LIVRE II, CHAP. $, DU CULTE
et s'en acquitter séparément et successifrement sons l'imameth et la présidence du sultan lui-même ou de son vicaire. Uun des deux corps doit être posté devant Fennemi pour l'observer ; et le sultan, placé à la tête du second, doit commencer la prière. Aussitôt qu'elle est terminée, la seconde division doit prendre la place de la première; afin que celle-ci s'acquitte également de la prière sous l'imameth du souverain...*. Malgré l'obligation de faire cette prière en corps, au moment où l'on est en présence de l'ennemi ; on peut cependant s'en dispenser, si Ton est dans la nécessité d'agir et de combattre sur le champ. En général, dans toute occasion pressante et périlleuse, le fidèle est dispensé des naraaz, même des cinq heures canoniques du jour. Enfin s'il est impossible de faire cette prière en corps, le militaire doit s'en acquitter seul ; et , soit fantassin, soit cavalier, en marche , en action , dans ses postes , au milieu même du combat, tous doivent faire ce namaz, en figurant, comme les malades, les inclinations et les prosternations, par le seul mouvement de la têle, sans même êlre tenus de se tourner vers lekeabé de la Mecque; parce que Dieu est partout , et que partout et en tout temps il reçoit la prière de sts élus.
* DE LA CiaCONCISION.
Tout musulman doit être circoncis. Cet acte est à^o* bligation imitative. On peut Cependant s'en dispenseï^ en cas de danger ou d'empêchement naturel (i).
(1) Le jour de la circoncision xi*est pas celui oiiron donne uhnoqi nouveau au musulman. Cette cërëmonie se fait dans les premiers
l3o D« LA BELIGION, DOGME ET LOI- VE LA PRIÈRE rUNÈBRfi.
Après avoir enveloppé et mis le corps dans la bière, on doit procéder à la prière funèbre. Elle n'a lieu que pour les musulmans ti jamais pour aucun infidèle. Cette prière n'a jamais lieu qu'après la lotion funéraire ; la pureté légale et corporelle étant aussi nécessaire dans la personne du mort, que dans celle des fidèles qui s'assemblent pour remplir ce devoir religieux. On doit s'en acquitter sous l'imamelh du sultan, en sa qualité d'imam suprême. A son défaut, ce droit appartient au cady, comme magistrat; après lui, à Vimam'ul'hdih (le crtré), ensuite au tuteur naturel du mort, ou à son plus proche héritier, le père devant toujours avoir la préférence sur le fils.....
Cette prière funèbre consiste en quatre iekèîrs, qui répondent aux quatre rikaths de la prière de midi. Le premier doit être suivi du sena; le second , du 6-aZaa^ath; le troisième, de Foraison consacrée pour les
quarante jours de la naissance de Tenfant, soit mMe, soit femelle; elle a lieu, le plus communément, le jour même qu*il est mis au monde. 11 est d*usage de laisser écouler les trois premières heures canoniques qui suivent le moment de la naissance. Le père seul^ ou à son défaut le tuteur naturel ^ a le droit de procéder à cet acte, et de donner k Tenfant le nom qu*il loi plaît. Cependant il se fait presse louj^urs substituer par Timan de la mosquée. On est d'ailleurs obligé de consulter la mère, sur le nom que portera le nouveau né. Cette cérémonie est très-simple. Du moment que le nom est donné à Timan ; ce ministre s'approche de Tenfant , et profire les paroles de Vezann à son oreille droite, et celles de Vifttmuth à son oreille gauche. Adressant ensuite la parole à l'enfant même : «N***, lui dît-il , est ton nom. » {M, tfOhssàn,)
XIVRE n, €HAP. 3, DU CUITE. l3l
morts. La voici : « O mon Dieu! faîtes miséricorde (« aux vivans et aax morts , aux présens et aux absens , « aux petits et aux grands, aux mâles et aux femelles « d'entre nous. O mon Dieu! faites vivre dans l'isla- « misme ceux d'entre nous à qui vous avez donné la « vie , et faites mourir dans la foi ceux d'entre nous à <c qui vous avez donné la mort. Distinguez ce mort par « la grâce du repos et de la tranquillité , par la grâce « de votre miséricorde et de votre satisfaction divine. « () mon Dieu! ajoutez à sa bonté, s'il est du nombre «des bons; et pardonnez sa méchanceté, s'il est du « nombre des méchai^s. Accordez-lui paix, salut, accès « et demeure auprès de votre trène étemel : sauvez -le 't des tourmens de la tombe et des feux de l'éternité : « accordez - lui le séjour du paradis en la compagnie K des âmes bien heureuses. O mon Dieu! convertissez K son tombeau en un lieu de délices égales à celles du « paradis, et non en fosse de souffrances semblables à (c celles de l'enfer. Faites - lui miséricorde , ô le plus « miséricordieux des êtres miséricordieux! »
11 ne faut jamais porter le corps à la mosquée , ni faire la prière funèbre dans le temple du Seigneur, qui est pour les vivans et non pour les morts.