‹ De l'Empire ottoman, de ses nations et de sa dynastie, 1841-1845Chapitre 29 sur 213 · LIVRE 11, CHAP. I, DU DOGME · texte numérisé non relu

LIVRE 11, CHAP. I, DU DOGME

De saurait donner une idée plus juste du f^erbe islamique ; c'est un Verbe négatif, lequel n*a pu se faire chair ni esprit par conséquent.

3^ Le Coran est la parole de Dieu iDcréée,élenielle et existant par elle-même (i).

Au lieu d'uq Dieu fait homme, c'est un Dieu fait livre. Cette formule, qui a eu beaucoup de mal à passer dans le dogme, pour et contre làquelle des caliphes ont institue des iribunaux et ordonné des supplices , n*esl pourtant que le corollaire indispensable de la conception même de Mahomet. Si le Coran n'est pas dieu, il n*y a point de manifestation divine dans l'Islam ; il n'y a qu'un livre soumis à la critique humaine. L'Islam ne repose plus sur rien. Si

. (i) Mohammed, par son exemple, inspirait à ses disciples ia ve'nération la plus profonde pour le Coar*ann. « La lecture du sacré Cour^ann, disent les auteurs nationauac, opérait toujours en lui une espèce d'extase; il s'agitait, se levait, se calmait, se passionnait, s'attendrissait, etc., selon l'esprit et le caractère de cha^e verset, de chaque passage de ce saint livre^. » î\/vér<^ comme le recueil des lois divines, il est l'objet des hommages \t% plus profonds de tout musulman. On n'y touche jamais sans être en état de pureté légale, et sans le baiser et le porter au front avec le plus grand sentiment de respect et de dévotion. Les souverains ottomans, ainsi que les premiers de l'État, à l'exemple Ae% anciens caiiphés, se font ordinairement un devoir de faire garnir leur Cour'ann en or et en pierreries.

{M, d*Ohsson, tom. 1, pag»88. )

8o DE LA RELIGION, DOGME Et LOI.

le prophète n'eut pas doimë son livre, pour une émanation de Tessence divine; il aurait dû opter entre la prophe'tie périodique du peuple juif, elTElglise souveraine des chrétiens. Aussi les sectes qui ont rejeté la divinité du livte, ont-elles mis Dieu dans Tlmameth, et admis ainsi un véritable sacerdoce. Par où Ton peut voir déjà comment le dogme musulman exclut, en définitive, toute autre puissance spirituelle sur la terre que le Coran même.

6<> La vue de Dieu dans l'éternité , sans lieu , distance, côté ni face, est conforme à la raison, à la tradition, au Coran, à la Sounna, à l'Idma-y-Ummeth et au Kiyas (i).

Les docteurs musulmans ont ici identifié leurs livres aux livres chrétiens, sans la moindre difficulté. L'idée abstraite de Dieu est aussi pure dans la prophétie de Mahomet, que dans lé Pentateuque et l'Evangile.

1^ Des supplices sont réservés aux incroyans et aux pécheurs parmi les croyans» Des délices spirituels seront le partage des croyans.

(i) Nous aurons Toccasion de revenir sur ces UvriBS dont les deuil derniers, incfonnus partoftt ailleurs que dansTIslam, répon* dent aux actes et aux décisions des ap6tres et des pères deTEgUse dans la clircticnté.

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