‹ De l'empire Ottoman, de ses nations et sa dynastie, 1841-1845Chapitre 198 sur 245 · LIVRE III, CHAP. 2, DU CORAN · texte numérisé non relu

LIVRE III, CHAP. 2, DU CORAN

« A Dieu appartiennent le Levant et le Couchant; de quelque côté que vous vous trouviez, vous rencontrez sa face. Dieu est immense et il sait tout. Unique dans les cieux et sur la terre, dès qu'il a résolu quelque chose, il dit : Sois! et elle est. Il est des hommes qui placent à côté de Dieu, des compagnons qu'ils aiment à l'égal de Dieu. Mais ceux qui croient, aiment Dieu par-dessus tout. O vous qui avez reçu les Ecritures, ne dépassez pas les limites dans votre religion ; ne dites de Dieu que ce qui est vrai. Le Messie, Jésus fils de Marie, est l'apôtre de Dieu et son Verbe qu'il jeta dans Marie. Il est un esprit vivant de Dieu. Croyez en Dieu et à ses apôtres, et ne dites point : Il y a Trinité. Cessez de le faire ; ceci vous sera plus avantageux , car Dieu est unique. Loin de sa gloire qu'il aiteu un fils. Le Messie, fils de Marie, n'est qu'un apôtre; d'autres apôtres l'ont précédé. Sa mère était juste, ils e nourrisaient de mets. Vous voyez comme nous leur expliquons l'unité de Dieu ; et vous voyez également comme ils s'en détournent. Us ont associé les génies à Dieu, à Dieu qui les a créés. Dans leur ignorance, ils lui inventent des fils et des filles. Loin de sa gloire, ces blasphèmes! Il est trop au-dessus de ce qu'ils lui attribuent. Créateur du ciel et^e la terre, comment

aurait-il des enfans, lui qui n'a point de compagne, qui a créé toutes choses et qui connaît toutes choses. La vue ne saurait l'atteindre ; lui, il atteint la vue, le SUBTIL, I'instruit» (i). (Coran, ch. 2, vers. 109, 111, 160; ch. 4« vers. 169; ch. 5, vers. 74; ch. 6, vers, 100, 101, io3).

C'est pourquoi le Coran serait plutôt la protestation inintelligente sans doute, mais enfin la protestation de l'esprit contre la matière, que celle de la matière contre l'esprit. M. d'Eichtal se croit d'ailleursobligé de confesser, que la protestation matérialiste du prophète oriental fut unique dans son genre, tellemeut enveloppée d'art et de poésie que les Arabes eux-mêmes ne devaient en pénétrer le sens profond , à aucune époque de leur vie religieuse ; ce qui, dans tous les cas, nous servirait d'excuse pour ne l'avoir pas comprise. Et Mahomet, en cela, sut bien ce qu'il faisait , suivant M. d'Eichtal. Aux Arabes, il fallait une religion austère, dépassant même le christianisme par la rigueur de ses observations et l'abnégation de ses préceptes.

( 1) L'Instruit est la traduction de M. Kasimirski, Nous croyons que le'mot arabe eût été mieux traduit par Pesprit.

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