LIVEE III, CHAP. V\ DE MAHOMET
est vrai, ne répondit pas tout-à-fait au commencement. Après la célèbre bataille de Bedr, les combats se succédèrent rapidement; et puis vinrent les grandes expéditions où le prophète allait en personne. Mais la fin de Mahomet, ce fut la conquête après la prophétie, l'œuvre arabe après l'œuvre religieuse. Le prophète se fit roi, pour fonder l'unité politique des tribus arabes ; et avec cette unité , la grandeur de l'Arabie. Si Ton persiste à nommer cela du fanatisme, c'est celui de Cyrus et d'Alexandre , celui de Moïse peut-être; nous n'entendons pas le justifier. Notez seulement qu'il ne s'agit dans tout cela , ni des juifs ni des chrétiens ; il s'agit d'Arabes païens, d'Éthiopiens, de Perses, de populations vouées aux plus monstrueuses pratiques (1). Que si les chrétiens ou les juifs, les
(1) Les Perses, quelque temps avant Mahomet, étaient aussi tombés dans un état de décadence, occasioné principalement par leurs brouilleries et leurs dissensions intestines, dont la plupart étaient dues aux doctrines détestables de Manès et de Mazdak. L'opinion du premier est assez connue. Le second vécut sous le règne de Kosrou - Kobad; il prétendit être envoyé de la part de Dieu pour exhorter les hommes k avoir leurs femmes el leurs biens en commun, comme étant tous frères et descendans d'un même père. Il a'i-
juifs surtout, se trouvent môles aux luttes de l'Arabie ; c'est qu'ils y prennent parti. Il doit suffire , sans doute , que le prophète n'ait jamais autorise un acte de prosélytisme armé, pour convertir au raahométisme les juifs ou les chrétiens.
Mahomet a fait plus. Il a dans vingt passages du Coran solennellement réprouvé cette intolérance religieuse. «Les juifs disent: les chrétiens ne s 'appuient sur rien. Les chrétiens, de leur côte, disent: les juifs ne s 'appuient sur rien. Et cependant les uns et les autres lisent les Ecri~ turcs. Les idolâtres qui ne connaissent rien, tien* nent un langage pareil. Au* jour de la résurrection, Dieu prononcera entre eux sur l'objet de la dispute (ch. 2, vers. 107).— -Combattez dans la voie de Dieu, contre ceux qui vous feront la guerre; mais ne commettez point d'injustice, en les attaquant les premiers; car Dieu n'aime point les injustes. — Tuez-les partout où vous
maginait que cette doctrine mettrait fia à toutes les querelles et k toutes les haines entre les hommes, parce que généralement elles naissent à l'occasion de ces deux choses. Kobad lui - même embrassa les opinions de cet imposteur; et même il lui permit, en conséquence de sa nouvelle doctrine , de coucher avec la princesse sa femme. (G. Sale.)