‹ De l'Empire ottoman, de ses nations et de sa dynastie, 1841-1845Chapitre 32 sur 213 · LIVRE II, CHAP. I, DU DOGME · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAP. I, DU DOGME

pas complète. Car le dogme fixe » après tout, ce qui a élë annonce de la part de Dieu.

aoo Les actes des croyans sont susceptibles de plus on de moins. La croyance doit être absolue.

Les docteurs semblent craindre d'avoir mis le salut à trop bas prix.

^\^ La croyance ne diffère point de la résignation.

Cest un caractère particulier de la foi qui ressemble singulièrement aux bonnes œuvres. La foi résignée est une foi qui pratique ou bien près ; car la résignation exclut nécessairement toute adhérence plus ou moins vive, plus ou moins complète, sans autre témoignage. Et ce témoignage ne fût-il que la suite et la continuité dans la foi, un pareil état de la pensée doit se traduire dans les çeuvres.

aa» Le croyant ei l'incroyant peuvent perdre et recouvrer la foi. Mais le sort des élus et des réprouvés n'en est pas moÎQs prévu de toute éternité, dans les décrets de Dieu; parce q.ue l'avenir est immuable dam l'essence divine.

On a voulu voir là, une expresse consécration an fatalisme oriental Cest l'omniscience de Dieu, et rien autre chose. Le tort est d'en avoir fait une formule spéciale. Mais la formule com--

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prend aussi le libre arbitre du croyant et de Tincroyant, entre le salut des ëlus et la damnation des réprouves. Tout cela n'est qu'une antithèse d'e'cole, et ne contient rien de nouveau ni sur Thomme ni sur Dieu. La prédestination est un problème de mëtaphysîque, qui n'appartient pas plus à une croyance qu'à une autre. Aussi est-il de doctrine constante, parmi les docteurs musulmans, que nier la pleine liberté des actions humaines , c'est tomber dans Viitrcroyance. Jamais, à aucune e'poque ni par personne, le prétendu fatalisme oriental n*a ëtë enseigne dans rislam. Quant aux pratiques fatalistes et tant d<fnoncées en ce qui concerne la peste précisément ; le calipheOmar, arrivé sur la frontière de Syrie , ne fit nulle difficulté de reprendre le chemin de Médiue, pour éviter le fléau fatal. Interrogé même à cet égard, le caliphe répondit : « Notre saint prophète a dit que celui qui se trouvait plongé dans le feu , devait y être résigné à Dieu; mais que celui qui ne s'y trouvait pas, devait bien se garder d'en appror cher. » Que si la prédestination a pourtant plus d'influence parmi les musulmans que parmi les chrétiens; cela ne peut tenir au dogme même de l'Islam. Nous en dirons la cause ailleurs.

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