‹ De l'Empire ottoman, de ses nations et de sa dynastie, 1841-1845Chapitre 7 sur 213 · LIVRE l*% CHAP. I, DES OtLEMAS · texte numérisé non relu

LIVRE l*% CHAP. I, DES OtLEMAS

le padischah en personne. Mais tous les avo* cats consultans de la France, n'eu sont-ils pas lit 1" Quand les professeurs de Fëcole de Droit, avec les avocats inscrits au tableau de l'ordre à Pa^ ris, dclibëreraient une consultation contraire à tel ou tel acte du gouvernement français; appellerait-on cela un refus de concours, un veto politique? La délibération en corps, sous la présidence du doyen de Técole et du bâtonnier de Tordre, changerait-elle la nature de cet acte qui, par sa virlualité propre, n'oblige personne? Eh bien ! les oulémas ne font pas autre chose dans les circonstances les plus solennelles.

Qu'il s'si^iie régulièr/"ment dans l'empire, des idées générales et politiques sous la forme individuelle et juridique; cela s'est vu ailleurs. Cela se voit encore très- distinctement en Angleterre, où la couronne a ses légistes qui donnent leur avis sur plusieurs points de légalité, avant une déclaration de guerre. Cependant il ne suffit pas d'ajiprouver ou d'improuver un gouvernement, en des termes et avec des motifs quelconques; pour faire partie inlégraule

comman, en prenant un avis avant la révolte. Remarquez, en effet, que la révoUe avait toujours pour cause ou prétexte un fait particulier, un fait qui tombait sous l'appréciation légale et jurisprudenlielle.

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du gouveroameot que l'on trouve juste ou injuste» pour y coocourir ou refusa d'y concourir. Le concours suppose une approbation nëcessaire ; comme le refus de concours^ une improbatîon efficace* Si un gouvernement peut agir sans demander avis, que parle*-t*on de concour3? Si Tavis une fois donne n'empêche rien, où est le pouvoir politique ? Or^ le gouvernement turc n'est pas tenu de prendre l'avis des onlemas; pas plus qu'il n'est tenu de le suivre^ quand il l'a pris ou quand on Ta pris pour lui« Encore une fois , le padischah lui-même consulte comme un simple particulier, avec la liberté d'un plaideur ordinaire. Rien de tout cela ne fait l'objet d'^n doulie en Turquie. Outre que les révoltes d'une milice ne prouvent rien, ou plutôt prouvent en faveur du Sukan et de sa prér^ative ; les témoignages historiques sont unanimes à cet égard , et quels témoignages? Il ne s'agit pas seulement d^ Selim P% de Mourad |V, de IMahmoud en ces denaières années ; il serait bien aisé de faire témoigner les plus faibles sultans, face à face des plus farouches Odas des janissaires (i).

(i) Ce point au surplus trouve son développement natarel, au chapitre du mouphly, chef des oulëma».

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Il n'est pas moins vrai que le professorat turc s'est fait le siège d'une grande influence, le centre d'une action conside'rable. Qui songerait à le nier? Mais à supposer que Tuniversitë de France tînt dans ses mains l'enseignement universel, le dogme et ses lois avec la pratique religieuse et jurisprudentielle ! A supposer que de plus il fallut avoir passe par le professorat universitaire; pour siëger au conseil-d'Etat, dans les cours souveraines , à la cour de cassation'. L'université de France serait-elle davantage un pouvoir politique? Les professeurs seraient-ils des députes ou quelque chose de semblable? Sans aucun doute , les oulémas de la Sorbonne et du collège de France en seraient plus imposans; et peut-être dans une occasion récente, ils auraient eu plus de succès à la Chambre des Pairs. Mais ils n'auraient pas été la chambre après tout; ils n'auraient ni fait la loi, ni empêché de la faire par leur action personnelle. En ce cas, les professeurs de Constantinople peuvent encore moins que ceux de Paris. Car il n'y a pas de loi à faire dans l'empire (i)-

(i) Nous ne saurions lout dire à la fois ; et peat-éirc y avaît-il quelque inconvénient à faire passer le gouver-: ncmenl de l'Islam, avant les insllluiions qui (edéfints*

GooqIc

Si renseignement des écoles est plus écoulé en Turquie, si la chaire du muderris y obtient plus de créance qu'ailleurs, c*est tout simplement que le professorat y a la parole tout seul. L'influence et l'action de ce corps fameux tiennent à ce que, dans la nuit et le silence qui rognent sur l'Islam ; l'unique point lumineux qui rayonne et l'unique voix qui se fasse entendre, viennent de ce qu'on a ingénieusement appelé le Collège des Oulémas. L'effusion de lumières qui arrive à TEurope par la presse, par la tribune, par les Conseils , ne saurait arriver à la Turquie que par ses Ecoles, bopnes ou mauvaises. Mais cela ne fait point que l'enseignement ait en Turquie une autorité gouvernementale, que le professorat surtout y soit un rouage législatif ou administratif, que les oulémas enfin y aient un P^eto politique. Ajoutons qu'il n'a jamais été question, dans l'empire, d'un enseignement donné au nom de l'Etat. Le collège des oulémas y est incontestablement une corporation»

sent. Maïs d'une part nous avons cru qu'il importait de faire disparaître, tout d'abord, l'échaffaùdage d'une théocratie ottomane. D'autre part, il suffît de rappeler que la loiy en Turquie; fait partie de la religion mêtnc ; pour en conclure que ni les oulémas ni d'autres ne peuvent y légiférer.

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