LIVRE IU, CHAP. Ier, DE MAHOMET
manque d'hommes qui se croient plus forts que la religion de leur pays ; seulement il ne vaut guère la peine de les compter dans l'Islam, vu leur petit nombre et leur peu d'influence. Le prophète de Dieu se trouve encore, à l'heure qu'il est, dans la croyance de tout le monde ou bien près, en Turquie. Sa fuite à Médine, ses dangers à la Mecque , le miracle des deux pigeons et de la toile d'araignée sont toujours le pieux entretien de la famille . musulmane (1). Eh! que de fois il nous a été' donné d'y prendre part, moyennant quelque glorieuse parole à la mémoire du prophète arabe! Ce n'est pas là qu'on aurait pu découvrir le côté philoso* phique du mahométisme ; et nous confessons que de long-temps il n'y aura de milieu , pour l'auteur du Coran, entre la gloire céleste de la prophétie et la honte humaine de l'imposture. Mais avec la gloire d'être au plus haut des sept cieux de l'Islam, avec l'avantage infini d'y rester éternellement Y ami de Dieu; tout est dit
(1) De la maison d'£bou~Beker, Mahomet et lai vinrent à la grotte de Thour, montagne au sud-est de la Mecque. Après que Mahomet et son compagnon y forent entrés, deux pigeons vinrent pondre leurs œufs à l'entrée, et une araignée en ferma l'ouverture avec sa toile; ce qui empêcha les koreish de regarder dedans*
pour Mahomet. Il ne vil pas dans sa religion ; il n'est dans aucune figure de l'islam ; il s'est suicide en se donnant pour le dernier des prophètes. L'autorité de Moïse a jusqu'à la fin pesé sur les Hébreux, parce que Moïse s'est continué dans Esaïe, Zaçharie et tous les prophètes, jusqu'à saint Jean. La venue successive de ces envoyés célestes, était la vie même du sacerdoce hébraïque. Si Dieu n'eût plus dû parler à personne après Moïse ; que serait devenue la foi des Hébreux , malgré le tonnerre et les éclairs du Sinaï? Otez l'assistance prophétique, et vous supprimez l'Histoire sainte. Les mahométans, il est vrai, ne sont pas retournés à leur état idolâtre. Celait impossible après la reli-r gion juive. La philosophie non plus ne s'est point départie de ce progrès, divin (1). Gela ne fait pas que Mahomet n'ait manqué grandement à sa religion. Toujours est-il que personne n'a* paru après lui, dans l'Islam. Et qu'est-ce qu'un prophète , à qui Dieu a retiré la parole depuis plus
(1) «Sans Moïse, il est probable que tous les efforts de la philosophie n'auraient abouti qu'à plonger le genre humain, dans le panthéisme on l'athéisme voilé, dans lequel sont allées se perdre, de concert, la philosophie et la religion des. Indiens. » (Benjamin Constant, de la Religion, t. 2,)