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il ne dit point du tout où il en aurait seulement aperçu la trace sacerdotale. Et de plus ; le catéchisme, la loi et le prophète condamnent la découverte. Le principe d'existence fanatique, selon M. de Lamartine, n'est donc guère plus sérieux que le mahomètisme , esprit de persécution et de conquête, selon M. de Chateaubriand. Non pas, qu'on l'entende bien, non pas qu'il n'y ait du fanatisme en Turquie, comme il y en a eu ailleurs. Ce que nous dénions seulement ; c'est ce fanatisme principe, irrémédiable dans la nation, lequel serait si intimement uni à la vie politique et religieuse des Otto* mans, que le gouvernement même du pays ne saurait jamais s'en affranchir.
M. de Lamartine, au surplus, n'avait point rapporté cet islamisme-là (i) de son voyage en Orient ni de ses études sur place. C'est à Paris, sans doute, qu'il l'a retrouvé dans les fécondes improvisations du parlement. I^a vraie théorie
(i) Cet islamisme étranger au Coran n'eût pas d&, à la rigueur, trouver sa place ici ; et peut-être y avonsnous suffisamment répondu en traitant de la théocratie ottomane. Mais d'une part, il convenait d'accepter l'hypothèse même d'un sacerdoce ottoman ; et d'autre part, nous avions voulu dégager l'exposition de la loi^ culte et morale, de tout débat particulier.
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corassique de M. de Lamartine, c'est le théisme pratique et contemplatif ; nous l'avons citée tout au long. Elle appelle le plus sérieux examen, pour deux raisons ; d'abord parce qu'elle est de M. de Lamartine , et ensuite parce que , bien ou mal comprise, elle a servi de point de départ à tous les personnages ottomans qui ont voulu ou veulent encore la réforme. Il n'importe que ce fut ou ne fût pas le but de l'auteur. En ce moment, nous ne cherchons point à savoir si l'homme d'État est resté fidèle aux études du voyageur. S'il faut le dire même; nous aimerions mieux, pour l'avenir de la réforme, un fanatisme étranger au Coran, que le livre de Mahomet réduit au déisme. Car le déisme exclut toute religion, ou ne sera jamais que la religion de ceux qui n'en ont point. Contre un fanatisme quelconque, il y aurait du moins le Coran pour principe et pour moyen; tandis que nous ne voyons pas ce qui resterait à un peuple sans principe religieux. Toujours est-il que la plupart des hommes politiques en Turquie, voyant le livre du prophète accusé et traqué par toute l'Europe, comme la bête noire de la civilisation, se sont jetés avec ardeur dans la première explication philosophique du Coran qu'on leur a fournie; croyant cela peut-être
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d'une bonne tactique, contre le plus puissant antagoniste de la réforme ottomane. Cette explication philosophique, par bonheur, n'est qu'une dénégation du Coran ; et la cause de la réforme n'y aura perdu, tout au plus, qu'une cpigrammc contre M. de Lamartine.
Le déisme, en effet, n'est pas plus dans le Coran qu'il n'est dans l'Evangile ; à moins qu'il ne faille entendre par déisme, précisément le dogme de l'unité divine. L'Evangile serait un déisme à ce compte-là, et le Pcntateuque aussi ; ni plus ni moins que toute religion dont le symbole porterait l'unité de Dieu. Ce n'est pas ainsi que l'entend M. de Lamartine, sans doute. Le déisme, il est vrai, confesse l'unité; le mot l'indique assez. Mais il ne confesse que cela, il nie toute autre chose ; et c'est pourquoi on l'appelle exclusivement le déisme. Or le livre de Mahomet, qui incontestablement enseigne le Dieu un, ne s'en tient pas là; à ce que nous croyons.
Le Coran qualifie Dieu et le personnifie ; le Coran a sa Révélation et sa Genèse, son histoire de la terre et du ciel. Le dieu du Coran est un dieu dénommé, qui agit et qui se montre ; ce n'est pas le premier dieu venu de l'idéalité philosophique. Il se proclame expressé-
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constitue; c'est la défigurer, en définitive, sous prétexte de philosophie. Le procédé bon peut-être pour une impression de voyage, est évidemment fautif pour l'analyse d'une religion. M. de Lamartine veut-il dire simplement, que le côté philosophique du livre de Mahomet se réduit au déisme? Nous craignons bien qu'avec le procédé analytique de l'auteur, toutes les religions n'en soient au même point. Sans doute l'on serait en droit de demander à M. de Lamartine, si le côté miraculeux d'une religion n'a point aussi sa philosophie. Mais cette question mènerait trop loin. Nous n'empêchons qu'on ne réduise le côté philosophique de l'islamisme, pourvu que l'on tienne compte de son côté miraculeux. De l'aveu même de M. de Lamartine, toute religion possède ces deux côtés-là. Après quoi, il y aura toujours à faire pour la religion du prophète, miracles et philosophie ensemble, une autre constatation d'identité.
L'islamisme de M. de Lamartine n'est donc, à bien dire, qu'une thèse plus ou moins religieuse, qu'on pourrait tout aussi bien agiter à propos du christianisme. Peut-être même l'idée d'un simple théisme corassique, n'appartient- **'*»«pas en propre à l'illustre voyageur. C'a été'