LIVRE III, CHAP. 2, DU CORAN
l'histoire a pu enregistrer jusqu'à trois Califats en même temps, non compris les Sultans, ni les Émirs ! C'est l'unité évangélique de nos églises dissidentes , tout au plus. Y a-t-il là, de quoi recommander beaucoup les pouvoirs de l'islam ? Et surtout peut-on , après cela, donner la religion du prophète, pour la religion de l'unité?
M. Michèle t, au reste , n'a pas pris fort au sérieux l'unité de son islamisme, qu'il fractionne et défigure à la fin, par la virginité de Fatima et Y incarnation d'Ali. Nous serons juste en tout, pour la religion du prophète. Jamais personne, dans l'Islam, ne s'est battu un seul jour pour la virginité de qui que ce soit. Il n'importe que l'historien confonde un fille sainte de Mahomet, la princesse des bienheureuses, laquelle ne fut jamais l'occasion d'aucun trouble (i); avec une des
(i) C'est le nom des kaliphes fatbi mites qui a sans do nie trompé M* Michèle». Mais l'islam ne connaii point de schisme fathimite. Les kaliphes fathimites étaient des Schys , ou sectateurs exclusifs d'Ali et de ses descendans , à l'eo contre de tout autre kaliphat et de tout autre imamelh. Le nom de fathima ne servait qu'une vanité de race et de descendance directe de la fille du prophète ; ce qui contredit un peu, comme l'on voit, à la virginité de cette princesse.
femmes du prophète, répudiée et reprise quelque temps après sur un témoignage venu du ciel, Aisché, qui est encore aujourd'hui un des motifs de la division religieuse entre les Turcs et les Persans. En reprenant la plus aimée de ses femmes, Mahomet la proclama vertueuse et non pas vierge. Peut-être M. Michelet n'était-il pas tenu de connaître mieux les dissensions musulmanes, pour écrire l'histoire de France. Mais puisqu'il faisait tant que de parler d'Ali déifié par une secte infime ; il aurait bien dune pas omettre le même Ali, tenu pour l'égal ou le successeur de Mahomet , dans un grand parti islamique , le seul parti précisément qui ait survécu à toutes les luîtes et subsiste de nos jours. La moindre étude de cette scission, qui résume toutes les autres, eût infailliblement détrompé M. Michelet à l'endroit de l'unité mahométane. C'est en effet sur Y Imam et son autorité, qu'a commencé la séparation religieuse des Schys ou de la Perse. Les Schys n'ont voulu, dans l'origine, qu'ajoutera la prophétie de Mahomet, la consécration divine d'un imameth qu'ils trouvaient insuffisant. A l'heure qu'il est même; le schisme persan peut se résumer, eu une sorte de sacerdoce prophétique et dynastique dans la famille spirituelle dfAly. Mais l'hérésie, poussée