LIVRE II, CHAP. 3, DU CULTE. l/i'j
qu'un symbole , si différent du dogme et de la loi de l'islam, n'avait pas d'autre valeur, qu'une allusion aux sept firmameus et aux sept couleurs principales, le blanc, le noir, le rouge, le jaune, le bleu, le vert fonce et le vert clair!
Un seul point du culte islamique échappe peut - être à ce matérialisme général ; c'est le Keabé de la Mecque. Le Keabé eût du figurer dans le dogme ; car Mahomet avait dit : «Celui « qui meurt sans s'être acquitté du pèlerinage « (au Keabé de la Mecque), peut mourir, s'il le « veut, ou Juif ou chrétien. » D'un autre côté, la prière telkinn à laquelle nous avons promis de revenir, place le Keabé après Dieu, l'islam, Mahomet et le Coran. Maïs le Keabé formulé dans le dogme, rompait l'unité du dieu corassique. Si le Keabé était divin , le Coran n'éfait plus Dieu exclusivement sur la terre. C'est pourquoi le Pèlerinage et tout ce qui s'y rapporte , ne figurent que dans la loi rituelle. Quoi qu'il en soit , le Keabé n'a pas élevé bien haut son spiritualisme légal. « Le pèlerinage est un acte « religieux qui consiste à visiter, une fois dans « sa vie, le Keabé, le tabernacle de Dieu, à la <c Mecque , au jour prescrit par la loi, et avec « diCférentes pratiques ordonnées par la reli- « gîon. Cet acte est d'obligation divine pour
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« lous les musulmans de l'un et l'autre sexe. » Le Keabë est ainsi plus qu'une mosquëe , où Dieu ne se trouve pas. La mosquée est le premier lieu venu, où l'on dit un namaz public. Le Keabé est un lieu saint que Dieu lui-même a choisi pour tabernacle. D'où la loi conclut que le Keabë n'exige point les prières corporelles, n'impose aucune partie du rituel matëriel de la mosquée. On y prie librement , et l'on dirait en prësence de Dieu. C'est quelque chose comme une ëglise chrëlienne, pour couronnement des temples vides de l'islam.
Nous ne voulons pas aller plus loin, dans les combinaisons thëologiques des premiers rédacteurs du dogme et de la loi. Mais s'ils reconnaissaient nettement le Dieu de Mahomet dans son Keabë de la Mecque, ils n'avaient plus qu'un pas à faire pour le trouver dans les ministres même du Keabë ; et il sortait de là un culte plus spirituel, si ce n'est une religion toute diffërente. Au lieu de cela; le Keabë est reste une idëc indëcise entre la loi qui l'appelle le iaber-nacle de Dieu, et le dogme qui n'en parle pas, qui tout au contraire ne reconoait d'ëmanation divine que dans le Coran. Aussi le pëlerinage de la Mecque n'a-t-il abouti dans l'islam, qu'à une dëvotion plus ou moins nëcessaire au sa-