LIVRE H, CHAP. 3, DU CULTE. l
des oulémas fournissait la plupart des administrateurs et des inspecteurs. II est clair que de tout temps, le Professorat a dépouille Tlmameth.
Cela montre bien, du reste, par oii le professorat même et le corps entier des oulémas ont manqué la puissance, qu'on leur a si unanimement accordée dans tous les livres de l'Europe. Point d'administration générale et centralisée des \sracouffs ; à chaque petite fondation, son Nazir et son Metewelly. Point de personnification légale des oulémas, qui possède, dispose et capitalise ; pour tel besoin, telle chaire, tel professeur, tel scheik, tel édifice en ruines, il y a un wacodRf chargé d'y subvenir. Quant à l'excédant de la recette sur la dépense, comme l'on dit en Europe; personne n'avait rien à y voir, entre le Nazir et le Metewelly qui s'en arrangaient. Le collège des oulémas, sans doute, aurait eu plus d'un moyen de faire rendre gorge aux administrateurs ou inspecteurs infidèles. Mais d'une part , le choix de ce double personnage a été le plus souvent, une donation individuelle de ce qui restait après l'objet de la fondation rempli. D'autre part; les principaux oulémas jusqu'au mouphty inclusivement « n'a* voient rien à se reprocher entr'eux, et ^'accom»^
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modaîeiU à merveille de ce régime traditionnel des wacoufTs. Les familles ainsi ont pu s'enricliir, il s'est fait de grandes fortunes parmi les oulëmas; pendant que la corporation vivait au jour le jour, recevant à grand'peine le nëcessaire.On a vu des collèges dëpërir presque à Tëgal des mosquées (i), et leurs nombreux Nazirs ou
(i) On ne faisait plus même aux grandes mosquées de Constantinopiejes réparations nécessaires ; et cela depuis fort long-temps , bien avant l'administration impériale. M. Blanqui n'en signale pas moins avec la splendeur du culte , une mosquée bien entretenue dans chaque village. Ceci est \m fait matériel sur lequel il n'y a point à discuter. !Nous ^n'avons jamais visité aucune mosquée de village ; et nous croyons que M. Blanqui a fait une imprudence, en se risquant à pareille visite. Mais nous avons souvent et librement visité les mosquées de la capitale, que tous les voyageurs ont pu voir au surplus. Nous en appelons à leurs souvenirs, sur le délabrement de ces édifices, sur la pauvreté même de leur ornementation. Nous en appelons notamment à leurs souvenirs, sur ces misérables chandeliers de cuivre que l'on retrouve partout ; sauf peut-être à la droite et à la gauche du mîhhrab de Sainte-Sophie, où l'on peut voir deux énormes candélabres d'or massif, pris dans le Sac de Bude par Soliman. Et M. Blanqui appelle cela un adte splendide, dans un pays où la moindre cadine a toujours eu un écrin magnifique!