LIVRE 11, CBTAP. 3, DU CULTE
V officiant de celle cerëraonîe, où se presse toul le sacerdoce de la judîcature et des oulëmas autour du sallan? c'est le chef des eunuques noirs, que sonmaitre, en cette occasion, honore et fait revêtir d'une fourrure de subeline.
On a beaucoup parle du Sandjéak - schérif, comnie du palladium religieux de la dynastie ottomane. Prëcis^ment, le drapeau du prophète nVst pre&que jamais l'objet d'aucune d^TOtion. Sans doute , on le garde , on le porte avec de grands honneurs. Quarante hommes d'ëlîte sont préposes à sa défense pendant la guerre , sans compter des régimens spéciaux. Ce drapeau a sa tente en campagne , comme il a au Séraiises quarante enveloppes et son étui. Mais tcmtes les prières se disent, tous les flots d aloës et d'ambre gris s'exhalent , chaque année, au baisement d'une robe de camelot noir, donnée par Mahomet a un poète de son temps, et rachetée par le premier des kaliphes ommiades« O'e&t là l'unique objet des dévotions privtlégiëes du Sérail, où l*on voit figurer à peu près les mêmes personnages qu'à l'anniversaire dont nous venons de parler. Ce qui achève de montrer le vide spirituel de cette dernière cérémonie; c'est qu'il y a une autre robe du prophète à Constantinople, pour laquelle un EffendiSsiit^
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OU i5 de RhainaZiinn, une sorte d'exhibition publique. La robe en poil de chameau est conservëe depuis des siècles, par Tainë d*une famille arabe bien connu sous le nom de scheik de la robe sacrée (i). Mahomet l'avait donnée à
(i) Celte relique, enveloppée comme celle da sérail, dans quarante boghischas des plus riches , est gardée dans une superbe chambre quMI a fait bâtir en pierres, dans son hôtel situé au faubourg Essky-Aly-Pascha- Mahalessy. Il l'expose aux hommages du public, chaque année, dans les quinze derniers jours du rhamazann. La dévotion y attire un monde prodigieux; hommes et femmes de tout état et de toute condition s'y rendent avec des offrandes, non pas en argent, maïs en étoffes , en boîs d'aloës , en ambre gris , en mousselines, ce qui fait tous les ans un objet considérable pour le dépositaire fortuné de cette robe. Pendant cette quinzaine, deux de ses plus proches parens se tiennent tour à tour la tête baissée, les mains croisées et dans le recueillement le plus profond, devant cette relique, dont on ne fait voir et baiser que le bord. Une dame de la même famille, le visage voilé, distribue à côté de cette chambre de l'eau sainte, absolument pareille à celle du Sérail. Chacun s'y présente avec de petites fioles , dont on débite ce jour là une quantité prodigieuse, dans àts boutiques établies pour cet objet aux environs de la même maison. L'afHuence y est d'autant plus considérable, que le peuple n'a pas l'avantage de visiter les reliques qui se conservent ai| sérail. [M.d'Ohsson.)
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un de «es dëvoue's partisans dans l'Yëmen , et peu avant de mourir, à ce que dit la légende.
De grands efforts ont été faits pourtant à spiritualiser le culte de Fislam, à grandir la mosquée et son imameth. Le collëge des oulémas a détaché de ses professeurs, pour ce que l'on appelle bien improprement la prédication; car il n'y a point de prédicateur dans le rituel islamique. Le Scheik (Ancien) qui prend la parole à la mosquée , en certains jours ou en de certaineà circonstances, n'est point un imam. C'est un ouléma muderris (professeur). Il a sa chaire dans une mosquée , au lieu de l'avoir dans un medressé , pour obéir aux termes de la fondation d'un wacouf ; et voilà tout. L'enseignement de cette chaire ne fait pas, pour cela, partie du culte. Il est au contraire et de doctrine çt de recommandation expresse, que le scheik ne prenne la parole qu'après la prière achevée. Il n'j a point de confusion possible, entre le Desservant et le Professeur. Dans un grand nom* 'bre de localités pauvres, le scheik peut bien ne pas appartenir rigoureusement à un tableau professoral ; mais nulle part il n'est l'imam de la mosquée. C'est d'ailleur^ le mouphty, comme chef de l'enseignement, qui nomme les scheiks de toutes les mosquëes impériales ou seulement
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importantes. L'abaissement du culte est si profond, que pour le Kouthbê de la prière publique des Tendredis, rimam-curé, comme l'appelle M. d'Ohsson, l'imam de la mosquëe ne suffit pas. Le Kouthbé en effet dépasse peut-être la stricte limite de la prière ordinaire ; le Kouthbè tient du prône chrétien autant que du namaz musulman. Il faut un Khatih pour dire le kouthbé; et le khatib, ce n*est ni plus ni moins qu'un officier impérial, lequel exclut Timam une fois par semaine. C'est une sorte' d'imam des vendredis et des jours solennels, qui n'est ni l'imam de la veille ni Timam du lendemain. Le culte n'est pas au niveau du prône kouthbé, comment aurait -il la prédication? Les scheiks avaient entrepris d'y suppléer; et Mahomet II lui-même n'a fait que continuer, de plus haut, l'idée scheikale, par la tentative que l'on connaît.
Cette idée datait de loin déjà; elle avait dû naître quand le collège s'était séparé de la mosquée. Les scheiks en avaient eu une autre. Car les derwischs procèdent des scheiks, quel que soit leur ordre. Il ne saurait entrer dans notn» plan, de dire tout ce que les derwischs ont tenté d'apporter au culte de l'islam. On a d'ailleurs été beaucoup 4rop loin, en leur attribuant la