LIVRE II, CHAP. 5* DE i/OBSTÀCLE
Dieu ? » Que Ton songe au travail, jusque dans le moyen âge chrétien ; et que l'on nous dise s'il n'est sorti aucun progrès du travail tout seul, et assez peu honoré pourtant! À nos yeux; la glorification islamique du travail, tient à la stérilité du dogme et à la nullité du culte. C'est quelque chose' qui ressemble trop à certains systèmes de philosophie très-avancée du reste; quelque chose qui témoigne que l'empire ottoman pourrait bien être plus près que l'on ne croit* de ce qu'appellent la religion d'un honnête homme lesgensqui n'ont point de religion. Sous ce rapport, la loi de l'Islam nous paraît la condamnation radicale de son état spirituel. Les termes religieux à part ; en soi cette partie de la loi n'est pas moins excellente, et progressive au plus haut point d'ailleurs. Où donc le travail a-t-il été ainsi honoré? Et ce ne serait pas là une ressource légale, dans la situation de l'empire!
Nous entendons que l'on insiste sur ce que tout le travail du monde ne saurait aboutir à changer la législation, ainsi que les choses ont pu se passer en Europe. Nous pourrions répondre que cela n'est pas du tout sur, et que le •travail a' changé bien des choses aussi difficiles h changer. Mais faut-il donc absolument, pour l'avenir de la réforme ottomane, que l'on coin-
a 58 DE LA RELIGION, DOGME ET LOI.
mence par lacérer le Code moulieka ou. écrire sur ses marges. La réforme ne sera pas loi ; à la bonne heure! Le progrès en sera4ril moins réel? Y a4-U beaucoup de pays, où la réforme se soit fait loi si aisément? La loi n'a-t-elle point eu, un peu partout, la prétention de tout prévoir et de tout arrêter? Serait-elle loi sans cela? La reforme n'en a pas moins fait son chemin, un peu partout aussi ? Et si un jour, en des pays donnés, le progrès a obtenu sa place au soleil légal; n'est-ce point généralement que le progrès était devenu le plus fort? Y a-t-il dans l'histoire, quelque exemple notable d'un législateur primitif et débonnaire, qui n'aurait aspiré qu'à Ja perfection aux dépens même de son œuvre? Quelle loi n'a pas eu son dogme en ce 6ensJà? C'est pourquoi le travail (i), insuffisant en soi, pourrait bien créer des forces qui, avec le temps, viendraient à bout de la loi dogmatique de l'islam. Que l'islam soit un dogme révélé et divin, que la loi islamique participe à celte ré-
(i) 11 est bien entendu que nous posons ici le travail comme un exemple, non comme un système. Nous n'avons pas besoin de répéter que notre première partie est uniquement consacrée à la possibilité d'une réforme.