‹ De l'empire Ottoman, de ses nations et sa dynastie, 1841-1845Chapitre 149 sur 245 · DU MEURTRE · texte numérisé non relu

DU MEURTRE

. e est aux yeux du créateur, le plus odieux s ; aussi est-il puni et dans ce monde et dans

y)n connaît cette parole du prophète : Celai qui tue un fidèle en supportera la peine au fond de V enfer; et cette autre : Si le musulman blasphémateur est rangé dans la classe des impies, le musulman meurtrier est' relégué dans celle des infidèles* L'apôtre céleste a dit encore : Que l'Éternel verrait avec moins d'horreur le bouleversement du globe, que le meurtre d'un vrai croyant.

Il y a, dans l'homicide, six gradations qui emportent des peines différentes : il est volontaire, intentionnel, involontaire, accidentel, occasionel ou clandestin.

L'homicide volontaire emporte la peine du Talion, lassas, sang pour sang.

Dans l'application de cette peine, on n'aura nul égard au rang, au sexe, à la religion, à l'état physique, à la condition libre ou serve, ni du meurtrier ni de l'homicide.

Tous les complices d'un meurtre seront condamnés à mort.

Si le meurtre a été commis par l'un des ascendans de l'homicide, par son père, son aïeul ou son bisaïeul.

le coupable est exempté de la peine capitale ; mais n al autre proche ne participe à cette exemption.

Est aussi exempt de la peine de mort, le patron qui a tué son esclave , ou celui de son enfant, ou un esclave communal, ou celui auquel il aurait déjà accordé un affranchissement contractuel ou testamentaire.

Cette exception en faveur des ascendans «t des patrons, s'étend jusqu'à leurs complices.

Alors les coupables paient en commun le prix du sang, par portions égales, sans distinction d'ingénus et d'esclaves.

L'homicide intentionnel est un crime, pour lequel la peine de mort peut être commuée en peine pécuniaire, diyet, accompagnée d'une peine expiatoire, kéfaret.

C'est le meurtre commis avec une arme peu propre à blesser grièvement, ou à coups de fouet, ou en jetant un homme dans l'eau, quand même, dans tous ces cas, l'homicide aurait contribué ià sa mort en se blessant lui-même, volontairement ou non.

La peine pécuniaire , ou le prix du sang , consiste dans la valeur de cent chameaux, et la peine expiatoire dans l'affranchissement d'une esclave musulmane.

Le meurtre involontaire emporte également le prix du sang et une peine expiatoire.

Le meurtre accidentel exige aussi le prix du sang-et la peine expiatoire.

C est le cas d'un homme qui, étant endormi, étoufferait un enfant, ou qui , tombant d'un toit ou d'un arbre, écraserait quelqu'un. On peut encore y ajouter les accidens causés par un cheval , par un chameau ou un autre animal monté ou conduit à la main.

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