LIVRE m, CHAP. I", DE MAHOMET
de douze cents ans? Une précieuse et sainte lique tout au plus, sans action ni autorité les croyqns. Que peut le nom d'un homme, le grand nom même de Mahomet, pour on livre divin? Bien évidemment, on trop pot de chose. La foi islamique est donc abandonnée à ses propres forces. Quoi qu'il advienne da Coran, quoi qu'il en doive advenir; 0 nV a icibas personne , personne ne viendra «Ten-haoft pour le défendre.
Si quelque chose a droit d'étonner profondément; c'est l'erreur unanime des écrivains et des voyageurs, qui consiste à prendre le ioliphai pour une continuation plus on moins exacte de l'autorité même de Mahomet- Sans rappeler le dogme exprès et fondamental (i), où la parole du prophète se trouve déjà amoindrie de ses premiers termes : « L*t luûiphat après moi sera de trente années ; après ce terme, Un y aura que des puissances établies par la force. Tu-* surpotion, la tyrannie; » jamais l'idée de continuer Mahomet n'entra , un seul moment, dans l'esprit des premiers kaliphes. Mahomet n'avait cessé de repéter, dans les dernières années de sa vie, qu'il possédait quatre rizirs ou vicaires >
(0 Voy. Fart 3a da dogme.
deux vicaires spirituels, l'ange Gabriel et l'ange Issraffil ; deux vicaires temporels , Ebou-Beker et Omar. Il avait ajouté plusieurs fois, que si un autre prophète eût dû venir après lui, dans les desseins de Dieu; Omar eût certainement été choisi pour cette mission divine. Le moyen y après cela, pour les premiers kaliphes euxmêmes, de se faire les successeurs et représentons du prophète, comme Ton dit et Ton imprime tous les jours! Tout au contraire, Ebou- Beker chargé de la solennité du kouthbé , après la mort de Mahomet, se garde bien de monter dans la chaire, selon la coutume de Y envoyé céleste; il s'arrêle à uu degré au-dessous. Jamais depuis il ne' monta plus haut. Omar, dans la suite , se tint encore un degré plus bas. Osman renchérit sur Omar; et Aly, le dernier des kaliphes parfaits, résolut de s'en tenir là, dans la crainte d'exclure tout à fait ses successeurs de la chaire kaliphale ; ce qui n'empêcha rien du reste.
On semble ignorer ce qu'a été tout d'abord le kaliphat institué par Mahomet ; une espèce de lieutenance-générale à Médine, pour le besoin des expéditions lointaines du prophète. Ma-r. homet apparemment ne se faisait pas remplacer, dans ses communications avec Dieu ou avec