à la Convention, qui a régué par eux et leur principe, d'avoir fait progresser la France.

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Donc il faut, avant tout, se rendre un compte exact et du dogme et de la loi d'un pays ; pour savoir au juste les difficnUës que peut opposer à une reforme, le caractère dogmatique des institutions. Avec un gouvernement thëocratique, tout progrès s'agite dans un cercle vicieux; tandis qu avec un dogme plus ou moins exclusif et une loi plus ou moins intolérante, la réforme sait bientôt où se prendre et par où s'introduire. Ce n'est pas la première fois d'ailleurs que Thumanité s'est vue aux prises avec de$ lois dogmatiques, et l'humanité en est toujours venue à bout. C'est pourquoi nous allons exposer la Religion, dogme et loi de la Turquie ; sans aucun système préconçu , et peut-être avec plus de fidélité que Ton n'en a mis jusqu'ici à pariçille œuvre. On a été chercher la religion de l'empire ottoman, \ Islam, dans le livre de Mahomet, le Coran. Le Christianisme même se trouve-t-il si aisément dans l'Evangile ? La religion de l'empire est dans le livre de Mahomet sûrement ; mais elle n'y est qu'à la condition des luttes, qui ont agité le caliphat pendant des siècles. Chercher Ylskun dans le Coran; c'est ainsi recommencer l'œuvre des compagnons et des disciples du prophète, des théologiens et des jurisconsultes musulmans depuis les premiers temps

de l'Hégire. Aussi s'est -il trouvé beaucoup d'islamismes ; l'islamisme de M. de Chateaubriand , l'islamisme ou plutôt le double isla*misme de M. de Lamartine ; l'islamisme de M. Michelet; l'islamisme de M. d*Eichtal, l'islamisme de M. Barrault. Et nous ne parlons ni de l'Allemagne ni de l'Angleterre, et nous ne citons en France que les islamismes principaux. Le nombre en serait trop grand ; à commencer par le culte fatal de l'ignorance, de l'abrutissement, de la servitude humaine (i); et à finir par la mission de Mahomet, révélation féconde qui illumine la Mecque au contact de Jérusalem et du Sinaï (a).

Cependant le dogme islamique s*est formule comme se formulent tous les dogmes, après l'apostolat et les hérésies. Il a fallu le temps et la science, pour dégager du péle-mèle des opinions et des sectes, les conséquences orthodoxes du principe religieux déposé dans le Coran. Cette œuvre n'a été clairement résumée après les grands travaux des premiers imams, qu'au commencement du sixième siècle de l'hégire; en un livre spécial, sorte de catéchisme qui est

(i) M. de thaleaubriand.

(2) M. Harrauh.

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