‹ De l'empire Ottoman, de ses nations et sa dynastie, 1841-1845Chapitre 176 sur 245 · LIVRE III, CHAP. Ier, DE MAHOMET · texte numérisé non relu

LIVRE III, CHAP. Ier, DE MAHOMET

pu ter à la mémoire du prophète, l'intolérance et le fanatisme anti- chrétiens des populations musulmanes. Cest peut- être le moment de nous expliquer à fond, sur l'apostolat même de Mahomet, séparément de son livre.

Mahomet donc, par sa conduite apostolique, a-t-il donné l'exemple de la passion et de la haine ? a-t-il jamais fait violence aux juifs et aux chrétiens de son temps ; au nom du dieu de l'Islam ? En vérité nous voudrions avoir à citer de X apôtre céleste j quelque acte de prosélytisme bien emporté et bien haineux ; ne fut-ce qu'un seul ! Mais nous ne saurions l'inventer, pour complaire à des accusations sans justice et sans bon sens. Et comment l'apôtre ' qui, d'une part, se disait le successeur de tous les prophètes de T Ancien-Testament; et d'autre part, reprochait aux juifs leur incroyance du nouvel Evangile apporté par Jésus; comment cet apôtre se serait-il tout-à-coup trouvé tant de passion contre les juifs et les chrétiens ensemble ? C'eût été parfaitement inhabile. La colère de Mahomet et les foudres du Coran sont pour les idolâtres de l'Arabie (1), et tous

(1) La loi de Mahomet arrête aussi la coutume inhumaine, qui fut long-temps en usage chez les Arabes L 19

ceux qui , ne croyant à rien , n'en pratiquaient pas moins d'horribles sacrifices. Ce fanatismelà avait son côte légitime, à notre avis; et l'humanité du moins en a tiré grand parti. Si le libre examen est une belle chose, et la civilisation aussi; où en serait le genre humain, avec le respect scrupuleux des premiers législateurs pour l'entière liberté de la barbarie ?

Encore Mahomet, jusqu'à la douzième année de son apostolat , n'avail-il une seule fois tiré l'épée , même pour sa défense. Chassé de la Mecque, traqué par les Coreischs, puissante tribu où il était né et qui le voulait faire mourir; il n'avait sollicité de ses partisans , qu'un asile à Médine. C'est de là qu'il dirigea, dans la suite, une première expédition contre ceux qui s'étaient confédérés pour l'assassiner. La fin, il

païens, d'enterrer leurs filles toutes vivantes, de crainte qu'ils ne fussent réduits à la pauvreté en pourvoyant à leur entretien , ainsi que pour éviter tous les déplaisirs et tous les désagrémcns qu'ils auraient à essuyer, si elles étaient menées en captivité , ou si leur conduite devenait scandaleuse. Quoique cette coutume ne fût pas observée par tous les Arabes en général , elle était cependant en usage chez la plupart de leurs tribus , chez celles àes Koreish et de Kendah en particulier. (G. Sale.)

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