DES CONJOINTS
Le divorce est la séparation des époux faite par acte juridique, sur la demande de la femme , avec le con-
sentement formel du mari , et au moyen d'an sacrifice pécuniaire.
Pour pris de sa liberté , la femme peut offrir ou de l'argent ou des effets.
Le mari est cependant maître de ne rien accepter; et ce refus, fondé sur un noble désintéressement , ne peut jamais faire obstacle à l'effet du divorce demandé par la femme.
La femme, en faisant ses propositions, peut se servir indistinctement du mot de divorce ou de celui de répudiation.
Avant la réponse du mari, la femme a le droit de se rétracter.
Mais le mari, après avoir consenti au divorce, n'a plus le droit de se rétracter.
Il n'en a pas le droit , quand même il aurait été le premier à proposer le divorce.
Le père a le droit de proposer le divorce de sa fille encore mineure , et de payer lui-même le prix de sa liberté; mais s'il offre un objet quelconque appartenant à sa fille , le consentement du mari convertit le divorce en répudiation , et l'oblige non seulement à restituer l'objet reçu , mais encore à satisfaire au don nuptial, auquel tout musulman esttenu envers lafemme qu'il répudie.
Si le divorce, fait sur la demande d'une femme malade, est suivi de sa mort, le prix convenu ne peut alors excéder le tiers de sa succession.
LIVR£ II, CHAP. 4i DE LA MORALE. I()3