‹ De l'empire Ottoman, de ses nations et sa dynastie, 1841-1845Chapitre 18 sur 245 · LIVRE Ier, CHAP. 2, DU MOUPHTY · texte numérisé non relu

LIVRE Ier, CHAP. 2, DU MOUPHTY

nomme les mouphtys de province» et confère mie (ouïe d'emplois, de bénéfices, de dotations, aux ouiétnas sans chaire du tableau professoral (i). Ses bureaux sont pleins d'oule'rnas-muderris, employés à la consultation individuelle. Cur à Constantinople , comme dans les provinces ; c'est au mouphty que s'adresse la grande niasse des consultons. Par-dessus tout: c'est le scheik-ul-islarn qui assemble et préside le collège des oulémas , pour les consultations du gouvernement. La plupart du temps même , le pa dise ha h et le visir ne demandent avis qu'au schcik-ul-islam, ostensiblement du moins. Mais dans aucune occasion, ce dignitaire ne répond à lui tout seul; il appelle toujours les oulémas principaux, et spécialement les titulaires des chaires de la capitale, lesquels décident à la majorité* Tout ceci, assurément, compose une fonction politique et de premier ordre. Il- y a du Dojen d'école, du grand-maître de l'Université, du Garde-des~sceaux, du Conseil d'Etat et du Conseil- privé ; il y a plus que ces prérogatives réunies, si l'on veut. Dans tout cela pourtant il n'y a ni Pape ni Prêtre ; il n'y en a pas l'ombre , que l'on voit partout aujourd hui. Si le scheik-ul-

(O Les fonds proviennent de wacoufls et de la- disposition d'un certain nombre de kadiliks.

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islam a été un plagiat du patriarche de l'Eglise grecque, Mahomet II et Soliman Ier ont fort mal copié. Il se peut qu'un royaume temporel ait assuré et servi les desseins de la papauté chrétienne. Mais toute la puissance des sultans n'aurait pas suffi à réaliser la première idée de ce Sacerdoce, tout déchu qu'il était sous les princes du Bas-Empire et le patriarchat photien.

À un gouvernement spirituel , ce qu'il faut avant tout ; c'est une prérogative spirituelle. La première des prérogatives spirituelles, c'est la parole. Or, l'on a pu en juger par le peu que nous avons dit; la mosquée était muette. La parole n'était pas dans le culte ; elle était dans l'enseignement séparé du culle , placé fort audessus du cube. Ce qu'il y avait à faire d'abord ; c'était ainsi de rendre (i) la parole au culte, autant que la chose se pouvait du moins, ne fût-ce que la prédication. Sans nul doute, Ma-

(i) Autrefois l'Imam prenait la parole, après la prière. Mais l'Imam alors était le Calipbe on au délégué véritable. Puis il y eut une sarle de prédicationcirculaire, doni lesCaliphes imposèrent la lecture identique à tous les imams de l'empire. Après la séparation définitive du culte et de l'enseignement , l'imam st borna aux formules légales de la prière* Ce fut là tout le culle <fe la mosqné*.

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