‹ De l'empire Ottoman, de ses nations et sa dynastie, 1841-1845Chapitre 190 sur 245 · LIVRE IH, CHAP. 2, DU CORAN · texte numérisé non relu

LIVRE IH, CHAP. 2, DU CORAN

C'est de l'histoire que M. Michelet a écrit, avec beaucoup de talent et de succès, nous le reconnaissons. Mais à coup sur, ce n'est point l'histoire de la religion du prophète. Car l'islamisme a survécu aux croisades, et de beaucoup. Il n'était pas mort apparemment, alors qu'un Sultan faisait trembler l'Italie, conquérait l'Allemagne et frappait en maître aux portes de Vienne. Pour enterrer l'islamisme avec les croisades; il faut rayer du livre de vie, toute la race d'Osman, ces puissans dominateurs de la terre et de la mer. Il faut rayer des fastes de la gloire, Lepapte, Calemberg et Belgrade. Don Juan, Sobieski et le prince Eugène auront eu peur des Reveoans. Encore M. Michelet aurait-il confondu les sociétés soumises à la foi islamique, avec cette foi elle-même. Comme si les révolutions et les ruines faisaient partie d'une croyance religieuse, et accusaient autre chose que l'impuissance humaine! Comme si la grandeur des nations, venue du temps, du climat, du sol, de la fortune et du génie, des accidens divers de l'humanité, avait jamais été jusqu'à se diviniser, ou seulement se perpétuer par une religion quelconque !

M. Michelet n'a guère été plus heureux à caractériser l'islamisme au fond, qu'à en retracer l'origine et l'histoire générale. Il n'est pas du tout vrai que Mahomet ait supprimé les saints,

les Anges et la Vierge, cette échelle que le christianisme nous avait jetée d'en haut. Des saints, élus ou bienheureux; Mahomet en a nommé un grand nombre, pendant sa vie. Il n'y a pas si mince bourgade dans l'Islam, qu'elle n'ait son Saint dont elle invoque l'intercession par des aumônes et des prières, comme dans la chrétienté ( ). Nous ne sachions pas de religion, où les anges soient plus occupés et plus distinctement hiérarchisés, que dans le livre de Mahomet précisément. Et quant à la Vierge; elle n'y est pas sans doute la mère d'un dieu, puisque Mahomet fait de Jésus un prophète comme lui. Mais le prophète arabe est bien loin d'avoir supprimé le côté miraculeux de la divine Marie. L'enfantement de la Vierge est resté dans la foi islamique, un acte solennel et saint, une mission céleste qui avait l'humanité entière pour objet. Et nous n'en appelons ici ni à la doctrine ni au dogme, maucodeMoulleta, ni à aucun commentaire. Il ne s'agit plus même, nous l'avons déjà dit, de la religion telle qu'elle est enseignée, professée, légiférée, pratiquée en Turquie, À une théorie purement corassique, à un mahométisme prétendu primitif; c'est le Coran, c'est le prophète lui-même qui doit répondre.

(i) Voyez le dogme et l'appendice sur les saints,

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