‹ De l'Empire ottoman, de ses nations et de sa dynastie, 1841-1845Chapitre 31 sur 213 · LIVRE II, CHAP. I, DU DOGME · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAP. I, DU DOGME

flexible à chaque faute en particulier, force a ëté de classer les pëchés dans un ordre absolu et divin. Et si un pareil classement réalisait, par avance, la justice définitive de Dieu;* il décourageait de la croyance, qui ne servait plus à rien! Que si pourtant la miséricorde divine n'avait pas sa limite marquée dans le dogme, il n'y avait plus même de dogme autre que l'idée abstraite d'un Dieu juste! c'était la justice du déisme (i).

1 7° Les prophètes et les élos intercéderont en faveur des croyans chargés des plus grands péchés.

Il est impossible de se rapprocher davantage du dogme chrétien, et de mieux condamner le fatalisme religieux que l'oo dit inhérent à la croyance islamique. Cet article seul aurait dû empêcher beaucoup d'erreurs et de préjugés en Europe. Il faut ne l'avoir jamais lu, pour nier tout intermédiaire entre le ciel et la terre de l'Islam.

iS^ Les croyans ne doivent pas subir éternellement le feu de l'enfer.

Voilà du moins une réponse à ceux qui ont fait du dieu de Mahomet , un dieu farouche et impitoyable. Cette indulgence divine dépasse in-

(i) Voyez r Appendice v3 IV.

1^4 1>K l'A. RELIGION, DOGME ET LOI.

finiment, corome ron Toit, la miséricorde chrétienne. Quant à l'excèft par où Farticle peut piocher ; n'y a-4-îl point eu , au sein même de l'Eglise catholique 9 des hommes ëminens qui ont tente d'attacher uniquement le sakit à la foi? Le sens apparent de la formule perd d'ailleurs, h l'application, tout son absolu; car le dogme spécifie un grand nombre d'actes qui constituent l'incrojance. Mais une observation doit rester sur ce point; c'est que les hommes ëminens dont nous avons parlé, récusaient quelque peu l'omnipotence spirituelle du sacerdoce , que le dogme musulman dénie tout-àfait. Ne serait-ce point que la rigueur divine se trouve toujours trop grande, là où il u' j a point d'autorité humaine qui la représente? Ne seraitce point qu'il n'y eût ainsi (jue l'Eglise, pour terme moyen entre une sévérité outrée et une indulgence excessive de la religion? D'où il faudrait conclure que les docteurs musulmans n'ont pas trop fait, pour des croyans face à face avec l'autorité divine.

19® Uétal de croyance consiste dans l'admission et la profession de tout ce qui a été annoncé de la part de Dieu.

Ceci n'est qu'une répétition plus explicite de Tarticle 16 sur V incroyance; et la répétition n'est

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